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Discours Prononce par

SON EXCELLENCE M. Ismail Omar Guelleh

Président de La République a l’occasion

de la 3eme Conférence au Sommet de la Communauté

des États Sahelo SAHARIENS a Khartoum

 

12-13 Février 2001

 

- Excellence, Monsieur Omar Hassan Elbachir, Président de la République du Soudan

- Excellence Messieurs les Chefs d’État de la Communauté du CEN-SAD

- Monsieur le Secrétaire Général de l’OUA

- Monsieur le Secrétaire Général du CEN-SAD

- Mesdames et Messieurs

 

L’occasion qui m’est offerte aujourd’hui pour m’adresser à cette auguste assemblée me remplie de joie et de satisfaction car cette présence massive des chefs d'État de notre Communauté à cette 3e Conférence au Sommet constitue une preuve intangible de l’importance croissante de cette Communauté des États Sahelo- Sahariens.

 Il m’est également particulièrement agréable de souligner que le processus d’édification de notre Communauté avance à grand pas eu égard d’abord aux réalisations accomplies à ce jour et ensuite aux questions nombreuses et pertinentes inscrites à l’ordre du jour de cette conférence.

Je tiens à ce propos à féliciter le Secrétaire Général  et son secrétariat, le Comité des Ambassadeurs, et le Conseil Exécutif pour 1’excellent travail accompli et que nous aurons le loisir d’examiner au cours de nos assises.

Je ne manquerai pas non plus d’exprimer notre gratitude et nos vifs remerciements à mon frère le Président Omar Hassan El-Bachir, Président de la République du Soudan et à travers lui au peuple frère du Soudan qui nous ont offert cette hospitalité légendaire et nous ont entouré des plus grands soins depuis notre arrivée dans ce vaste et beau pays.

 

Excellence, et Chers frères

Mesdames et Messieurs

 

Au-delà des objectifs hautement stratégique et essentiellement économique, que s’est fixé notre Communauté, elle incarne d’abord et indubitablement  notre volonté commune et irréductible de rapprochement  afin de donner corps à nos aspirations à l’unité et la  pérennité de notre cher continent.

                  

Cette volonté doublée d’une persévérance à toute épreuve représentent les moteurs de notre action visant à réaliser les objectifs de notre Communauté en gardant bien  à l’esprit que c’est par notre solidarité les uns avec les autres que tous les obstacles jadis infranchissables s’écarteront d’eux même devant le courant irrésistible de la Communauté des États Sahelo- Saheriens.

 

D’aucuns se demanderont pourquoi avoir attendu si longtemps pour mettre en place cette Communauté qui, à l’instar des autres communautés  économiques régionales africaines, est destinée à contribuer inlassablement à la  mise en place des fondations d’une véritable union économique africaine.

Il existe une multitude de réponses à cela mais celle qui nous semble la plus plausible réside dans l’acharnement de certaines puissances extérieures à vouloir diviser l’Afrique en Sahérienne et Sub-saharienne non pas en partant des réalités géographiques mais plutôt dans une tentative de provoquer une scission politique et économique de notre continent pour marginaliser les États Subsahariens et entrer dans un  partenariat inéquitable avec les États Sahariens.

 

En réalité, notre Communauté  se présente désormais  comme une muraille qui se dressera fermement devant ces tentatives subversives.

 

Ainsi, notre action suscitera certainement l’inquiétude de ceux qui ne voient en l'Afrique qu’un  marché à submerger avec des produits de piètre qualité tout en réprimant les États qui s’opposent à cette marginalisation de l'Afrique dans un monde en passe de parachever sa globalisation.

 

D’un point de vue purement économique notre Communauté dispose en son sein des composantes nécessaires et suffisantes pour faire décoller les  économies de nos pays respectifs.

 

Les ressources humaines et naturelles ne sont pas nos seuls atouts car nous disposons aussi d’une vision claire des objectifs de notre Communauté et d’une stratégie adéquate pour aller de l’avant et parvenir à l’ultime but qui n’est autre que l’Union de l’Afrique.

Nous nous sommes ainsi donnés l’instrument et les moyens juridiques pour parvenir aux objectifs escomptés.

 

A toutes fins utiles, notre Communauté se dotera sans doute des mécanismes et autres instruments  économiques qui auront la lourde tâche de poser les jalons d’une union économique véritable. L’exemple de la banque de la Communauté est plus qu’édifiant.

 

Sur le plan sécuritaire, notre Communauté se doit de renforcer la coopération sécuritaire par la mise en place d’un cadre de concertation et d’un mécanisme chargé de prévenir, de gérer et de régler les conflits.

 

Ce type de mécanisme existe certes  dans toute organisation régionale  ou internationale préoccupée par les questions sécuritaires  mais son efficacité laisse parfois à désirer.

 

Cependant, son rôle apparaît primordial au vue des conflits qui sévissent dans nos régions accompagnés des ingérences et des tentatives de déstabilisation menées par des forces extérieures dans certains pays de la Communauté.

 

Ces ingérences et autres politiques de déstabilisation sont dévoilés chaque jour par les erreurs de calculs commises par les commanditaires de ces actions.

 

A ce titre, la Grande Jamahiriya est finalement sortie victorieuse de cette affaire de Lockerbie. Tous s’accordent d’ailleurs à reconnaître que le verdict honteux prononcé par la Cour  Écossaise à l’encontre du citoyen Libyen injustement condamné, symbolise la perversité d’un ordre international à sens unique.

La justice est plus que jamais devenue otage de desseins politiques vils. Aujourd’hui la Libye réclame légitimement la levée de l’embargo. Nous soutenons fermement cette revendication et nous demandons aux Nations Unies et en particuliers au Conseil de Sécurité de procéder rapidement et sans condition à la levée dudit embargo.

 

Ce même embargo dont souffre l'Iraq et son peuple n’a également plus aucune raison d’être. Il est impératif d’adopter une position commune et ferme face à cette punition collective dont sont victimes les peuples frères Libyens, Iraquiens et Soudanais.

 

IL est indignant d’y voir un recours pour régler les différends entre les États quelles que soient les justifications avancées.

 

En définitive, l’essence même de cette punition  collective est en contradiction totale avec les notions élémentaires des droits de L’homme.

 

Du reste, 1’on pourrait s’étaler sur ce sujet et beaucoup reste à être dit à son égard mais le temps nous ferait défaut pour cela.

 

A l’heure actuelle notre préoccupation commune à mon sens se focalise sur les aspirations et les souhaits de nos peuples de voir notre communauté grandir, se consolider, et prendre réellement sa place sur la scène africaine et internationale.

 

Encore une fois, nos vifs remerciements à nos frères Soudanais et à leur tête au Président Omar Hassan Elbachir pour avoir mis à notre disposition les moyens et le cadre  idéal ainsi que les conditions adéquates afin que cette Conférence soit couronnée de succès.

 

Je ne serais pas plus long dans cette allocution car le chantier qui nous attend laisse peu de place au discours  fleuve.

 

Je vous remercie Monsieur le Président.