Séminaire de Réflexion sur l'Action Gouvernementale 2002-2009

Sommaire

Document cadre
Ouverture

Discours du Président de la République

  Thème 1

Stabilité macroéconomique, croissance et compétitivité

Discours du ministre des Finances

Discours du ministre du Commerce

Discours du ministre de la Promotion des Investissements

Hommage du ministre de la Promotion des Investissements au Président de la République

Discours du ministre de l'Équipement et des Transports

Discours du ministre de la Communication

Discours du ministre de l'Énergie

Thème 2

Valorisation du capital humain, accès aux services sociaux de base

Discours du ministre de la Santé

Discours du ministre de l'Éducation

Thème 3

Développement rural, urbain et sécurité alimentaire, habitat et environnement

Discours du ministre de l'Agriculture

Discours du ministre de l'Habitat

Discours du ministre de la Jeunesse

Thème 4

Promotion de la Femme et de la Solidarité, exclusion sociale et lutte contre la pauvreté

Discours du ministre de la Promotion de la Femme

Discours du ministre de l'Emploi

Discours du ministre des Biens Waqfs

Discours du secrétaire d'État à la Solidarité

Thème 5

Gouvernance, décentralisation et sécurité interne et externe du territoire

Discours du ministre de l'Intérieur

Discours du ministre de la Défense

Discours du ministre de la Justice

Discours du ministre des Affaires Étrangères

Discours du ministre délégué à la Coopération Internationale

Discours du médiateur de la République

Discours du directeur du C.E.R.D

Clôture

Discours du Premier ministre

Discours du Président de la République

Document Final

Acte du Séminaire

DISCOURS DU MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE
ET DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
AU SEMINAIRE SUR L’ACTION GOUVERNEMENTALE


Son Excellence, Monsieur le Président de la République,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Chers participants et participantes,

C’est avec un réel plaisir que je me prête à l’exercice initié par SE le Président de la République qui consiste à rendre compte devant le peuple que vous représentez et à enregistrer vos critiques constructives et vos suggestions. Elles nous serviront à mieux poursuivre nos efforts pour une meilleure valorisation de nos ressources humaines.

Suite à la tenue des Etats Généraux de l’Education en décembre 1999, sous le Patronage de SE le Président de la République, le Gouvernement djiboutien s’est engagé dans une politique ambitieuse tant sur le plan quantitatif que structurelle et institutionnelle, dont :

1- l’instauration d’un enseignement de neuf années garanti pour chaque enfant djiboutien de 6-16 ans, et la suppression du concours d’entrée en sixième ;

2- l’ouverture de l’enseignement secondaire et la création de lycées dans toutes les régions du pays ;

3- la création d’un enseignement supérieur djiboutien avec l’ouverture du Pôle universitaire de Djibouti transformé en 2006 en Université de Djibouti de plein exercice ;

4- la réforme des contenus et des méthodes pédagogiques à tous les niveaux d’enseignement.

5- Le renforcement de l’Enseignement de l’Arabe et la mise en place d’un Baccalauréat en langue arabe

Dix ans après les Etats Généraux tous ceux qui ont suivi l’évolution de notre système éducatif devront reconnaître les résultats de cette nouvelle politique éducative caractérisés par une augmentation très significative des effectifs scolarisés à tous les niveaux d’études et par une mobilisation sans précédent de ressources publiques, tant d’origine nationale qu’extérieure.

Le document en votre possession présente les évolutions et les réalisations majeures de notre système éducatif.

Je rappellerai seulement quelques unes au cours de cette intervention.

1- le pays comptait 39 000 élèves au primaire en 1999, ils sont plus de 52 000 cette année.

2- le collège comptait 11 000 élèves en 1999, ils sont plus de 30 000 cette année

3- L’enseignement secondaire est passé de 1 500 élèves à à plus de 10 000 élèves aujourd’hui.

4- L’enseignement supérieur à Djibouti a vu ses effectifs exploser de 400 étudiants en 1999 à plus de 2 700 aujourd’hui.

Cet effort colossal a nécessité la construction ou la réhabilitation de 587 salles de classe dans le primaire, de 293 dans le moyen général et technique et de 112 dans l’Enseignement secondaire et Technique.
Les travaux pour la construction d’un Complexe Universitaire moderne d’une capacité de 10 000 étudiants et d’un coût de plus de 3 milliards de FD, vont démarrer avant la fin de la présente année civile.

