ALLOCUTION
DU 27 JUIN 2002
AU
PALAIS PRESIDENTIEL
Louage
à DIEU
Que
les Prières et la Bénédiction soient sur le Prophète, sa Famille et ses
Compagnons
o
Monsieur le Premier Ministre,
o
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
o
Madame et Messieurs les Ministres,
o
Messieurs les Députés,
o
Monsieur le Président de l'Association des Cours Constitutionnelles,
o
Messieurs les Présidents des Cours Constitutionnelles,
o
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
o
Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,
o
Mesdames et Messieurs
C'est
toujours avec un réel plaisir que je me retrouve parmi vous en cette occasion
solennelle. Et mon plaisir est d'autant plus grand aujourd'hui que cette journée
de fête Nationale coïncide avec la commémoration des 25 ans d'indépendance
de notre pays.
Au
delà de toute convention, il me parait d'excellente augure d'évoquer le devoir
qui nous incombe à tous de défendre l'homme partout et sans cesse et cette
journée particulière pour le peuple djiboutien m'offre l'occasion idéal pour
faire le point de la marche pacifique et responsable et notre peuple vers la démocratie
et la reconstruction de notre patrie.
Mais
comment se risquer, dans les limites d'une allocution, à brosser le tableau fidèle
et exhaustif de la vie de notre communauté nationale, en perpétuelle mutation,
sans en trahir le dynamisme, la complexité, la fluidité.
Je
voudrais me référer ici à notre témoignage pour dire et redire, l'essentiel
de ce qui a été entrepris par le peuple djiboutien depuis que la paix est
revenu en République de Djibouti.
Aussi
nous pourrons, ensemble, en évaluer les succès et parfois les retards dans la
mise en place des reformes entrepris, avec le sérieux la modestie et la tolérance
qui demeure les marques distinctives de notre génie nationale.
A
tous les observateurs attentifs de la scène politique régionale, et
internationale, la marche de notre pays vers la paix, la stabilité et la démocratie,
relève pour certain du miracle mais pour le peuple djiboutien, cela traduit de
son profond attachement, son identification à sa tradition de terre de
rencontre et d'échange, son identification aux Droits de l'Homme et
l'approfondissement de la démocratie, et la préoccupation constante du
gouvernement pour l'indépendance de la justice et la consolidation de l'Etat de
Droit.
Mesdames,
Messieurs,
Vous
me permettrez donc de saisir l'heureuse occasion de l'anniversaire de ses 25 ans
d'indépendance, du peuple djiboutien pour lui rendre un vibrant hommage pour sa
qualité de combattant infatigable pour l'instauration d'un ordre de droit et de
paix, de liberté et de dignité pour tous les peuples, de protection du faible
devant le fort et pour avoir fait sienne le 1er article du code d'«HAMMOURABI»,
l'un des tout premiers codes écrit de l'histoire de l'humanité, il y a de cela
3800 ans. Et ce combat commence à porter ses fruits. S'il ne sont pas encore
devenu réalité pour tous, les Droits de l'Homme constitue désormais une
aspiration universelle par delà les différences
d'
histoire, de culture, de religion.
Si
les Droits de l'homme et la démocratie restent éléments moteurs de tout développement
véritable et la condition première de tout progrès social, soyons pour autant
lucide. Nombreux sont les régions du monde qui demeurent des terres des mille
tragédies.
Le
peuple djiboutien s'est depuis 1999, encore plus mobilisé avec panache et
courage, dans des conditions économiques et financières difficiles afin de
reconstruire au plus vite l'état de la nation.
Dès
lors chacun de nos concitoyens a manifesté la preuve qu'il ne vivait pas la démocratie
comme une simple absence de contrainte, mais aussi comme la participation, de
tous au projet commun de renaissance national.
Notre
peuple le sait bien qui a appris à ses dépens pendant toute la décennie 90,
qu'il n'y a pas de liberté véritable sans une rigoureuse affirmation et une
pratique collective de la responsabilité.
