JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

 

Décret n°91-117/PRE portant approbation du Cahier de Charges pour le Projet de Privatisation de la Laiterie de Djibouti ( LDJ ).

 

 

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DU GOUVERNEMENT

 

VU les lois constitutionnelles LR/77-001 et 77-002 du 27 juin 1977 ;

VU l'ordonnance  LR/77-008 du 30 juin 1977 ;

VU le décret n° 90- 0128/PRE du 25 novembre 1990 portant nomination des membres du Gouvernement de la République de Djibouti ;

VU le décret n° 91-057/PRE du 13 mai 1991 portant remaniement ministériel ;

VU la loi n° 191-057/PRE du 03 février 1986 sur les Sociétés Commerciales ;

VU le décret 84-022/PRE du 21 mars 1984 portant statuts de la LDJ ;

VU les délibérations du Conseil d'Administration de la LDJ en date du 27 février 1991 ;

SUR Proposition du Ministre de l'Industrie et du Développement Industriel, 

Président du Conseil d'Administration de la SEET ;

Le Conseil des Ministres entendu en sa séance du 30 JUILLET 1991.

 

 

DECRETE

 

 

Article 1er : Les conditions et la procédure de la Privatisation de la LDJ sont définies dans le cahier des charges ci-après annexé.

 

Article 2 : Le présent décret sera exécuté, enregistré et communiqué partout où besoin sera. 

 

 

Fait à Djibouti, le 13 août 1991.

Par le Président de la République,

HASSAN GOULED APTIDON

 

 

 

ANNEXE 

 

 

PROJET DE PRIVATISATION DE LA 

LAITERIE DE DJIBOUTI

 

Activités : Produits laitiers, boissons fruités, lait entier, demi écrémé 1/4 litre et 1 litre, jus de raisins gobelets 180g, yaourt 125g.

 

Localisation : Ville de Djibouti.

 

Propriétaire : État à 100%.

 

Mise en service : Année 1984.

 

Effectifs : 70.

 

Installations :  - Traitement eau,

                         - Charge poudre de lait, matières grasses,

                         - Mélange, préchauffage, gazage,

                         - Unité reconstitution, pasteurisation, stérilisation et conditionnement,

                         - Atelier de fabrication de yaourts.

                    

Productions : Capacité installée de 7 millions de litres environ.

 

Marché : Marché local, potentiel important pour le yaourt.

 

Situation financière : Situation déficitaire due à une non maîtrise d'exploitation.

 

Situation potentielle : Possibilité d'une rentabilité certaine si exploitation améliorée.

 

 

CONDITIONS GENERALES D'ETABLISSEMENT DE L'OFFRE

 

I - PREAMBULE

 

Le présent Appel d'Offres concerne la cession par la vente de la Laiterie de Djibouti (L.D.J), société appartenant à l'État Djiboutien et représenté par le Ministère de l'Industrie et du Développement Industriel autorité de tutelle de la dite société.

Le présent document a pour objet de préciser les conditions générales de présentation des offres reçues et reconnues valables par le Ministère de l'Industrie et du Développement Industriel dénommé M.I.D.I.

 

II - CONDITIONNEMENT D'ETABLISSEMENT DES OFFRES

 

II.1 - Présentation de la proposition

 

Pour être prise en considération, la proposition de l'acquéreur doit être rédigée en français et comprend, en plus de la lettre d'accompagnement donnant notamment tous justificatifs et assurances quand à la capacité financière de l'acheteur et son origine de tout pays à l'exception des États de l'Afrique du Sud et d'Israël , les documents suivants :

 

    Pièce n° 1 : Le projet de contrat paraphé et signé à toutes les pages.

    Pièce n° 2 : La soumission et ses annexes :

        -Pièce officielle de l'autorité de signature, 

        - Cautionnement bancaire,

        - Certificat de non faillite, 

        - Garantie de capacité financière suffisante, 

        - Garantie technique pour le bon fonctionnement de l'unité de production. 

    Pièce n° 3 : Les Conditions Administratives du contrat.

    Pièce n° 4 : Mémorandum sur la L.D.J 

 

II.2 - Validité de l'Offre

 

La soumission engagera l'acquéreur pendant un délai de trois (3) mois à compter de la date limite fixée pour la remise des offres. 

