ALLOCUTION
DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
S.E.
Mr
ISMAEL OMAR GUELLEH,
DU 10 EME ANNIVERSAIRE DE LA CONSTITUTION
DJIBOUTI,
Le 04/09/2002
«Le 4 septembre 1992,
le peuple djiboutien, conscient de ses responsabilités et de ses devoirs devant
les générations futures, fort de ses acquis démocratiques depuis son indépendance
et animé de la volonté de continuer à édifier un État garantissant encore
plus l'exercice des droits collectifs et individuels a adopté sa loi
fondamentale.
Notre
Constitution édifie et formalise définitivement comme valeurs fondamentales
d’une société djiboutienne plurielle, de progrès et débarrassée de tout
préjugé, la liberté, la dignité, la sûreté, le bien-être, le développement,
l'égalité, la justice.
Par sa Constitution, le
peuple djiboutien souscrit à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme
de 1948, réaffirme solennellement son engagement vis-à-vis de la Charte
africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de 1981.
A travers elle, le
peuple djiboutien réaffirme son attachement à la lutte contre toute forme de
domination ainsi qu'au caractère démocratique du pouvoir.
Il exprime son désir de
promouvoir la paix, la coopération internationale, le règlement pacifique des
différends entre les États, dans la justice, l'égalité, la liberté et la
souveraineté des peuples.
Mes chers
compatriotes,
C'est avec beaucoup de
joie que je partage avec vous, la fierté de célébrer les dix ans d'existence
de notre Constitution.
A travers cette cérémonie,
nous ne célébrons pas tant l'achèvement d'une décennie où notre
Constitution a prouvé sa solidité que le renouveau de notre espoir et notre
fidélité en elle. Pas en tant qu'une fin mais en tant que nouveau départ.
L'adoption de notre
Constitution, le 4 septembre 1992, par voie de référendum, a représenté
l’aboutissement d'un cheminement politique et intellectuel des Djiboutiens.
Et c'est grâce à la
force du peuple djiboutien et parce que les Djiboutiens voulaient une
Constitution qui reflète et protège nos valeurs fondamentales et notre identité
qu'ils ont fait preuve de l'audace nécessaire.
La marque la plus sûre
du succès de notre Constitution n'est pas tant son adoption, mais son inscription
dans la durée et la vigueur avec laquelle les Djiboutiens en ont fait usage
pendant ces dix ans pour repousser les frontières de l’égalité, de la
fraternité, de la paix et pour contester définitivement des préjugés et des
pratiques séculaires.
Mes
chers compatriotes,
Conformément à cet
acte fondateur de nos Institutions Républicaines, notre peuple va, à partir
d'aujourd'hui, s'engager dans le processus du multipartisme intégral.
J'invite donc, tous mes
concitoyens, qui exprimeront librement leurs opinions politiques pour un projet
de société défendu par les partis politiques qui leur semblent les mieux
capables de les représenter, de ne pas perdre de vue les valeurs fondatrices de
notre Constitution, la tolérance, le respect de l'autre et la sauvegarde de la
Constitution.
Je leur demande d'éviter
toutes les actions qui peuvent nous en éloigner et instaurer la dislocation de
notre communauté nationale par le tribalisme, le régionalisme, la démagogie,
le non-respect de la règle constitutionnelle ou la violence.
Avant
de conclure, je tiens à rendre hommage à l'ensemble des Djiboutiens qui se
sont mobilisés, en ce jour anniversaire des dix ans de notre Constitution.
Je
tiens à féliciter en particulier les jeunes qui par leur ardeur démontrent la
solidité de notre Constitution. Je félicite également l'ensemble des
organisateurs des différentes cérémonies qui se déroulent en ce jour du 4
Septembre 2002.»