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ALLOCUTION De S.E.M. ISMAIL OMAR GUELLEH 

A l'occasion du Sommet contre le terrorisme


DAKAR, LE 17 OCTOBRE 2001

  

Louange à Dieu,

Que la Prière et la bénédiction soit sur son Prophète, sa famille et ses Compagnons

        

Monsieur Abdullay WADE, Président de la République du Sénégal,

Messieurs les Chefs d'État et de Gouvernement,

Excellences, Chers frères,

 

 

Mes premières paroles iront, vous vous en doutez mes chers collègues, à notre frère Abdullay WADE à qui je dirai tout le plaisir que j'éprouve de me retrouver dans la chaleur du pays de la «  Terranga » et surtout venir partager avec vous, à chaque fois que l’occasion m’est donnée, votre enthousiasme quotidien pour notre continent.

 

Je ne pourrais oublier d’exprimer ma gratitude et mes sincères remerciements au peuple sénégalais ainsi qu'à son gouvernement pour toutes les marques d’attention dont ma délégation et moi-même faisons l’objet depuis notre arrivée dans cette belle ville de Dakar.

 

Monsieur le Président,

Excellences,

 

Le mardi 11 septembre 2001, à 8 h 45 heure locale, un Boeing 767 de la compagnie “America Airline ” assurant la liaison Boston-Los Angeles s’abat sur la tour nord du World Trade Center.

A 9 h 03, 18 minutes plus tard un deuxième avion détourné d’United Airline, s’abat sur la tour sud du World Trade Center.

A 9 h 43, le vol 77 d’America Airline s’abat sur le Pentagone.

A 10 h 07,  la tour du World Trade Center s’effondre.

A 10 h 10, le vol 93 d’United Airline s'écrase dans une forêt de Pennsylvanie.

A 10 h 27, la tour nord du World Trade Center s’effondre.

A 17 h 25, un immeuble de 47 étages, voisin des tours du World Trade Center,  s'effondre à son tour.  

Ce mardi 11 septembre 2001, les États-Unis d'Amérique viennent d'être victime de la plus meurtrière attaque terroriste de leur histoire.  « L’Apocalypse au coeur de l'Amérique » diront certains reporters.

 

Atteinte à ses points névralgiques, les États Unis sont tétanisés tout comme, je le pense, le reste du monde.

 

Cette tragédie nationale causera certainement la perte de milliers d'êtres humains de tout âge, de tout sexe, de toute obédience  religieuse, de toute nationalité.

 

C’est avec effroi que je me remémore, Excellences, ces actes barbares ; et  je voudrai saisir cette  journée pour  exprimer à nouveau la sympathie et la solidarité du Gouvernement et du Peuple djiboutiens au  peuple américain.  

Excellences,  

En ce mardi 11 septembre 2001, ce n’est pas seulement les travailleurs, ni les touristes, ni les bedeaux des Twins Towers de New York qui ont été les victimes d’une violence aveugle et injustifiable.

Ce jour a été un désastre pour toute la communauté humaine.  

Excellences,  

Malgré, la situation difficile que vivent nos peuples, notre volonté de sortir de notre cauchemar a forgé en nous les Africains une détermination pour lutter afin de survivre, tout simplement.

Aujourd’hui, c’est cette détermination qui nous réunis pour exprimer la solidarité des peuples africains vis à vis du peuple américain.

C’est  également,  grâce à cette même détermination, forgée par des siècles d’épreuves d’esclavage, de colonialisme, de guerres, de pauvreté, de misère, de maladies, que nous Chefs d'État, avons l’honneur d’exprimer, au nom de notre, cette solidarité, jamais démentie, des peuples africains, lorsque la barbarie a tenté de violenter les valeurs, la dignité et la conscience de l'humanité.

 

Monsieur le Président.

Excellences,  

Si le thème de notre rencontre d’aujourd’hui est le Pacte Africain Contre le Terrorisme, nous rappelons avec force nos résolutions du 35ème Sommet des Chefs d'État et de Gouvernement à Alger où nous avons indiqué que les droits de l'Homme sont également régit par des priorités inéluctables.

Outre la lutte contre la misère, la maladie et l'analphabétisme, une vie digne d'être humain se traduit aussi par la protection de la société contre le terrorisme, les trafiquants de drogues et les marchands en tout genre de la mort.  

Le but de notre conférence est d’examiner les mesures possibles d’accroître nos mesures de prévention du Terrorisme et de renforcer la coopération internationale pour le combattre efficacement et de démontrer que l'Afrique n’est pas et ne sera pas le “ ventre mou ” de ce combat.

 

Excellences,

 

Comme j’ai eu l’occasion de l’évoquer, même si l'Afrique a pu sembler rester en marge de l'Histoire contemporaine, elle ne doit certainement pas céder à la tentation de la passivité et de l'attentisme.  

Elle doit faire entendre sa voix.

C'est un impératif moral, une nécessité politique pour la crédibilité de nos nations.

 

Monsieur le Président,

 

Si  le terrorisme  est une activité  organisée au niveau international. Partout où il frappe, c'est la démocratie et l'État de Droit qui sont atteint, et l'idée du Pacte Africain Contre le Terrorisme dont nous débattons symbolise le refus de renoncement à agir.

Cependant, que ces barbares sachent qu'ils trouveront nuls part des abris où se cacher et que désormais rien ne sera plus comme avant : aussi bien en terme de collaboration anti-terrorisme, dans le sens où l’on ne considérera plus la défense d'un pays comme axée seulement sur sa défense périphérique, mais plutôt sur une défense avancée et une sécurité collective.

Par ailleurs, ce drame qui a frappé l'humanité engendrera comme réaction un combat qui pourrait amener une nouvelle ère de coopération entre les peuples.  

Monsieur le Président,  

La République de Djibouti, en application de la résolution 1373 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, du 28 septembre 2001, a crée un Comité National de Lutte Contre le terrorisme, chargé de définir toutes les  mesures et actions appropriées pour prévenir et réprimer tous actes terroristes.

La création d'un mécanisme continental nous paraît constituer une mesure pratique qui permettrait de combiner les acquis, de cerner les lacunes et de définir une stratégie d’action commune.  

Monsieur le Président,

 

Il nous semble que l'idée d'un Pacte Africain contre le Terrorisme dont nous débattons ensemble aujourd'hui qui symbolise le refus du renoncement à agir sur les problèmes du monde, doit également nous amener à mettre en garde contre le piège d'un retour sans fin de la violence et d'une guerre “sauvage” qui mettrait en danger la vie des populations civiles.  

Si tous les moyens doivent être mobilisés pour combattre le terrorisme et que la plus grande fermeté doit être de rigueur contre les auteurs de ces actes monstrueux, il s'agit également de faire montre de la plus grande prudence à l'égard de ripostes indicer nées qui pourraient prendre pour cibles d'autres victimes innocentes et causer ainsi une perte irréparable de vies humaines.

 

Je vous remercie de votre attention.