 

II.3 - Prix

 

Les prix de l'offre sont réputés globaux, fermes et non révisables.

 

II.4 - Domaines du Contrat

 

L'offre devra être établie en dollar des États Unis ($ US) qui sera la monnaie de compte. 

 

II.5 - Droit régissant le contrat

 

Le droit régissant le présent contrat est le droit de la REPUBLIQUE DE DJIBOUTI. 

 

II.6 - Cautionnement

 

L'Acheteur constitue pour le Vendeur, dès la signature de la soumission, une caution bancaire représentant dix pour cent (10%) de la valeur de son offre globale dans une banque.

La caution est valable pour une période de trois mois (3), délai de validité de la soumission, à compter de la date limite fixée pour la remise des offres. 

 

II.7 - Règlement des litiges

 

Les litiges éventuels seront jugés, à défaut de règlement à l'amiable, par les tribunaux djiboutiens et selon le droit djiboutien.

 

 

Formulaire de cautionnement bancaire

 

Nous soussignés..................................................................................................

Banque................................................................................................................

Siège...................................................................................................................

Représentée par Mr.............................................................................................

Agissant en qualité de...........................................................................................

Déclarons nous porter caution...............................................................................

auprès de..............................................................................................................

en faveur du Gouvernement de DJIBOUTI représenté par Monsieur le Ministre de l'Industrie et du Développement Industriel (MIDI) à concurrence d'un montant de ...................................... représentant la caution bancaire ce dix pour cent ( 10% ) de l'offre d'acquisition de la L.D.J mise en vente par son autorité de tutelle (MIDI).

Après mise en demeure à l'acquéreur d'exécuter ses obligations, restée sans effet dans un délai de vingt huit (28) jours, nous nous engageons irrévocablement et inconditionnellement à payer à l'État de DJIBOUTI sur sa première demande écrite, tout montant n'excédant pas la caution.

 

Le présent engagement demeure valable jusqu'à la date du ........................ soit trois (3) mois à compter de la date fixée pour la remise des offres sauf réserve ou mise en demeure d'exécuter la caution formulée avant l'expiration du dit délai de vingt huit (28)jours.

 

CONTRAT 

Ce contrat a été passé le ....................... 

Entre le Gouvernement de DJIBOUTI, représenté par Monsieur le Ministre de l'Industrie et du Développement Industriel, Président du Conseil d'Administration de la Laiterie de Djibouti (L.D.J) objet de la vente,

ci-après appelé Vendeur. 

d'une part

 

Et ............................................................................................................................................................................. ci-après appelé Acquéreur. 

d'autre part 

 

Attendu que le Vendeur ai lancé un appel d'offre pour la vente de la Laiterie de Djibouti (L.D.J) appartenant à l'État de DJIBOUTI.

 

Attendu que l'Acquéreur a pris connaissance des conditions de la cession, a accepté et soumissionné pour la somme de ...................................... ci-après appelée "Somme Contractuelle". 

 

Il a été convenu et arrêté ce qui suit : 

 

1. Dans le présent contrat, les termes et expressions auront la signification qui leur est attribuée dans les conditions du contrat dont il est fait mention ci-après.

 

2. Les documents suivants sont considérés et interprétés comme faisant partie intégrante du présent contrat :

 

Pièce n° 1 : Le projet de contrat paraphé et signé à toutes les pages.

Pièce n° 2 : La soumission et ses annexes :

        - Pièce officielle de l'autorité de signature, 

        - Cautionnement bancaire, 

        - Certificat de non faillite, 

        - Garantie de capacité financière suffisante,  

        - Garantie technique pour le bon fonctionnement de l'unité de production.

Pièce n°3 : Les conditions administratives du contrat.

Pièce n° 4 : Mémorandum sur la L.D.J 

 

3. L'Acquéreur s'engage, par les présentes, à payer au vendeur la somme contractuelle ou tout autre somme qui pourrait être due en vertu des dispositions du Contrat aux dates et de la manière prescrites. 

 

4. Le Vendeur s'engage dans les présentes, en contre partie des paiements que l'Acquéreur lui versera, à procéder au transfert de la propriété matérielle de la société, objet de la présente offre, en faveur de l'Acquéreur. 

 

5. Un Contrat de Vente définitif sera établi entre les deux parties par un notaire à la date convenue et après paiement intégral de la somme contractuelle par l'Acquéreur. 

