Séminaire de Réflexion sur l'Action Gouvernementale 2002-2009

Sommaire

Document cadre
Ouverture

Discours du Président de la République

  Thème 1

Stabilité macroéconomique, croissance et compétitivité

Discours du ministre des Finances

Discours du ministre du Commerce

Discours du ministre de la Promotion des Investissements

Hommage du ministre de la Promotion des Investissements au Président de la République

Discours du ministre de l'Équipement et des Transports

Discours du ministre de la Communication

Discours du ministre de l'Énergie

Thème 2

Valorisation du capital humain, accès aux services sociaux de base

Discours du ministre de la Santé

Discours du ministre de l'Éducation

Thème 3

Développement rural, urbain et sécurité alimentaire, habitat et environnement

Discours du ministre de l'Agriculture

Discours du ministre de l'Habitat

Discours du ministre de la Jeunesse

Thème 4

Promotion de la Femme et de la Solidarité, exclusion sociale et lutte contre la pauvreté

Discours du ministre de la Promotion de la Femme

Discours du ministre de l'Emploi

Discours du ministre des Biens Waqfs

Discours du secrétaire d'État à la Solidarité

Thème 5

Gouvernance, décentralisation et sécurité interne et externe du territoire

Discours du ministre de l'Intérieur

Discours du ministre de la Défense

Discours du ministre de la Justice

Discours du ministre des Affaires Étrangères

Discours du ministre délégué à la Coopération Internationale

Discours du médiateur de la République

Discours du directeur du C.E.R.D

Clôture

Discours du Premier ministre

Discours du Président de la République

Document Final

Acte du Séminaire

 Discours de la Ministre de la Promotion de la Femme du Bien Etre Familial et des Affaires Sociales

pour le Séminaire de Réflexion sur l’Action Gouvernementale




Excellence Monsieur le Président de la République Chef du Gouvernement
Excellence Monsieur le Premier Ministre
Madame et Messieurs les Ministres
Mesdames et Messieurs les Parlementaires
Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement
Mesdames et Messieurs, Honorables participants

Après avoir célébré avec faste, la décennie de la création du Ministère, cette tribune que Vous avez initiée à deux reprises, Monsieur le Président de la République, me paraît l'occasion indiquée à mon tour pour faire le bilan et projeter les perspectives du Ministère.

Au commencement fut la création, celle d’un Ministère placé sous la tutelle du Premier Ministre. Ce fut en 1999. Ce département aujourd’hui de pleine compétence est l’œuvre personnelle de son Excellence Monsieur Ismail Omar Guelleh, qui grâce à sa volonté prospectrice, avant-gardiste et déterminante, l’a voulu, conçu en tant que projet de société. Une société où le paradigme de développement intègre aussi les Djiboutiennes au même titre que les Djiboutiens.

Permettez-moi de faire un bref rappel historique de l’institution en charge de la Promotion de la Femme du Bien Etre Familial et des Affaires Sociales.

La généalogie du Ministère prend sa source d’une vision ancrée dans une volonté politique du Chef de l’Etat. Cette vision et cette volonté politique avaient pour ambition de faire émerger sur la scène politique nationale une institution qui veille à l’intégration de la femme dans le développement politique et socio économique du pays.

Cette volonté politique se matérialisa donc en 1999 par la création d’un Ministère délégué qui révolutionnera comme nous l’avons tous vécu la destinée de la Femme Djiboutienne. Ce cadre institutionnel ainsi mis en place s’est attelé à la promotion de la femme dans tous les domaines.

Pour mieux mesurer le chemin parcouru, revenons à la situation de la Femme avant 1999. La représentation de la femme dans les sphères politiques et de prise de décision était alors quasi inexistante. A titre d’exemple, il n’y avait aucune femme au Parlement, aucune femme dans les représentations Communales, aucune femme n’avait été Ministre ou Secrétaire Générale ni Présidente de Commune.

Dans le domaine économique, l’insignifiance du rôle de la femme était un réel préjudice pour son insertion, malgré son activisme dans le secteur informel.

Dans le domaine de l’Éducation, des pesanteurs, des préjugés et une conception élitiste de l’enseignement ont longtemps maintenu, l’éducation des filles comme très marginale. En dépit des volontés politiques affichées, le pourcentage des filles dans les cycles primaire et secondaire ne dépassait guère 39% en 1999, avec un taux de déperdition conséquent par la suite, d’autant plus que les femmes représentaient près de ¾ des personnes touchées par l’analphabétisme.

Monsieur le Président,
Honorables participants,

Si telle a été la situation en 1999, qu’en est-il dix ans plus tard ? Quelles réformes ? Quelles réalisations ?

D’abord sur le plan institutionnel, compte tenu des avancées significatives que le Ministère a enregistré dans tous ses champs d’intervention, dix ans plus tard, lors du dernier remaniement ministériel de 2008, Monsieur le Président, vous avez voulu autonomiser pleinement le Ministère en lui octroyant le statut de pleine compétence.