A
l'instar de la nation djiboutienne qui a procédé à un examen de conscience
collectif, j'invite la communauté Internationale a en faire d'autant afin de
permettre la promotion de la paix, par l'accentuation du développement, des
droits de l'Homme et la diplomatie préventive.
En
examinant l'extension de la paix dans le monde grâce au développement, nous
constatons que la mise en oeuvre du droit au développement, officiellement
proclamé à l'occasion de la conférence mondiale de Vienne sur les Droits de
l'Homme en 1993, souffre d'une situation d'échec.
A
ce propos, la forte poussée de la compétition économique n'est pas sans conséquence
sur la réalisation effective des Droits de l'Homme.
En
effet, quelle portée peut-on accorder au combat pour les droits civils et
politiques lorsque les droits économiques, sociaux et culturels ne connaissant
que de rare et modeste avancée, quand ils ne subissent pas de graves régressions.
La
crise économique que nous connaissons prive des millions d'hommes et de femmes
de leurs droits fondamentaux. Elle génère, au niveau mondiale, une baisse
globale de l'espérance de vie, un accroissement de la mortalité infantile et
maternelle, un taux de chômage élevé, une insécurité croissante de la
protection sociale assortie d'une baisse constante des revenues des populations
actives.
Or
les Droits de l'Homme sont indissociables.
Ils
doivent universellement bénéficier à tous comme l'Assemblée générale de
l’O.N.U. l'a proclamée, le 10 Décembre 1948. Ils sont un idéal commun a
attendre par toutes les Nations.
Les
plus hautes autorités de la République de Djibouti, comme l'ensemble du peuple
Djiboutien en sont convaincus.
Nous
sommes également convaincus que le respect des droits de l'Homme est le
meilleur gage de la paix et de la stabilité dans le monde.
Aussi
à ce propos, si l'on doit condamner toute atteinte à la vie humaine, la
communauté internationale ne pourra pas continuer à ne pas entendre ce cri de
détresse et assourdissant du peuple palestinien. On ne peut pas et on ne doit
pas continuellement demandé au même peuple, en l'occurrence, au peuple
palestinien, de constater l'ensemble de ses droits fondamentaux bafoués.
Tout
être humain ne peut pas être insensible au désespoir qui pousse à ces armées
de jeunes gens à se transformer en bombe humaine.
La
communauté internationale ne peut pas non plus accepter que la Palestine
demeure la seule nation qui reste en marge de la vie de la communauté des
nations.
Par
ailleurs, si nous considérons le cas du peuple irakien, la communauté des
nations peut difficilement accepter qu'on lui impose un choix de société qu'il
n'a pas choisit.
Mesdames
et Messieurs,
L'exigence
démocratique s'exprime aujourd'hui de façon massive à l'échelle de notre
continent africain. Aussi, le camp que la République de Djibouti avait choisi dès
le départ était bien le camp de l'histoire.
La
démocratie est une condition nécessaire à l'épanouissement humaine.
Elle
est une exigence morale universelle.
Il
n'y a pas une démocratie pour les riches, et une pour les pauvres. Il n'y a pas
une démocratie pour les forts, une autre pour les faibles.
Il
y a un socle de valeur sur lequel repose l'humanité. Tous les peuples doivent
avoir la démocratie en partage.
C'est convaincu de ces valeurs que j'ai lancé en Septembre 1999, à la tribune de l'organisation des nations Unies, mon appel en faveur du peuple Somalien. Et à cette occasion, j'avais formulé un plan de paix. Ce plan de paix comprenait trois phases possibles.
La
troisième phase consistait à neutraliser par tous les moyens possibles et nécessaires
les seigneurs de guerre qui ont pris le peuple Somalien en otage. Je crois que
le temps est venu pour la communauté international d'aider ce peuple martyrisé
par cette poignée d'hommes sanguinaires, à se libérer.
Cette
action renforcera certainement la justice internationale qui constitue pour la République
de Djibouti une priorité.
Sur
ces propos, je vous souhaite de passer une joyeuse fête et je vous remercie
pour votre attention.