ALLOCUTION
DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
S.E.
Mr
ISMAEL OMAR GUELLEH,
de pose de la premiere pierre de la cite hodane
DJIBOUTI,
Le 31/10/2002
«
Louange à Dieu,
Que
la prière et la bénédiction soient sur le Prophète, Sa famille et Ses
compagnons.
Votre
joie d'aujourd'hui, monsieur le ministre, est également mienne.
Comme
elle est celle de tous nos concitoyens pour qui cette cérémonie qui nous réunie
constitue le démarrage concret de l'ensemble des actions que j'énonce depuis
mon élection à la présidence de la République.
Cet
immense chantier que j'ai l'honneur d'inaugurer à vos côtés s'inscrit, en
effet, dans le cadre d'un projet d'ensemble qui vise à court et moyen terme, comme le ministre l'a indiqué, à améliorer
les conditions d'accès des djiboutiens à la propriété et à des logements décents,
grâce à la viabilisation de 5 000 autres parcelles à coté du site qui nous
accueille ce matin, par la mise en oeuvre de lotissements de 300 à 500
parcelles dans chaque région, par l'entreprise d'une politique de réduction
des coûts de construction notamment en généralisant l'utilisation des matériaux
locaux de construction, en augmentant le niveau de l'épargne nationale consacrée
par les ménages à l'acquisition de leur habitat, en réduisant progressivement
les habitations précaires qui, en d'autre temps, étaient réservées aux
indigents, si je reprends la formule consacrée.
Par
la mise en oeuvre des premiers 1000 logements de la cité HODANE, nous espérons
répondre aux défis des 10 prochaines années qui veut qu'au regard de notre
taux de croissance démographique, il nous faille mettre en chantier 1500
logements par an.
Lorsque j'ai sollicité votre confiance
en 1999, mon ambition pour notre pays était de l'amener progressivement au
nombre des nations comptant le moins de pauvreté.
Et c'est cet
objectif que j'ai assigné au gouvernement dès le début de mon mandat pour
lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale.
L'atteinte de cet objectif, mesdames et
messieurs, exige l'engagement du gouvernement, mais également des groupes représentatifs
de l'ensemble de la société djiboutienne, afin d'agir à la fois sur les
causes et les conséquences de la pauvreté.
Les valeurs de partage et de solidarité
sont solidement ancrées chez les djiboutiennes et les djiboutiens et ont guidé
la mise en place de nombreux dispositifs du filet de sécurité social et économique.
Depuis 1999, un ensemble de gestes a été
posé pour permettre aux milieux locaux et régionaux de prendre en main leur développement,
dont le plus significatif a été l'adoption de la décentralisation.
L'ensemble des actions que j'ai initié
pour lutter contre la pauvreté et qui ont été, par ailleurs reconnues comme
une des meilleures méthodes par les organisations financières internationales
et nos pays amis, a pour objectif principal l'amélioration de la situation des
travailleuses et des travailleurs à faibles revenus et de nos compatriotes qui
sont sans emploi.
Toutefois, et si par la grâce du Tout-Puissant,
des progrès ont été réalisés en peu de temps, il ne demeure pas moins que
la pauvreté persiste.
Et la concentration de celle-ci chez
certains groupes ou dans certains territoires plus vulnérables et les conséquences
qui en découlent, nous invitent à intensifier nos efforts.
C'est dans ce
cadre que s'inscrit, naturellement, l'objet de notre cérémonie
d’aujourd’hui.
Cette
événement témoigne de ma volonté d’agir sur toutes les dimensions de la
pauvreté en engageant notre société à travers un ensemble de mesures qui amèneront
des investissements majeurs, au cours des 3 prochaines années.
Cette stratégie de lutte contre la
pauvreté et l'exclusion sociale s'inscrit en continuité avec l'ensemble des
actions engagées par le gouvernement et qui consiste d'abord, à favoriser la
création et le maintient en emplois des personnes en mesure de travailler.
Ensuite, par l'accès aux services
essentiels tels que la santé, les services sociaux, l'éducation pour tous, le
soutien à la famille et au logement, permettant ainsi à toutes et à tous les
djiboutiens de développer leur plein potentiel et de contribuer au bien être
collectif.
Je convie donc l'ensemble des
djiboutiennes et des djiboutiens à investir à la fois collectivement et
individuellement pour faire reculer la pauvreté et favoriser l'inclusion de
toutes les citoyennes et de tous les citoyens.
En
conclusion, mes chers compatriotes, pour renforcer le sentiment de solidarité
social, j'ai voulu d'abord, promouvoir une nouvelle façon d'agir celle d'un État
qui considère la personne dans sa globalité, les collectivités dans leurs
capacités de se prendre en charge, et les partenaires comme coresponsables de
l'action.
Ensuite,
engager un combat contre les inégalités coupables de nuire à la cohésion
sociale quand l'individualisme et les valeurs de marché ne sont pas tempérées
par une éthique sociale qui favorise entre autre :
- l'égalité entre les hommes et les
femmes ;
- la réduction des disparités régionales ;
- l'accès aux compétences ;
-
l'accès à la santé et à la sécurité alimentaire ;
- l'accès au
logement et à un environnement sain et exempt de violence et d'insécurité
- l'accès à des conditions de travail
décent ;
- l'accès à des services ainsi qu'à
des conditions de vie qui permettent aux parents d'assumer leurs responsabilités
envers leurs enfants et qui permettent aux individus, à toutes les étapes de
leur vie, de réaliser leur plein potentiel et d'être des citoyennes et des
citoyens à part entière.»