Par cette décision, Vous avez illustré que l’épanouissement de la femme constitue, à nouveau, en soi, un pôle de développement du pays. Ceci démontre votre volonté constante à œuvrer en faveur de la promotion de la femme à tous les niveaux.

1- En premier lieu, parlons des réformes législatives entreprises. Ces dernières ont permis :

• L’adoption du Code de la Famille (janvier 2002) ;
• La loi instituant le Système des Quotas d’au moins 10% dans les fonctions électives et les hautes fonctions de l’Etat (novembre 2002) ;
• La Stratégie Nationale pour l’intégration de la femme dans le développement en Juillet 2002 ;
• Et plus récemment, en novembre 2008, l’adoption du décret d’application pour les hautes fonctions de l’Etat à au moins 20%.

2- En second lieu, les réformes législatives et ce qu’elles génèrent comme avancées politiques.

Les réformes législatives et réglementaires initiées par le Chef de l’Etat ont abouti à des résultats tangibles. Les Djiboutiennes, du statut des femmes électrices, sont devenues éligibles. Dès 2003, pour la première fois, 7 femmes sont entrées au Parlement. En 2009, elles sont au nombre de 9 soit 14% de la représentation nationale. Depuis 1999, elles occupent des postes ministériels. Un peu plus tard en 2006, elles investissent les conseils régionaux et municipaux. De ce fait, à titre d'exemples, on dénombre aujourd’hui 14 conseillères municipales, 7 conseillères régionales, 1 femme Présidente de commune .

Ainsi l’insertion des femmes dans le processus de prise de décisions est devenu, en l’espace de dix ans, une réalité qui transforme et modernise le paysage politique de notre pays.

3- La participation de la femme à la vie publique constitue l’autre acquis

Par conséquent, la participation de la femme à la vie publique est sans commune mesure. Elles sont nommées à des hauts postes de responsabilité dans l’Administration. Elles sont Secrétaire Générale, Conseillère Diplomatique, Conseillère Technique, Directrice, et elles sont présentes dans tous les Corps en Uniforme. La liste pourrait être encore plus longue.

4- Dans le domaine de l’amélioration des conditions de vie de la femme des actions significatives ont été entreprises :

• La mise en place du Grand Prix du Chef de l’Etat pour la Promotion de la Femme a amélioré sensiblement les conditions de vie de la djiboutienne .Plus de 50 millions de Francs ont été offerts depuis 1999 par le Chef de l'Etat ;
• Le développement du microcrédit et de la microfinance, a permis la création de plus de 2800 emplois entre la période allant de 2001 à 2006. Aujourd’hui plus de 4 000 femmes exploitent ces richesses;
• Le lancement cette année d’un projet de formation des filles conductrices : 50 jeunes filles suivent actuellement une formation aux permis B, C et D ;
• La formation en cours des techniciennes en énergie solaire en partenariat avec Barefoot Collège en Inde ; cinq femmes analphabètes des régions rurales reviendront dans 6 mois formées en tant que techniciennes en pose et maintenance des panneaux solaires ;
• Le projet de 17 puits cimentés, en cours de réalisation dans les 5 régions, vise à alléger la corvée d’eau des femmes rurales et de leur permettre de consacrer plus de temps aux ménages et aux enfants ;
• La lutte contre les Violences Fondées Sur le Genre.

5- Dans ce domaine récurrent de la Violence Fondée sur le Genre,

Le 31 décembre 2007, lors du Nouvel An, le Chef de l’Etat , dans son message à la Nation a dit : ( Je cite)

« Le rejet et l’élimination sous toutes ses formes, de l’injustice, des inégalités, des discriminations à l’égard des femmes, resteront mes motivations profondes dans le combat de l’amélioration de la condition féminine dans notre société. » (Fin de citation)

Cette volonté affichée s’est matérialisée par des actions concrètes sur le plan de la lutte contre la Violence. A ce titre :

• Un Comité de pilotage National de Coordination des Actions et interventions des différents intervenants a vu le jour et est institutionnalisé ;

• De nombreuses campagnes d’informations et de sensibilisation sur les pratiques des MGF, tant nationales que régionales eurent lieu, avec la participation de la société civile, les religieux ;

• Une cellule d’écoute et d’orientation des femmes est créée au sein de l’UNFD. A cet effet, je voudrais souligner la détermination et les plaidoyers constants de la Première Dame, son Excellence Madame Kadra Mohamoud Haid en faveur de la protection et de l' amélioration de la condition des filles et des femmes.

