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ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A L’OCCASION DE LA

REUNION DU COMITE CENTRAL DU R.P.P A ALI-SABIEH

 

Djibouti, le 1er novembre 2001

 

 

 

 

Louange à DIEU

Que la prière et la bénédiction soient sur son prophète, Sa famille et ses Compagnons,

 

 

CHERS CAMARADES

HONORABLES INVITES

MESDAMES ET MESSIEURS

 

 

Je tiens à, avant toute chose, exprimer mes félicitations et remercier en notre nom à tous, la fédération d'ALI-SABIEH du Rassemblement Populaire Pour le Progrès, hôtesse de nos assises du comité Central, pour la qualité de son accueil.

 

J'aimerais, chers camarades, faire part, en particuliers aux militantes et de la jeunesse de cette fédération, toute la fierté que je ressens face à la chaleur permanente qu'ils me réservent à chaque occasion fraternelle reflète une confiance partagée et toujours renouvelée.

 

Mes Chers camarades,

Depuis la signature des accords de paix, du 12 mai 2001, entre le Gouvernement et le Frud-Armé, notre communauté nationale a retrouvé pleinement sa confiance en son avenir et en celui de notre pays.

 

Aussi, me paraît-il d’excellent augure, que ce cénacle des assises ordinaires du Comité Central, m'offre le cadre idéal pour partager avec vous mes convictions lorsqu'il s’agit de la place qui revient à notre mouvement dans la marche pacifique et responsable de notre peuple vers la démocratie et la  reconstruction de notre pays.

 

De prime à bord, il  peut sembler difficile de brosser un tableau exhaustif de la vie de notre Communauté nationale, sans courir le risque de trahir quelque part son dynamisme et sa perpétuelle mutation.

 

Cependant, en me référant ici à vos témoignages, les responsables du comité exécutif nous feront part l'essentiel de ce qui a été entrepris depuis notre dernière rencontre de janvier 2001, afin  d'en évaluer les succès, les nouvelles initiatives et les échecs.

 

Tout ceci avec le sérieux, la modestie et la tolérance qui demeurent les marques distinctives de notre parti.

 

Pour un observateur attentif de la scène politique nationale,  la marche de notre pays, pendant 25 ans, vers une démocratie consolidée et sereine, ne relève pas d’un miracle.

 

La République de Djibouti est perçue dans le monde comme un des pays phare du processus de démocratisation en Afrique et dans le monde.

 

Ma conviction profonde est que ce jugement n’est pas usurpé malgré les inévitables maladies de croissance et des dérivés euphoriques que charrie toute liberté retrouvée.

 

Aujourd'hui, une décennie après l’adoption par le peuple Djiboutien de sa Loi Fondamentale, l'esprit démocratique et l'exercice du pluralisme s'affirment et se développent dans tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle de notre pays.

 

La démocratie reste l'élément moteur de tout développement véritable et la condition première de tout progrès social, même si on l'assimile parfois à un luxe parce qu'elle coûte chère.

 

Les institutions de la République qui forment les poids et les contrepoids de l'équilibre institué par notre Constitution, ont pour objectif principal d'assurer le fonctionnement harmonieux de l'État démocratique.

 

Pour chaque militante et militant du Rassemblement Populaire Pour le Progrès, nos institutions ne sauraient être considérées comme des bastions.  

Par ailleurs, notre mouvement, eu égard à sa position de doyen des partis politiques qui lui impose un rôle de pédagogue au sein de la Communauté nationale, ne cessera de clamer que les Institutions de la République ne devront jamais être ou considérées comme des instruments de combats au service de certains.

 

Il  incombe à chaque militante et militant du Rassemblement Populaire Pour le Progrès d’être à la hauteur de cette mission.

Le défi de l'avenir a toujours consisté à nos yeux à veiller à ce que personne ne soit oublié dans la marche en avant de notre pays.

 

L'avenir appartient aux sociétés dont l'économie est saine ; à celle qui investissent dans la connaissance, de l'éducation et de l'innovation ;

A celle dont la population sont en bonne santé, dont les enfants sont bien préparés pour faire leur apprentissage, et à celles qui ont pour but d'assurer une qualité de vie digne de la condition humaine.

 

Ces priorités, le Rassemblement Populaire Pour le Progrès en a fait siennes le jour de sa création.

 

Les  responsables au niveau national, régional, et local se doivent, à l'égard des Djiboutiens,

d’exercer un leadership responsable en faveur de l’unité et de l'unicité de la République.

 

L'engagement le plus important du R.P.P. est son adhésion au processus de décentralisation qui renforce l'unité de notre peuple et de notre pays.

