DISCOURS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
A L’OCCASION DE LA FETE DE L’INDEPENDANCE
LE 27 JUIN 2001
LOUANGE A DIEU ,
Que
la bénédiction et la paix soient sur le Prophète, sa Famille et ses
Compagnons,
Mes
Chers compatriotes,
Je
remercie la tradition qui me vaut, en ce jour d'anniversaire de vous souhaiter
une bonne fête et d'adresser en votre nom un signe d'amitié à nos
concitoyens qui vivent dans la peine, à nos amis venus de l'extérieur et au
corps diplomatique.
C'est
parce que vous m'avez confié la haute responsabilité de Président de la République,
garant en toutes circonstances de l'unité nationale, le respect de la
constitution, le fonctionnement des pouvoirs publics, la continuité de l'état,
que je m’adresse à vous ce soir. Dans un pays comme le nôtre, où toutes
les libertés sont assurées, où aucune n’est menacée, où plusieurs ont
été étendues ou conquises au cours de ces 24 années d'indépendance, je
cherche à définir avec vous les voies et moyens d'un dialogue fructueux
entre tous ceux qui, opposés dans leurs conceptions, sont demeurés capables
de respecter ensemble les règles de la démocratie.
Je
pense en particulier à la paix retrouvée au sein de notre communauté
nationale. Faire la paix n'est pas facile, il nécessite l'accord de plusieurs
parties et, au moins de deux belligérants.
Nous
remercions le tout puissant pour la paix intérieure qui permet à nos
concitoyens d'éviter le malheur et la mort et la destruction inutile de leurs
demeures et de leurs biens.
Faire
la paix n'est pas facile, mais elle est possible avec l'aide de DIEU.
Il
n'y a vraiment pas de paix sans justice, une justice qui donne à chacun son
droit.
La
justice n'accepte pas de tuer, de déplacer des habitants et de détruire leur
propriété pour le bénéfice de certains.
La
force ne fait pas la paix, l'agressivité et l'amour de la vengeance demeurent
avec le vaincu jusqu'au jour où celui-ci croira pouvoir reprendre son droit.
Et
ainsi un cercle vicieux se forme et s'éternise.
Nous
devons prendre la paix de DIEU par la prière et en voulant à notre prochain
le bien que nous demandions à nous-mêmes.
DIEU
nous a créé pour que nous soyons des frères collaborant dans un respect réciproque
et un vrai amour fraternel.
Mes
chers compatriotes,
En
cette veille de la journée de la fête de l'indépendance, où nous nous apprêtons
à honorer ceux qui ont tant contribué à l'édification d'un pays digne et
ouvert, les voeux que je forme pour vous ne varient pas avec le temps.
Je
souhaite que notre pays sache s'unir quand il le faut. Je souhaite qu'il sache
vivre et faire sa démocratie.
Je
souhaite qu'il gagne les enjeux que lui propose le monde moderne.
Aussi,
je suis convaincu que nous sommes arrivés au terme de la période de notre
effort pour le redressement économique.
Les
sacrifices que nous nous sommes imposés depuis 1996 et pour lesquels personne
nous a fait de cadeaux, nous rapporterons les résultats tant attendus.
En
effet, nos discussions avec les instances des institutions financières
internationales et des organisations des pays amis, bailleurs de fonds, me
permettent de raisonnablement espérer une conclusion heureuse dans les mois
prochains.
Aussi,
je vous invite mes chers compatriotes, à continuer à nous unir pour cet
ultime effort. Si la République de Djibouti est le trait d'union entre
l'Afrique et le Moyen-Orient, ces deux régions ont malheureusement subi, à
cause de facteurs endogènes et exogènes, des reflux dans leur émancipation
et dans leur accession aux bienfaits de la modernité.
Dans
une Afrique malade et un Moyen-Orient convulsif se pose aujourd'hui la
question décisive de recréer les conditions objectives de leur insertion
active dans la vague de la mondialisation.
La
contribution des pays développés à cet objectif commun de la paix, représente,
tout d'abord une exigence politique d'un devoir moral à l'endroit des peuples
des deux régions.
Elle
constitue, ensuite une juste appréciation de l'indépendance de plus en plus
évidente du développement et de la sécurité entre les différentes régions
du monde.
Elle
prouve, enfin, un moyen de développer, avec les pays d'Afrique et du
Moyen-Orient, des relations d'échange et de coopération fondées sur la
stabilité et la durée. La paix en Afrique est à notre portée dès lors que
la ferme volonté et la profonde conviction des Africains se sont exprimées
dans ce sens.
En
effet, l'Afrique ne peut et ne veut s'exclure de la logique de paix qui
s'impose, de plus en plus, au niveau mondial.
Aussi,
s’apprête-t-elle à célébrer le mois prochain l'entrée en application,
de la Charte de l'Union Africaine dont notre pays a été l'un des tout
premier a ratifier, qui remplacera désormais comme l'organisation de
l’union africaine adoptée en 1963.
En
me rendant à ce sommet historique, j 'ai la ferme volonté
de représenter l'esprit d'avant garde de notre pays.
C'est confronté à cette dynamique salutaire que la République de Djibouti
n’a épargné aucun effort pour permettre au peuple frère Somalien de
retrouver les conditions d'une paix durable et définitive.
Je
suis fier de constater que le temps de la compréhension est arrivé pour rendre
l'unité Somalienne effective.
Par
ailleurs, nonobstant les déceptions que les attitudes des gouvernements israéliens
continuent d'alimenter, il n'y a d'autre choix que de croire au règlement
inexorable du long conflit lsraëlo-Arabe.
Cet
espoir restera, évidemment tenu, aussi longtemps qu'une solution durable, fondée
sur la justice et la sauvegarde du peuple palestinien et de tous les peuples de
la région, continuera de faire l'objet de marchandage.
Mes
chers compatriotes,
J'aimerais, avant de vous quitter en vous souhaitant un joyeux anniversaire, exprimer les voeux que la journée du 27 Juin continue de symboliser deux éléments fondamentaux de notre vie : la victoire de notre peuple sur la barbarie et notre patriotisme en tant que Djiboutien.
Vive
la République de Djibouti