Cet effort a aussi nécessité le recrutement et la formation de plus en plus d’enseignants et de cadres pédagogiques.
Le corps enseignant est ainsi passé de xxx 2001 à plus de 3 500 en 2008 et la catégorie d’instituteurs suppléants si souvent blâmés dans les années 90 est en voie d’extinction.

Cet effort a également nécessité l’élaboration et l’impression de nouveaux manuels scolaires, dans l’enseignement fondamental, mieux adaptés au contexte djiboutien dans le but de doter chaque élève d’un manuel scolaire de qualité dans chaque matière.

Enfin, pour réduire les disparités, le réseau d’établissements scolaires a été étendu à l’ensemble du pays pour le rapprocher des zones d’habitation et des services sociaux tels que des cantines et des dortoirs ont été fournies aux enfants les écoles rurales et à ceux qui sont obligés de poursuivre leurs études dans les chefs lieux des régions

Cette politique d’éducation inclusive que nous menons en étroite collaboration avec les parents d’élèves a permis non seulement de résorber le déficit de scolarisation des filles, mais aussi celui de l’accueil des enfants des zones rurales le plus reculées.

Ces réalisations ont un coût :
1- Plus de 20 Milliard de FD ont été investis avec l’aide de nos partenaires techniques et financiers sous forme de dons et de prêts à taux réduits au cours de deux plans d’Action de l’Education ( 2001-2005 et 2006-2008).

2- Parallèlement, les dépenses courantes de fonctionnement du secteur éducatif sont passées de 4,5 Milliards en 1999 à 10,3 Milliards en 2008 portant la part du secteur de 15,8% des dépenses courantes de l’Etat en 1999 à 25,7% en 2008.

Il ne fait donc pas de doute que des efforts budgétaires très substantiels ont été faits pour augmenter le financement public des services éducatifs à Djibouti au cours des neuf dernières années.

Mesdames et messieurs,

Nous pouvons donc conclure à l’existence de progrès considérables réalisés au cours des neuf dernières années.

Malgré tous ces efforts, nous ne sommes pas encore à une scolarisation fondamentale pour tous mais cet objectif est à notre portée et n’apparaît plus aussi chimérique qu’en 1999.

Cela dit, cette situation, bien que très satisfaisante n’est pas sans amener des interrogations pour l’avenir. Trois domaines d’interrogations peuvent être légitimement ouverts :

1- le premier est lié au fait que la poursuite des dynamiques en cours devrait conduire à une augmentation très considérable des effectifs dans la partie haute du système : au rythme actuel de la progression des effectifs de l’enseignement secondaire il faudrait accueillir plus de 20 000 élèves d’ici 2014 et donc doubler pratiquement le nombre actuel des lycées. Comment rendre financièrement soutenable une telle augmentation ?
Il en sera de même pour l’Enseignement Supérieur où l’augmentation des effectifs du lycée génèrera nécessairement une augmentation des bacheliers.
Mécaniquement, les effectifs des lycéens de terminale des lycées publics passeront de 2159 en 2008 à 7321 en 2014 (avec un taux de passage du collège au lycée de 70%).
La pression sur l’Université de Djibouti sera donc multipliée par 3.4 d’ici 2014.
Il convient de réfléchir à l’instauration d’un numérus clausus pour l’accès à l’université car si le diplôme du baccalauréat autorise à lui seul l’inscription dans l’enseignement supérieur, on risque de ne pas pouvoir maîtriser les flux.

2- le second aspect de ces interrogations concerne l’adéquation formation emploi : les cohortes de jeunes de plus en plus nombreuses qui sortent de notre système éducatif avec ou sans diplômes pourront-elles s’insérer dans le marché de l’emploi ?

3- le troisième aspect des interrogations concerne la dimension de la qualité des services offerts. En effet, toute politique éducative peut être exposée, à l’analyse des arbitrages entre la quantité et la qualité si les moyens financiers consacrés au secteur ne permettent plus de faire face aux deux aspects à la fois.

Nous espérons que les contributions des participants à ce séminaire nous aiderons à apporter des réponses satisfaisantes à ses interrogations.

Je vous remercie de votre attention.