 

6. Les parties ont passé cette convention conformément à leurs lois, statuts ou constitutions respectives, à la date ci-dessus mentionnée. Les signataires suivants dûment autorisés les engagent. 

 

L' ACQUEREUR                                                                                                                                  LE VENDEUR

 

 

SOUMISSION ET ANNEXES

 

A Monsieur

Le Ministre de l'Industrie et du Développement Industriel BP 175 DJIBOUTI 

REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

A .........................Le.......................................1991

Monsieur le Ministre,

Après avoir examiné les documents de l'Appel d'Offre et nous être informés des conditions locales, nous soussignés :

-Appellation : ......................................................................................

-Adresse : ..........................................................................................

- Téléphone : ......................................................................................

- Télex : ........................ Fax : ............................................................

- N° Registre du Commerce: ..............................................................

 

1.Proposons d'acheter la Laiterie de Djibouti (L.D.J), objet de l'Appel d'Offre International.

 

2. Nous nous engageons, si notre soumission est acceptée, à exécuter le contrat en stricte conformité avec les conditions de celui-ci pour la somme réputée nette, globale et forfaitaire, non révisable, exprimée en dollars des États Unis d'Amérique ($ US) :

 

- Montant en chiffres : ................................................ US$. 

- Montant en lettres : ............................................................................................ dollars des États Unis d'Amérique.

 

Nous avons bien noté que la monnaie de paiement sera exclusivement le dollar des États Unis d'Amérique ($ US) et que tous les prix sont exprimés en cette unité.

 

3. Nous reconnaissons avoir soigneusement étudié l'ensemble de ces documents, disposé de toutes les informations et indications générales qui nous sont nécessaires pour l'exécution du contrat. 

 

4. Jusqu'à la signature du contrat, la présente soumission, associée à notre acceptation écrite de cette dernière tiendra lieu de contrat ferme nous engageant réciproquement. Nous acceptons de rester liés par notre soumission pendant une période de trois (3) mois à compter de la date fixée pour la remise des offres sans aucune modification de son contenu.

 

5. Nous joignons à la présente soumission :

 

a ) Une preuve officielle de l'autorité de son signataire.

b) Un cautionnement bancaire d'un montant de ..................................... soit 10% du montant de notre soumission, valable trois (3) mois à compter de la date fixée pour la remise des offres.

c) Un certificat de non faillite.

d ) Une garantie de la capacité financière suffisante ou de solvabilité,

e) Une garantie technique pour le bon fonctionnement futur et la continuité de l'unité de production.

f) Le présent envoi comprend l'ensemble des documents constitutifs du contrat et ses annexes. 

 

A..............................le...............................................1991.

 

(Identité du Signataire)

Dûment habilité à signer la présente soumission en vertu des pouvoirs qui lui sont délégués (copie pouvoirs annexée)

 

 

CONDITIONS ADMINISTRATIVES DU CONTRAT 

 

I - DEFINITIONS

 

Sous réserve des exigences du contrat, il sera attribué aux termes rencontrés dans le contrat (défini. ci-après) les significations suivantes :

 

I.1 Le Vendeur désigne Monsieur le Ministre de l'Industrie et du Développement Industriel de la République de DJIBOUTI agissant au nom de l'État djiboutien.

 

I.2 L'Acquéreur ou Acheteur désigne la ou les personnes, firmes ou sociétés dont la soumission a été acceptée par le Vendeur y compris ses successeurs, ses mandataires agréés et ses représentants personnels.

 

I.3 Le Contrat ou Convention comprend les conditions du contrat, la soumission et ses annexes, la lettre d'acceptation et la convention contractuelle (si elle a été conclue).

 

I.4 La Somme Contractuelle signifie le montant indiqué dans le contrat.

 

I.5 Mois signifie mois civil.

 

I.6 Jour signifie jour civil.

 

I.7 Écrit signifie toute déclaration manuscrite, imprimée ou dactylographiée.

 

I.8 Devise étrangère : toute monnaie autre que le Franc Djiboutien

 

I.9 Les mots concernant des personnes ou des parties prenantes désigneront également les firmes est les sociétés.

 

I.10 Les mots mis au singulier simplement doivent également s'entendre au pluriel et réciproquement lorsque le contrat l'exige.