 

Il n'y a pas de plus grand devoir ou responsabilité.

 

En ce début du XXIème siècle, l'objectif primordial de notre mouvement est à la fois simple et ambitieux.

 

Il consiste à renforcer et à assurer l'unité en contribuant à l'entreprise commune de faire de la République de Djibouti une terre de paix.

 

Les valeurs Djiboutiennes d’ouverture, de tolérance et de partage, les qualités que représente notre pluralité sociale et linguistique nous ont bien préparé à relever les défis de l'ère nouvelle dans laquelle notre Nation s'engage.

 

Faire partager cette conviction, constitue pour le R.P.P. non seulement une question de crédibilité interne et externe mais surtout une question de dignité.

 

Par la volonté du Tout Puissant et s'il nous prête vie, en 2002 le peuple Djiboutien désignera à nouveau ses représentants à l'Assemblée Nationale.

 

Toutefois à la différence des scrutins précédents, les citoyens Djiboutiens expérimenteront ce qu’on a coutume d'appeler le multipartisme intégral.

 

Pour une Nation comme la notre, jeune mais mature : pour un mouvement politique comme le nôtre, doyen et pionnier des partis politiques, tous les militantes et militants du R.P.P. ne cesseront de dire que de la confrontation des arguments,  et de la force des propositions naît l'intérêt national.  

 Nos concitoyens regagnent confiance en leur avenir et en celui de leur pays. Ils l'envisagent avec un optimisme nouveau depuis que le peuple Djiboutien s'est retrouvé.  

Par un fait comme celui-là, nous avons prouvé à la communauté internationale, que notre peuple est capable, lorsque le Miséricordieux lui accorde les moyens, de faire face à toutes les épreuves.  

Cette force de caractère, mes chers camarades, les militantes et les militants du R.P.P l'on forgé, au quotidien chez nos concitoyens.

En ne cessant de clamer que notre pays est capable de se fixer des objectifs ambitieux et de les atteindre.

 

De la même manière en ce début de millénaire, le défi de l'avenir de notre pays et de notre mouvement nous impose des objectifs encore plus élevés.

Il faut que nous allions en avant des attentes de nos concitoyens.

 

Nos compatriotes tout comme les membres des communautés dont nous sommes les hôtes, désirent une société fondée sur la justice et le partage, une société prospère, une société tolérante où règnent la pluralité et la diversité, enfin une société qui encourage l'excellence et la créativité.

 

Pour que ces aspirations se réalisent pleinement, il faudra mobiliser les Djiboutiens de tous les horizons, ainsi que les institutions, les entreprises privées, les milieux bénévoles, le Gouvernement et les responsables régionaux.

 

Il faudra de la collaboration et du partenariat. Il faudra se tendre la main

 

Le Gouvernement et ses partenaires de la société civile qu'ils soient socio-professionnels, partis politique ou membres du milieu des bénévoles, ont adopté une approche axée sur la collaboration pour renforcer et moderniser l'union sociale Djiboutienne.

 

Un premier résultat tangible est la mise en place des Conseils régionaux provisoires, l'engagement du processus de déconcentration des services de l'État.

 

Pour promouvoir et renforcer notre unité, le Gouvernement a adopté une démarche ouverte et englobante.

 

Toutes les grandes mesures qu’il prendra serviront à faire de la République de Djibouti un pays meilleur, et de ce fait, plus uni.

 

Notre République nous offre  un espace et des moyens communs pour réaliser notre potentiel tant individuel que collectif.

 

Nous nous affaiblirons irrémédiablement et nous connaîtrons un changement irréversible, si nous cessions de maintenir l'exemple que notre pays offre au monde.  

L'avenir de notre pays nous est trop précieux pour que les militantes et les militants du R.P.P risquent de le compromettre à cause de malentendu.  

C'est pourquoi, nous demandons, militants du R.P.P., au Gouvernement que le débat qui enclenchera le processus de la décentralisation soit le plus franc et le plus transparent possible.  

Le Rassemblement Populaire pour le Progrès s'engagera, conformément à sa qualité de parti pédagogue à mieux faire comprendre à nos concitoyens  la complexité de tout projet de rupture et les difficultés véritables qui nous attendent si nous brisons les liens que nous avons tissés en édifiant ensemble notre nation durant 25 ans.  

Notre parti membre de l'alliance R.P.P/F.R.U.D. travaillera de près avec les élus de la Nation, avec le Gouvernement, avec les responsables régionaux pour bâtir une décentralisation pleine, reconnaissant la diversité régionale et l'unicité de la République de Djibouti.