6- Sur le plan de l’autonomisation de la femme, beaucoup d’efforts ont été déployés notamment à travers :

• La lutte contre l’illettrisme et l’analphabétisme des femmes qui s’est traduite par la mise en place d’un vaste programme d’alphabétisation fonctionnelle. Le programme a visé plus de 17000 femmes réparties sur 77 centres d’alphabétisation opérationnels sur tout le territoire national avec 175 alphabétiseurs et quelques 2750 alphabétisées chaque année. Plusieurs milliers d’entre elles ont pu acquérir des connaissances de base indispensables pour la gestion de leur activité professionnelle et améliorer leur quotidien. Les résultats générés par les programmes d’alphabétisation sont palpables et ont fait reculer le taux de l’analphabétisme féminin. Vous retiendrez également que le projet d'alphabétisation engendre la création d'un peu plus de 175 emplois à de jeunes chômeurs diplômés ;

• La création du centre de formation des femmes de Balbala, véritable outil d’insertion professionnelle et d’école de deuxième chance, a depuis 2006, permis de former plus de 600 filles en couture, coiffure et informatique. A l’issue des formations, plus de 70 filles ont pu être insérées dans le secteur privé, d’autres ont été outillées à travers la dotation de kits professionnels indispensables pour pouvoir travailler à leur propre compte ;

• Cette année, le Ministère a mis en place des programmes de formation de post alphabétisation où, 400 filles suivent des formations professionnalisantes en partenariat avec 4 Centres de formation de la place.

Monsieur Le Président,
Honorables participants,

6- En ce qui concerne le partenariat et l’accompagnement de la décentralisation, compte tenu de la transversalité du genre, le Ministère de la Promotion de la Femme se devait de développer des relations de partenariat, de réussir ce partenariat et de l’élargir aux Ministères techniques concernés par les programmes, à travers la mise en place du réseau des points focaux genre, à travers également le concours des partenaires au développement et celui de la société civile( que le Ministère considère en tant que relais sur le terrain et qu’il mobilise pour la réalisation de toutes ses activités et dont il s’efforce de renforcer les capacités, en les impliquant autant que faire se peut, dans les formations ou actions de plaidoyer).

Pour accompagner le processus de décentralisation et renforcer la visibilité de notre politique dans les régions de l'Intérieur, mon Département, a mis en place des structures décentralisées, que j'ai inauguré en Juin 2008 dans chaque région. Les Bureaux Régionaux Genre équipés et opérationnels ont pour mission d’exécuter les activités décentralisées et de faire la supervision et le suivi des projets menés par le Ministère dans les régions.

7- La promotion et la protection des Droits de l'Enfant.

Améliorer les conditions de vie des enfants notamment en leur assurant la protection nécessaire est aussi un des domaines dans lesquels le Ministère a concentré ses efforts dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique Nationale du développement intégré de la petite enfance. Le programme Orphelins et enfants Vulnérables, qui assure la prise en charge à titre pilote de 700 enfants, ou encore l’ouverture des garderies communautaires en milieu rural notamment à Wéa et à Obock sont des exemples concrets. Le Ministère a pour projet, à la rentrée prochaine, l’ouverture de 4 autres garderies communautaires dans les différentes régions.

Excellence Monsieur le Président,
Honorables participants,

2008 marque un tournant dans l’évolution du statut du Ministère. La Loi réorganisant le Ministère a été promulguée. Il s’est avéré que l’ancienne structure organisationnelle du département ne répondait pas pleinement à sa nouvelle phase d’évolution. Un Audit organisationnel a été déclenché. Celui-ci a révélé la nécessité d’une réorganisation et d’un renforcement des capacités du Ministère en termes d’effectif du personnel, de conception des projets et programmes, d’exécution et d’appui technique.

A cet égard, un nouvel organigramme a été opérationnalisé depuis mars 2009 et sa nouvelle architecture nous permettra de mieux couvrir les grands objectifs du Mandat du département.

Par ailleurs le Ministère s’est doté d’un schéma Directeur et d’un cadre stratégique couvrant la période 2009-2013.

A la lumière de cette revue non exhaustive, tout concorde sur les acquis solides et concrets dont la Femme Djiboutienne a été gratifiée. Ces acquis devront être pérennisés.

Malgré ces réalisations, des contraintes et des défis persistent et portent principalement sur les difficultés à passer de l’Approche de l'Intégration de la femme à une approche de l’égalité Genre et de l’Équité. Mais aussi à influencer les mentalités et surmonter ou contourner les résistances socioculturelles sur les principes de l’Egalité et de l’Equité.

Il faudra surtout poursuivre la marche et l'accentuer vers une accélération de l'Institutionnalisation du Genre; et ce à travers la prise en compte des résultats escomptés de l'Audit Genre en cours dans chaque département ministériel; et renforcer l'autonomisation de la Femme par l'émergence d'un entreprenariat féminin. Et pourquoi pas, anticiper sur l'après Système des Quotas ?

Excellence, Monsieur le Président, aujourd’hui plus qu’hier, la Femme Djiboutienne est confiante en son avenir, confiante en votre vision moderniste.

Je vous remercie de votre aimable attention.