 

II - DOCUMENTS CONTRACTUELS

 

II.1 La langue du contrat sera la langue française qui sera la langue faisant foi. Toute correspondance entre le Vendeur et l' Acheteur sera rédigée en français.

 

II.2 Le droit qui régit le Contrat sera le droit de la REPUBLIOUE DE DJIBOUTI.

 

II.3 Les pièces constitutives du Contrat seront :

    Pièce n°1 : Le présent Contrat.

    Pièce n°2 : La soumission et ses annexes :

        - Pièce officielle de l'autorité de signature.

        - Cautionnement bancaire.

        - Certificat de non faillite.

        - Garantie de capacité financière suffisante. 

        - Garantie technique pour le bon fonctionnement de l'unité de production.

    Pièce n° 3 : Les Conditions Administratives du contrat.

    Pièce n° 4 : Mémorandum sur la L.D.J.

 

En cas de non conformité entre ces pièces ou de divergences d'interprétation entre leurs clauses, les Conditions Administratives du Contrat l'emporteront sur toutes les autres pièces du Contrat. 

 

III - TRANSFERT DE LA PROPRIETE

 

Le transfert de la propriété du patrimoine de la Laiterie de Djibouti (LDJ) à l'Acheteur aura lieu après la signature du Contrat et le paiement de la somme contractuelle par celui-ci au Vendeur selon les conditions de paiements stipulés ci-après.

 

IV - CONDITIONS DE PAIEMENTS:

 

IV.1 Modalités de règlement

 

Le paiement sera effectué en une seule fois à la signature du Contrat.

 

IV.2 Monnaie de paiement

 

Le paiement sera réalisé en dollar des États Unis d'Amérique ($ US) et le taux de change est celui de la date limite fixée pour la remise de l'offre.

 

V - LITIGES

 

Tout différend qui ne pourrait être refilé à l'amiable et qui naîtrait à l'occasion de la validité, de l'interprétation et de la résolution ou de la résiliation du présent contrat sera tranché par les tribunaux djiboutiens selon le droit djiboutien.

 

VI - AVIS

 

VI.1 La domiciliation de l'Acheteur est précisée dans l'annexe à la soumission.

 

VI.2 Toute communication au Vendeur sera faite à:

 

Monsieur le Ministre de l'Industrie et du Développement Industriel 

BP 175 Djibouti - République de Djibouti.

 

IV.3 Le Vendeur notifiera par lettre recommandée avec accusé de réception à l'acquéreur dont la soumission aura été retenue, l'accord de principe de la cession à son profit de la société objet de la présente soumission. 

 

VII - REGIME FISCAL

 

VII.1 L'acquéreur sera soumis aux impôts directs, taxes, droits et redevances prévus par les législations en vigueur en République de Djibouti.

 

L'acquéreur bénéficiera des avantages prévus dans le Code des investissements de Djibouti pour une période de ...................

 

VIII - CONDITIONS GENERALES

 

VIII.1 Prix : Les prix ont un caractère forfaitaire et ferme et l'acquéreur ne peut sous aucun prétexte revenir sur ces prix.

 

VIII.2 Informations secrètes : l'acquéreur s'engage à traiter tous les détails du présent contrat comme étant privés et confidentiels, sauf dans la mesure où la communication de tout ou partie du contrat sera nécessaire pour les buts de celui-ci; il s'engage également s'abstenir de publier ou divulguer le contenu ou tout détail du contrat dans toute publication professionnelle ou technique sans avoir obtenir, au préalable, l'autorisation écrite du vendeur.

 

 

MEMORANDUM SUR LA L.D.J. (Laiterie de Djibouti) 

 

I - INTRODUCTION

 

La LDJ est une société d'État crée en 1984, dont la vocation est la fabrication et la commercialisation de produits laitiers (lait entier, lait demi-écrémé, yaourts aromatisés, boissons fruitées ).

 

L'installation a été réalisée en 1983-1984 par le bureau d'étude LBF et l'entreprise GIMI Entrepose, le matériel principal par ALFA, LAVAL, et CULLIGAN.

 

La capacité de production est de 7 000 000 litres/an.

 

La matière première est le lait en poudre qui, mélangé à de l'eau osmosée produite localement et des matières grasses lactées anhydres, permet de fabriquer par reconstitution divers produits laitiers.

