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ALLOCUTION

DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

A L'OCCASION DE L'INAUGURATION

DU NOUVEAU BATIMENT DU

MINISTERE DE LA JUSTICE

 

Le 24 JUIN 2001

 

M. Le Premier Ministre,

M. Le Président de l'Assemblée Nationale,

M. Le Ministre de la Justice,

Madame et Messieurs les Ministres,

Messieurs les Parlementaires,

Madame le Premier président,

Monsieur le Procureur Général,

Mesdames et Messieurs les représentants de professions judiciaires et Juridiques

Mesdames et Messieurs,

 

En nous rappelant la genèse et les différentes étapes qui ont jalonné la mise en place du Ministère de la Justice, vous nous demandez, Monsieur le Ministre de faire l'effort de comprendre, combien il est difficile pour l'administration d'un jeune pays de s'approprier le principe d'accession à l'universel qui consiste à juger en s'appuyant sur des critères situés par delà les intérêts et les préjugés d'un groupe particulier.

Il y a vingt-quatre ans, les citoyens djiboutiens ont dégagé le plus beau de ces critères pour juger du régime politique qu'ils souhaitaient. Ce critère est l'idée de Justice.

 Cette idée de justice a toujours été présente au cœur de tous les habitants de ce pays, mais elle était confisquée, mêlée à la peur et à l'angoisse charriée par la violence du régime coloniale.

 

En conquérant leur liberté, les djiboutiens ont dégagé cet idéal de sa gangue.

Avec un territoire et des richesses bien limitées, les djiboutiens sont pénétrées néanmoins par le souci de justice, une justice non distincte de la force mais capable de la tenir en respect.

 

En réalisant leur rêve, de gouvernement du peuple par les peuples, les djiboutiens ont naturellement autorisé l'installation de leur tout nouveau Ministère de la Justice dans l'enceinte même du Palais de Justice, le lieu où le peuple djiboutien comptait assumer tous les principes de responsabilité de ce que nous appelons aujourd'hui le pouvoir Judiciaire.

 

C'est ainsi qu'il s'est instauré une cohabitation entre le pouvoir exécutif, représenté par le Ministre de la Justice et les différentes Juridictions dans une même enceinte.

 

Aussi, c'est dans une communion de vue sur l'idée de justice et comment la maintenir tout en assurant la progression de chacun, qu'il nous faut rechercher l'origine de la cohabitation de deux pouvoirs.

 

En aucun cas, il n'a été question de profiter d'une quelconque position de force pour faire subir à l'autre, l'usage de la force pour l'empêcher d'exercer les prérogatives conférées par notre Loi fondamentale mais plutôt réunir les conditions de son triomphe.

 

Mesdames et Messieurs.

 

Comme il m'a été donné de le dire, au cours des États généraux de la Justice, la confiance en la justice est l'ossature d'une nation. Et le Ministère de la Justice a pour rôle de s'assurer que le système de la République est aussi équitable, aussi accessible et aussi efficace que possible.

 

Comme vous l'avez bien indiqué, pour lever le doute de notre société sur sa justice, un nombre important de résolutions des États généraux se sont transformées en disposition légale.

 

En cette occasion, qui nous réunit aujourd'hui, pour inaugurer le nouveau siège du Ministère de la Justice, rejoint les propositions des Djiboutiens pour une réforme général de leur Justice.

 

Je suis d'autant plus sensible au privilège que j'ai de prendre la parole devant nos concitoyens, que cette réalisation fait partie de mes engagements vis à vis de notre nation.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Un nombre important de pays se heurte à des défis redoutables s'ils entendent mener à bien un agenda de transformation économique suffisant pour échapper à la pauvreté et occuper leur place au XXIème siècle.

 

Une gestion saine des affaires publiques constitue le facteur de réussite. Et les dirigeants politiques, dans le cadre du pacte conclue avec leurs peuples, doivent favoriser les mécanismes participatifs et inclusifs permettant d'élaborer les politiques et les programmes appropriés, tout en veillant sur les maigres ressources internes et en informant les membres de la Communauté internationale qui ont découvert le principe de la bonne gouvernance et détiennent aussi le secret du bonheur et de la réussite de son peuple, des efforts fournis.

 

Mesdames et Messieurs,

 

A bien des égards, la demande sociale d'État ne cesse de croître notamment en matière de sécurité et de solidarité.

 

L'indépendance et la sérénité qui doivent en toute circonstance présider à l'exercice de la fonction judiciaire, suppose que le juge observe quelques distances par rapport aux turbulences de la société au service de laquelle il est appelé à servir sa nature profondément sociale de cette fonction implique  certes que son titulaire soit constamment à l'écoute des problèmes de cette société et toujours proche de ses justiciables.

 

Appartenir à la grande famille des serviteurs de la justice constitue un privilège énorme. Mais il faut ensuite mériter la confiance des justiciables par les actes que les membres de la profession judiciaire posent, ainsi que les résultats que tout un peuple en attend, pour que la justice participe à ses efforts pour améliorer ses conditions d'existence.

 

Si les citoyens djiboutiens ressentent de la fierté face à l'inauguration de ce bâtiment public, je suis convaincu qu'il s'agit d'une émotion et d'une joie grave, car l'état de notre justice est particulièrement préoccupant et cette conviction s'est confirmée à la suite des Etats généraux de la Justice.

 

Autant dire que notre justice est malade, et qu'elle souffre de maux qui sont devenus quasiment récurent, au point de menacer les fondements de notre nation.

 

Loin d'être alarmantes, mes propos d'aujourd'hui expriment l'état préoccupant de notre justice et qui constitue, Monsieur le Ministre, le principale adversaire contre lequel nous devrions tous ensemble pouvoir nous liguer, que les principaux défis de l'action gouvernementale.

 

Et ce n'est pas, Monsieur le Ministre parce que votre nouveau siège est désormais éloigné du Palais de la Justice que vous mesuriez moins l'étendu de la tâche à accomplir, mais également ses difficultés.

 

Ensemble, Mesdames et Messieurs les professionnels de la justice, nous devons tracer une perspective réaliste, nous y atteler de manière sincère, afin d'offrir à notre peuple une justice qui soutient son espoir de redressement.

  

Je vous remercie.