 

Mes chers camarades,  

Le conflit qui a opposé le peuple Djiboutien a engendré un manque à gagner important dans les ressources de l'État ce qui a fragilisé le tissu social.

 

Si l'État ne se donne pas les moyens d'assurer ses obligations de manière stricte, nos institutions courent le risque d'une délégitimisation qui seront grave de conséquences pour la stabilité du pays.  

Il est donc impératif de poursuivre avec rigueur et détermination la politique de remise en oeuvre de notre économie, dont l'assainissement permettra à l'État de disposer des moyens de répondre aux attentes de la population de manière satisfaisante.

 

Pour cela la poursuite de la coopération avec le F.M.I. et la Banque Mondiale ainsi que l'union Européenne, constitue un impératif.


Notre Mouvement se doit d'entrer dans le 3ème millénaire en ayant réfléchi de diverses façons et à trouver toutes ces structures disponibles aux grands défis économiques, sociaux, culturels, scientifiques et politiques.

 

Mes chers camarades,

Toutes ces actions seront anéanties par une seule question - la corruption.

La corruption est très préoccupante en République de Djibouti.

Bien entendu, notre pays, n'est pas seul dans cette situation.

 

Les autorités politiques dans la majorité des pays du monde sont souvent la proie d’offre alléchante et de cadeaux en échange de faveur.

 

Le doute cependant n'existe plus quant à l'ampleur des conséquences du phénomène sur les efforts de développement de notre pays.

A côté des dispositifs judiciaires dont dispose notre pays, le R.P.P. doit préconisé une éducation civique, convenablement conçue et prodiguer, qui pourra progressivement produire des normes élevées de conduites morales des agents publics.

Tout progrès normatif dans la protection des droits de l'homme, est condamné à rester vain tant que un nombre certain de nos concitoyens penseront être au dessus des lois de notre pays.

 

Mes chers camarades,  

Je serai en accord avec vous lorsque vous affirmer que cette impunité est d'abord la faute d'une absence de volonté publique pour faire respecter les lois et les règlements de la République.

 

Si le gouvernement s'engage sur ce terrain, le R.P.P. doit le suivre et le soutenir, par une implication politique conséquente.

 

Si nous ne prenons pas garde, le développement de la corruption risque de balayer nos institutions lorsque celles-ci aurai perdu tout légitimité aux yeux des citoyens Djiboutiens.

 

L’ampleur du phénomène n'est pas à démontrer et ce fléau très pernicieux est un véritable blocage au développement de notre pays.

 

Si la corruption prend de multiple face et participe à d'autre comportement qui affectent également le patrimoine de l'État, il n'est pas dit que nous sommes désarmés pour réduire son ampleur.


Chers camarades  

“ Le droit des femmes sont les droits universelles de la personne”

 

Par ce slogan, le R.P.P. s'est engagé à promouvoir et à protéger les droits des femmes Djiboutiennes en tant que droit universel de la personne.

 

Notre mouvement s'est engagé particulièrement à intégrer les préoccupation de droits fondamentaux des femmes dans sa charte et dans toutes ses résolutions.

 

Si dans certaines parties du monde la défense des droits fondamentaux des femmes est un domaine relativement nouveau, pour nos militants du Rassemblement Populaire pour le Progrès, les femmes Djiboutiennes ont  été grâce à leur capacité organisationnel le premier groupe de défenseurs de nos libertés nationales.

 

Chers camarades,

 

Le combat pour le renforcement des moyens d’action et de l'autonomie des femmes Djiboutiennes que je ne cesse d'appeler de tous mes vœux, constitue pour nous tous une obligation.

Nous devons veiller à l'amélioration de leur condition sur le plan politique, social, économique et sanitaire.

 

D'autant plus que partout dans le monde les rapports de force qui empêchent les femmes de s'épanouir jouent à des nombreux échelons de la société allant de la vie privée aux plus hautes sphères de la vie politique.

 

Pour changer cet état de chose, notre mouvement doit être le premier moyen d'intervention de nature à permettre à la femme Djiboutienne de s'assurer, des moyens d'existences et des ressources économiques, d'alléger les lourdes responsabilités domestiques qui pèsent sur elles, d'éliminer les obstacles juridiques à sa participation à la vie publique et de sensibiliser davantage notre société à son sort.

 

Un pays qui a décidé d'investir dans ces enfants est un pays qui a foi en l'avenir. Et un pays qui investi dans ses enfants aura un avenir meilleur.

 

Un de nos objectifs en tant que 1ère force politique doit-être de nous assurer que tout est mis en oeuvre pour permettre à tous les enfants Djiboutiens de réaliser leur potentialité.