 

Le siège social et l'usine sont situés à Djibouti. 

 

II - SITUATION DE LA SOCIETE 

 

 II.1 Performances de la société

 

 

EVOLUTION DES PERFORMANCES DE LA SOCIETE 

 

 

  1985 1986 1987 1988 1989 1990

 

Production de tous les Produits en litres

 

 

 

1 801 863

 

 

 

2 708 331

+ 50%

 

 

3 115 712

+ 15%

 

 

2 875 421

- 8%

 

 

2 479 210

-14%

 

 

3 004 974

+ 21%

 

 

Vente de tous les Produits en litres

 

 

 

2 008 334

 

 

 

2 611 914

 

 

 

3 057 601

+ 17%

 

 

2 796 884

- 9%

 

 

2 443 182

- 5%

 

 

2 926 808

+ 19%

 

 

Chiffre d'Affaires en Millions de FD

 

 

 

260 829

 

 

 

356 564

+ 37%

 

466 679

+ 31%

447 138

- 4%

391 486

- 13%

449 430

+ 15%

 

 

II.2 Problèmes actuels

 

Les causes des mauvaises performances sont multiples et concernent pratiquement toutes les fonctions de l'entreprise.

 

Les problèmes ont pour origine :

 

- la technique de production et de maintenance : 

 

l' outil est splendide et l'installation semble en bon état de fonctionnement en dépit de défaillances techniques survenues en 1988 et de goulots d'étranglement dans la chaîne. Mais les travaux importants de maintenance entrepris :

         . révision totale des 2 machines Tetrapak (3000 heures), 

         . rénovation de la bâche à eau glacée, · 

         . réapprovisionnement en stock de pièces détachées, 

         . nouvel atelier.

 

Une difficulté majeure subsiste actuellement : la production de l'eau osmosée en quantité insuffisante par défaillance de l'installation, probablement en raison de la minéralisation élevée de d'eau distribuée par l'ONED. 

Construction d'un nouveau réservoir d'eau.

 

- Les ressources humaines

 

Les effectifs semblent pléthoriques (70 personnes) pour les cadences de production et l'absentéisme reconnu comme peu élevé. Le manque de compétence en production et maintenance amène l'entreprise à faire appel à des experts expatriés, actuellement au nombre de 3, et dont la présence est quasi permanente. 

 

- L'approvisionnement et la logistique

 

         . la poudre de lait est achetée par appel d'offre International essentiellement en Europe (Danemark). 

           La réduction récente des excédents laitiers de la CEE a entraîné une flambée très forte des cours du lait en poudre qui ne sont stabilisés dernièrement à un niveau double des cours antérieurs,

 

         . la matière grasse provient de Belgique (89 F/kg),

 

         . les produits finis sont directement livrés par camion Isothermes au nombre de 2, vers les grossistes, les grandes surfaces et l'Armée française. Le solde de la production est vendu à des distributeurs qui disposent de leur proprevéhicule et viennent chercher les produits à la Laiterie.

 

- l'aspect commercial 

 

         . le service commercial est quasiment inexistant. Son responsable n'est pas à la hauteur et le personnel non encadré est

           incapable d'assumer correctement le suivi clientèle,

 

. l'augmentation de 20 % du prix de vente usine, suite à la flambée de prix, a été faite sans aucune étude analytique sur les coûts de revient et les marges, 

 

- les choix passés en matière d'investissement 

 

        . le choix, dès l'origine, de l'emballage de type Tetrapak, est un choix pénalisant sur les charges de consommables ( rouleaux de carton leasing), 

 

         . en outre, la LDJ a choisi 2 sortes d'emballage 250 ml , 1000 ml, ce qui impose deux types de machine. 

         Ce  choix injustifié conduit aujourd'hui la LDJ à tenter de rentabiliser au mieux cet investissement  par la fabrication de Jus de fruits qui connaissent une mévente en raison essentiellement de leur prix élevé.

 

III - LE FONDS DE COMMERCE

 

La société jouit d'une situation de quasi monopole. La seule concurrence étant constituée par le lait d'importation dont le prix de vente au consommateur est très élevé ( +83 %) ainsi que par le lait en poudre en boite métallique (2). Ce lait liquide d'importation ne touche qu'une clientèle expatriée laquelle n'a pas encore acquis une confiance très grande dans le lait commercialisé par la LDJ. Par conséquent, la clientèle de la laiterie, hormis pour les produits frais tels que les yaourts qui touchent toutes les populations sans distinction, est potentiellement constituée par la population locale. La demande du marché existe potentiellement, mais elle a été très mal exploitée en raison des erreurs commerciales évoquées plus haut.

