Séminaire de Réflexion sur l'Action Gouvernementale 2002-2009

Sommaire

Document cadre
Ouverture

Discours du Président de la République

  Thème 1

Stabilité macroéconomique, croissance et compétitivité

Discours du ministre des Finances

Discours du ministre du Commerce

Discours du ministre de la Promotion des Investissements

Hommage du ministre de la Promotion des Investissements au Président de la République

Discours du ministre de l'Équipement et des Transports

Discours du ministre de la Communication

Discours du ministre de l'Énergie

Thème 2

Valorisation du capital humain, accès aux services sociaux de base

Discours du ministre de la Santé

Discours du ministre de l'Éducation

Thème 3

Développement rural, urbain et sécurité alimentaire, habitat et environnement

Discours du ministre de l'Agriculture

Discours du ministre de l'Habitat

Discours du ministre de la Jeunesse

Thème 4

Promotion de la Femme et de la Solidarité, exclusion sociale et lutte contre la pauvreté

Discours du ministre de la Promotion de la Femme

Discours du ministre de l'Emploi

Discours du ministre des Biens Waqfs

Discours du secrétaire d'État à la Solidarité

Thème 5

Gouvernance, décentralisation et sécurité interne et externe du territoire

Discours du ministre de l'Intérieur

Discours du ministre de la Défense

Discours du ministre de la Justice

Discours du ministre des Affaires Étrangères

Discours du ministre délégué à la Coopération Internationale

Discours du médiateur de la République

Discours du directeur du C.E.R.D

Clôture

Discours du Premier ministre

Discours du Président de la République

Document Final

Acte du Séminaire


DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR
ABDALLAH ABDILLAHI MIGUIL,
Ministre de la Santé
A L’OCCASION DU SEMINAIRE
DE REFLEXION SUR L’ACTION GOUVERNEMENTALE


Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de Gouvernement,

Permettez-moi de féliciter tout d’abord les organisateurs, pour la qualité de préparation de cette deuxième édition du séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale.
Cette semaine de débats interactifs entre le gouvernement et les représentants de la société civile, retransmises en instantanée par le média, aura des répercussions positives au-delà des murs de ce palais, dans toute l’opinion publique Djiboutienne qui vit depuis quelques jours au rythme de ces séances.
L’initiative de ce cadre de débat institutionnel centré des réflexions, des questionnements et des critiques, autour de l’action gouvernementale, revient toutefois à Son Excellence Monsieur Ismaïl Omar Guelleh qui s’est toujours démarqué, comme un leader inventif et démocrate, épris de la transparence et de la liberté de parole saine, par lesquelles triomphe l’intérêt général.
Mesdames et Messieurs,
Convaincu que l’essentiel est dans les échanges interactifs et sans vouloir anticiper sur vos questions dont je ne connais à cet instant précis la teneur, il m’échoit de vous présenter brièvement le secteur de la santé et les politiques mises en œuvres, en coordination avec tous les acteurs et partenaires.
Comme vous pouvez l’imaginer, le ministère de la santé que j’ai l’honneur de diriger coiffe un grand secteur composé des prestataires de soins de santé publics et privés, ainsi que des programmes nationaux de santé en charge de la prévention.
La politique de santé est inscrite au rang de priorité gouvernementale, comme en témoigne le grand chantier de la réforme sectorielle, initiée en 1999, sur la base de la loi cadre d’orientation de la politique de santé.
Sur la base de l’analyse sans complaisance de la situation sanitaire du pays, un cadre stratégique de développement sanitaire pour la période 2001-2012 et un plan d’action quinquennal (2002-2006) ont été adopté et mise en exécution, dès cette période, avec le concours financier des pays amis et des institutions financières internationales, .
Ce qui a permis de remettre en scelle un secteur profondément affecté par des effets conjugués de la conjoncture nationale et du programme d’ajustement structurel qui ont marqué la décennie 90.
En 2007, un second plan de développement sanitaire pour la période 2008-2012, a été élaborée au cours d’un atelier national dont les séances participatives ont mis en valeur les capacités de nos techniciens à produire un tel outil de planification.
Ce nouveau plan quinquennal dont le financement porte sur un montant bien plus important que la première phase sera soumis aux bailleurs de fonds, lors de la table ronde de Paris qui se tiendra à la fin de l’année.
Mesdames et Messieurs
Monsieur le Président,