 

Nous devons tous faire pour que nos enfants soient capables d'apprendre et de participer à la vie de la société, certes ce sont les familles qui sont responsables, en 1er chef, d'élever leurs enfants et de favoriser leur développement. Mais elles ne sont pas seules à avoir cette responsabilité. Le développement de nos enfants requiert un effort concerté et un véritable partenariat des autorités du pouvoir central régional, du secteur privé et des milieux du bénévolat.

 

Cela exige que l'on mette l'accent sur ce dont ils ont besoin pour mieux s'épanouir.

 

Les expériences que vivent nos enfants, en particulier lorsqu'ils sont encore tout jeune, ont une influence sur leur santé, sur leur bien-être ainsi que sur leur capacité d'apprentissage et d'adoption pendant toute leur vie.

  

Honorables délégués,

 

La génération actuelle de jeune Djiboutien est la plus instruite de notre histoire.

 

Ils vivent dans un pays en bonne place pour profiter des possibilités qu'offre la nouvelle économie.

 

Pourtant le niveau du chômage des 18-25 ans demeurent inacceptable aussi le R.P.P. épaulera le Gouvernement et les autorités régionales à chaque fois qu'ils s'attaqueront à cette question.

 

Pour préserver l'avenir de notre société, notre défi immédiat est d'assurer une insertion réussie des jeunes de notre société dans le monde du travail, de faire en sorte que les jeunes qui veulent continuer à apprendre aient accès à l'éducation, et qu'une seconde chance soit offerte à ceux qui ont trouvé des difficultés pour se faire une place dans le monde du travail.

 

Il est de notre devoir à tous que ce défi soit relever. Aucun secteur de la société, aucun Gouvernement ne possède toutes les solutions pour relever les défis que nous nous sommes fixés.

 

Honorables délégués,

 

La réputation de la République de Djibouti à titre de citoyen du monde responsable, engagé et dévoué est une caractéristique fondamentale de notre identité et une source de fierté pour les Djiboutiens.

 

La République de Djibouti, en effet contribue à édifier la paix et la coopération partout dans le monde, rapproche les divergences, trouve du terrain d’entente et concilier les traits communs qui unissent la grande famille humaine.

 

Rien n'illustre mieux notre fidélité à la paix que le rôle de Chef de fil joué par notre pays pour la réconciliation du peuple frère Somalien.

 

Cette initiative audacieuse à l’origine a débouché sur un large consensus international qui s’amplifie et aboutira à une paix durable en Somalie.

  

La résolution du Président du Conseil de Sécurité du 30 Octobre 2001 est le témoignage du  justesse du processus de réconciliation du peuple Somalien  à Arta.

 

Par cette déclaration la Communauté internationale réaffirme que le processus de réconciliation du Peuple frère Somalien demeure l'unique et valable moyen lui permettant de retrouver sa dignité, sa souveraineté et sa place au sein des autres nations.

 

La République de Djibouti s'est engagée à travailler sur la scène internationale pour promouvoir le développement durable et pour trouver des solutions pratiques aux problèmes mondiaux.

 

Dans cet esprit d'internationalisme propre à notre mouvement que nous devons promouvoir les valeurs djiboutiennes avec lesquelles coïncident celles de la République de Djibouti en  coopérant avec les pays qui partagent ses vœux afin de réunifier le concert des nations et des institutions qui les représentent.

 

Le R.P.P. devra travailler directement avec les autres mouvements pour mettre en valeur et promouvoir les droits de la personne, l’édification  de la paix et de la démocratie.

 

Le R.P.P. continuera de militer pour l’adoption d’une stratégie internationale commune destinée à aider les victimes des guerres et aléas climatiques.

 

Mes chers camarades,

 

Pour conclure je tiens à dire que cette année 2002, sera pour tous les militantes et les militants du R.P.P. une occasion historique de célébrer leur réalisation et de souligner leur espoir pour l'avenir.

Ce sera une occasion sans égale de montrer à nous même et au reste du monde la richesse de notre diversité, la force des valeurs Djiboutiennes et l'avenir prometteur que nous réserve par la grâce de DIEU, le XXIème siècle.

 

Chaque génération peut choisir le genre de société qu’elle veut laisser à ses enfants. A l’aube du nouveau millénaire, le meilleur héritage que nous puissions léguer sera, un pays plus fort et riche de promesses pour sa jeunesse.

 

En travaillant tous ensemble, nous y parviendront.

 

Chers camarades.

Honorables délégués,

 

Puisse la divine volonté nous guider dans nos prochains combats.

 

Merci de votre attention.