 

Raisonnablement, avec une volonté délibérée de conquête de son marché, la LDJ pourrait très probablement augmenter son chiffre d'affaires à un niveau qui devrait largement dépasser le seuil de rentabilité.

 

               

IV. SITUATION FINANCIERE

 

1. Bilan et compte de résultat 

 

Les éléments financiers semblent fiables. Ils ont été audités par SOFRACOR. Les résultats négatifs se sont accumulés année après année amputant de plus de 35 % les fonds propres de la société de 1986 à 1988. 

Le faible chiffre d'affaire enregistré en 1989 ne fera qu'accentuer cette tendance. Le baisse du fonds de roulement a contraint la LDJ à améliorer la position de son BFR (Besoin en fonds de roulement) par inflation de son poste fournisseur.

Ces mesures n'ont pas réussi à enrayer la tendance fortement négative de la situation de la trésorerie. 

 

2. Situation du capital

 

Le capital social est fixé à 1 242,5 M. FDJ divisé en 124 250 actions de 10 000 FDJ provenant d'un apport en numéraire de l'État djiboutien :

 

- 150 M. FDJ correspondant aux dépenses préopérationnelles du projet libérés en 1981,

- 1 012,5 M. FDJ libérés en 1984, 

- 80 M. FDJ pour apport en nature (terrain de l'usine). 

 

3. Situation de la dette

 

Peu d'information sur ce sujet. Il s'agit vraisemblablement de concours du Fonds du Koweit rétrocédés par l'État à la LDJ sous forme d'un prêt à long terme. 

Le faible niveau des charges financières constaté laisse à penser qu'il s'agit d'un prêt sans intérêt et probablement remboursé selon les possibilités de la LDJ. 

 

4. Situation des Immobilisations

 

Le coût initial de l'usine tel qu'il figure dans l'actif des bilans apparaît élevé (environ 50 M FF, et une inconnue subsiste sur la valeur des immobilisations poste par poste. Ces problèmes laissent donc planer un doute sur la politique d'amortissement appliquée. 

De ce fait, ce poste amortissement semble très élevé et réduit sensiblement les bénéfices de l'entreprise.

 

V. LES PERSPECTIVES D'AMELIORATION

 

Il semble tout à fait possible de rendre la laiterie rentable, car les perspectives d'amélioration sont nombreuses :

 

- réduction des Coûts de fabrication

         . changement de technologie d'emballage (bouteilles en polyéthylène, plastique souple),

         . réduction du personnel. 

 

- résorption des problèmes techniques de production d'eau en qualité et quantité. Un projet de livraison d'eau adoucie par camions citerne en provenance de l'EDD (Électricité de Djibouti) est en cours d'étude , 

 

- formation du personnel au problème d'électromécanique, de production, de gestion administrative et commerciale, 

2 ingénieurs et 1 technicien Tétrapak sont actuellement en poste. 

 

- amélioration de l'aspect commercial

 

C'est semble-t-il le point le plus important pour remonter le CA à un niveau acceptable : 

 

         . mise sur pied d'une équipe commerciale bien encadrée et motivée, 

         . reconquête de l'image de marque fondée sur la qualité des produits et sur la notoriété de repreneur auprès de la clientèle expatriée (environ 10 000 expatriés vivent à Djibouti dont une grande majorité d'origine française), 

         . élaboration d'une stratégie marketing moderne digne de ce nom (par exemple par utilisation du produit le plus moteur tel que le yaourt surtout auprès de la clientèle expatriée afin de promouvoir le lait), 

         . abandon de la filière boisson fruitée qui n'a jamais réussi à décoller en raison du prix de vente final au consommateur et en raison surtout des problèmes de qualité d'eau et du coût d'emballage,

        . développement des ventes vers les pays limitrophes, où existent un potentiel très important,

        . développement d'autres produits laitiers (lait condensé, yaourt brassé aux fruits, lait aromatisé, crème fraîche, poudre de lait en petit boite, beurre, fromage, ... ).

