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Discours du Président de la République

Son Excellence M. Ismail Omar Guelleh

à l'occasion de la Troisième TICAD.

 

 

Tokyo, le 29 septembre 2003

 

 

 

Monsieur le Président

Messieurs les Chef d'États et de Gouvernements,

Monsieur le Président de la Commission de l'Union Africaine

Honorables délégués

Mesdames et Messieurs

 

 

Qu'il me soit permis à l'instar de ceux qui m'ont précédé, d'exprimer mes remerciements les plus vifs pour l'accueil chaleureux qui a été réservé à ma délégation ainsi qu'à moi‑même depuis notre arrivée dans cette belle ville de Tokyo.

 

Tout, dans ce pays magnifique, si lointain et pourtant si proche tant nos destins sont liés, évoque le respect. Respect pour une terre chargée d'histoire, respect et admiration pour un peuple dont la foi inébranlable en sa capacité à surmonter les défis, à triompher des conflits de tout ordre, constitue une source inépuisable d'inspiration.

 

Je voudrais également saluer les organisateurs de cette conférence, placée sous le signe de l'Amitié et de la Solidarité pour la qualité du travail accompli et leur dévouement exemplaire.

 

Notre présence ici aujourd'hui est la preuve, encore une fois, de notre détermination et de notre engagement à concrétiser ensemble les possibilités de développement d'une coopération fructueuse entre les nations africaines et la nation amie du Japon. Elle constitue, un moment historique qui permettra, nous en sommes sûrs, de consolider les rapports d'entraide et de solidarité dont les bases furent jetées il y a de cela 10 ans.

 

En effet, la première Conférence de la TICAD dont nous commémorons aujourd'hui le 10ème  Anniversaire est née d'un « Acte de Solidarité du Japon » intervenu dans un contexte difficile, favorable à la dissémination d'une vision sombre de l'Afrique, semant le doute sur sa capacité à se développer et à s'adapter au nouvel ordre économique. Cette conception, connue sous le vocable d'afro pessimisme, a contribué à légitimer la marginalisation des pays du continent en mettant nos économies à la périphérie des courants politiques et commerciaux mondiaux.

 

Face à cette conjoncture désastreuse, le Japon, pays ami éleva sa voix avec celle des Nations‑Unies et de la Coalition Mondiale pour l'Afrique pour venir en solidarité avec les nations africaines en invitant tous les bailleurs de fonds bilatéraux ainsi que les organisations internationales à la première Conférence de la TICAD en 1993 à Tokyo et dans ces mêmes lieux.

 

Ainsi, a‑il apporté un correctif salutaire à l'afro pessimisme en y opposant une stratégie résolument pro‑active, inclusive et construite sur une confiance réciproque.

 

The Tokyo International Conference for Africa's Development has indeed provided a forum for identifying the continent's future development priorities and demonstrates Japan's deep commitment to the elimination of poverty and realization of The Millenium Development Goals or MDG's.

 

The MDG's are a target for development initiatives today, a gauge for their progress towards the objective of 2015. At the historic 2000 gathering of world leaders at the United Nations, global poverty was identified as the most daunting of all problems facing the world in this new century. Creating "an environment, conducive at both the national and global levels to development and the élimination of poverty, was seen as necessary. To propel this effort, a séries of clear, time bound, and development targets were included in the MDG's.

 

Yet despite the impact of poverty on the world today in so many ways, even with the MDG's, there is no real, unifying theme in addressing it. We have no grand vision. Globalization increases, nations move closer, and yet poverty continues. The auspicious as why this is so and the resentment it breeds, persist. The gap between rich and poor widens. Aid for some is a matter of helping favored nations and friends. For others is a question of qualifications. For still others aid seems useless and ineffective. Effective world leadership in ending poverty is not there.

 

We need a unified, holistic theme which combines the diversity of approaches. Africa for example, has stated its desire to use trade and open economies, led by the private sector, as its engine. Combined with aid and investment, foreign and domestic and a regional development approach, Africa could grow and eliminate poverty. But high and persistent foreign debt levels, low and declining foreign aid, and the trade barriers of rich countries has retarded her growth. Farm subsidies in Europe alone cost developing countries over 50 billion dollars yearly in lost agricultural products.

 

There are number of well known reasons why poverty is the critical issue confronting the world today. Many countries, particularly in Africa, are not on the path to achieve the MDG's by 2015. Yet these goals are realistic and have been reached by many other countries before.

 

Nevertheless, during the 90's, 54 countries had negative growth rates, 59 have been identified as « priority » by the UNDP, in greatest need of accelerating their growth. Over half of Africa's people, some 350 million, live below the poverty line of one US dollar per day. At this present rate, Africa will not halve its poverty by 2015 but 2047 !

 

Still Africa has been trying, despite its many obstacles to realize good institutions and policies. For the overwhelming majority of its people, the desire and will is there. But Africa's current shortcomings and needs are great, as are those of many other areas of the world.

 

The existing level of poverty in the world, given the over­production of food and industrial capacity, is indeed unacceptable. To again quote President Lula Da Silva of Brazil: "The eradication of hunger in the world is a moral and political imperative. And we all know that it is possible. What is truly required is political will. We must wage ‑ both politically and materially‑ the only war which we will all emerge victorious : the war against hunger and extreme poverty. "

 

As Africa has demonstrated in NEPAD and the African Union, we are prepared to do what we must do to raise our economies and eliminate poverty.

 

The Cancun conférence stalemate is unfortunate for the world's poor and the war on poverty. An opportunity to stimulate our économies through trade has been placed on hold. We can only hope this is not reflected in the political will to eliminate world poverty. Meaningful dialogue is urgent. But this dialogue must clearly lead us to realizing the Millennium Development Goals in a timely manner.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je ne peux conclure mes propos sans remercier le Japon, son Gouvernement, la Nation japonaise amie pour les efforts déployés en faveur du développement de l'Afrique et dire que ces 10 ans de la TICAD que nous célébrons aujourd'hui restent le symbole, la flamme qui illumine notre route pour l'avenir. Oui, comme l'ont souligné les responsables japonais à tous les niveaux, cette politique de coeur à coeur, ce dialogue des coeurs restera à jamais un trésor que nous devons chérir, un capital que nous devons préserver et accroître.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais avant, de clôturer, partager avec l'ensemble des participants, cette réflexion que l'ancien Premier Ministre, S.E.M. Yoshiro MORI, notre Président a prononcé dans son allocution du 9 juin 2001. Je cite : « L'Afrique, si elle parvient à surmonter les difficultés qu'elle connaît aujourd'hui et qu'elle s'engage sur le chemin d'un avenir brillant, devrait être une locomotive de développement pour l'ensemble de la société humaine du 21ème siècle ».

 

En effet, poursuit M.MORI, « le monde du 21ème siècle ne connaîtra la stabilité et la prospérité que si les problèmes de l'Afrique sont résolus. ».

 

 

Je vous remercie de votre attention.