 

- Amélioration de l'environnement administratif 

 

VI - AUTRES ELEMENTS DU PROJET

 

1. Aire usine et bâtiment (cf. croquis en annexe 1)

 

Il s'agit de bâtiments spacieux et en très bon état datant de 1983, sur un terrain de 2,3 ha, mais qui n'ont pas, semble-t-il, été conçus exactement selon les normes d'hygiène européennes (ventilation et sas de séparation aux accès). 

 

2. Liste du matériel

 

- 2 tanks de stockage de 20 000 litres lsotherm, 

- 2 tanks de préparation de 10 000 litres, 

- 2 cuves pour fabrication de yaourts (vapeur, eau glacée, 1000 L), 

- pasteurisation, homogénéisateur 4000 litres, 

- stéritherm, homogénéisateur 3600/5000 litres, 

- C.I.P. 2 lignes, 4 tableaux de pontage, 

- 1 machine conditionnement yaourts, HITPAC 2300 pots/heure, 

- 1 machine tetrapak (leasing) AB3 1000 et 250, 

- 2 chariots élévateurs électriques, 

- 1 installation d'eau osmosée, 

- 1 bac à eau glacée capacité 30 ml, 

- 3 compresseurs STAL, 100 000 Frig./H, 100 000 Frig./H + 55 000 Frig./H, 

- 2 groupes diesel RENAULT 250 KVA et 400 KVA, 

- 1 transformateur 800 KVA 

- 1 génératrice ATLAS COPCO, 

- 2 camions livraison frigorifique FIAT 3,5 t de CU, 

- 4 véhicules légers, 

- chambre froide 700 ml, 

- équipement secrétariat : télex, photocopieuse...

- 1 machine à laver les casiers. 

 

3. Coûts des Entrants

 

Matières premières

 

- poudre de lait :

         . 11 500 FF/t CIF Djibouti par conteneur (1988) 

         . fournisseurs : 

                                MILCO (Danemark) 

                                CORMAN (Belgique) 

                                FRANCE EXPORT (France) 

                                OEMOLK (Autriche)

 

- matières grasses : 

         . 13 350 FF/t CIF Djibouti par conteneur (1988) 

         . fournisseurs :

                                FRANCE EXPORT

                                CORMAN

 

Énergie

 

65 000 premiers KW A 32 FDJ, le reste à 26 FDJ.

 

 4. Importation et concurrence (1 FF x 29 - 1 FDJ)

 

 
  Conditionnement CELIA ou REA (export) LDJ (magasin) (3) LDJ (prix usine) en FDJ

 

Lait entier

Lait 1/2 écrémé

Lait écrémé

 

Lait entier

 

Yaourt nature

Yaourt sucré

Yaourt parfumé

 

Jus d'orange, ananas

Jus d'orange, ananas

Jus de raisin

Jus de raisin

 

 

brik 1 l

brik 1 l

brik 1 l

 

brik 1/4 l

 

pot 180 ml

pot 180 ml

pot 180 ml

 

brik 1 l

brik 1/4 l

pot 180 ml

brik 1 l

 

 

 

275

260

240

 

 

 

 

 

 

 

 

 

715

525

 

 

 

 

 

150

165

 

 

60

 

70

70

70

 

155

50

50

 

 

 

 

125

138

138

 

47

 

56

56

56

 

140

30

 

 

 

 

5. Taxe sur les importations (TIC)

 

 
  Après 1990 Avant 1990

Lait frais (sur prix CAF)

Lait en poudre

Lait concentré

Yaourt

 

 

30% + 70 F/kg

20%

30% + 70 F/Kg

30% + 160 FDJ/Kg

 

 

28%

23%

 

 

 

 

 

6. Répartition des ventes en 1989

 

Armée française                            23,7%

Supermarché                                11,1%

Collectivités locales                        3,8%

Marché local                                61,4%

 

 

_________________________________________________________________________

 

(2) - Le lait en poudre (NIDO, ...) constitue en fait la concurrence la plus sérieuse dans la mesure où il a tendance à entrer dans les habitudes alimentaires. De plus, le lait en poudre n'est pas surtaxé comme l'est le lait liquide. Il revient moins cher au consommateur final.

(3) - Monoprix, grandes surfaces, décembre 1989.

(4) - Considéré comme produit de première nécessité.

 

 

 

 

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