J’ai le plaisir de consacrer ce constat d’étape à quelques résultats tangibles qui font partie des acquis de la réforme sanitaire qui reste processus de logue haleine.
La pyramide sanitaire qui correspond à la forme architecturale la mieux adaptée de notre système de santé, a été reconstituée et revitalisée, grâce aux efforts de développement harmonisé et de redéploiements des ressources, notamment à partir de 2005, où nous avions diagnostiqués des équilibres flagrants entre les structures de la capitale et celles des régions de l’intérieur.
Au sommet de cette pyramide sanitaire, les hôpitaux publics ont été engagés dans la voie de l’autonomie de gestion, selon la loi de réforme hospitalière, bien que des périodes d’essais aient été accordés, par pur réalisme, à ces centres hospitaliers, dont l’Hôpital Général Peltier qui ne réunissaient les conditions requises pour une autonomie totale et définitive.
Afin de désengorger l’hôpital Générale Peltier qui couvrait à lui seul 70% des demandes de soins de santé, il a été d’une part renforcé en quantité et en qualité les centres de santé communautaires qui sont, aujourd’hui, plus à même de jouer le rôle de filtre, par une couverture de zone des flux de premières consultations et des besoins spécifiques de la santé de la mère et de l’enfant, à l’aide d’un paquet minimum de soins et de prévention.
D’autre part, l’hôpital de Balbalah a subi les premières extensions physiques pour devenir rapidement un deuxième pôle hospitalier de référence, avec de capacités égales ou supérieures à l’hôpital Général Peltier.
Cette sage décision de doter la commune de balbala, d’un centre hospitalier de référence revient à son Excellence Ismaïl Omar Guelleh qui n’a pas hésité à engager l’Etat, à soutenir financièrement le lancement de ce grand chantier.
Toujours dans le souci de rapprocher l’offre de soins des exigences de la population, les Centres Médico-hospitaliers des chefs lieux des régions sanitaires, ont été adaptés dans le rôle des hôpitaux régionaux, en attendant la construction des structures pavillonnaires, prévu dans les projets de coopérations bilatérales et multilatérales.
Il s’agit des centres hospitaliers, dignes de ce nom qui ont à leurs actifs de centaines d’actes spécialisés dans les domaines de la chirurgie générale, de la gynécologie obstétrique, des soins dentaires.
Des efforts exceptionnels de création de locaux, d’achat d’équipements et d’affectation des ressources supplémentaires, ont permis de délocaliser ces spécialités courantes, dont le principal avantage est le recul des transferts à risques depuis les régions vers la capitale.
Je finirai sur ce premier aspect, en soulignons, également, les efforts de réhabilitation et de réorganisation des différents établissements spécialisés, tels que le centre anti-tuberculeux Paul Faure, la maternité Dar Al Hanan, sans oublier les nombreuses unités de soins pavillonnaires et de services techniques qui sont en cours de reconstruction dans l’enceinte de l’hôpital Général Peltier.
Au niveau des régions sanitaires, les équipes mobiles constituent des maillons stratégiques de l’offre de soins, conformément à notre politique de couverture de santé élargie.
Mesdames et Messieurs,
Des structures hospitalières, sans compétences humaines, sans médicaments et sans technologie ne seraient que des lieux d’isolement, sans impact sans les maladies et sans possibilité de retour à la vie.
Ces dernières années, nos efforts politiques se sont portés principalement sur le renforcement de ces paramètres de prise en charge adéquate à tous les niveaux de la pyramide sanitaire.
Ainsi, la politique de développement et de valorisation des ressources humaines s’est concrétisé par l’augmentation significatif des effectifs humains dans tous les domaines de compétences médicales et extra-médicales ; l’amélioration des revenus des médecins et techniciens paramédicaux, et l’augmentation des bourses de stages, notamment pour les filières de médecins spécialistes et de techniciens supérieurs.
La transformation du centre de formation du personnel de la santé en un Institut supérieur des sciences de la santé et la création dans la même année de l’Ecole de Médecine, restent les talons d’Achille de notre politique de formation guidée par l’exigence de références uniques et de cohérence interne du système de santé national.
La politique de pharmacie et des médicaments a connu une nouvelle impulsion avec l’entrée en vigueurs de trois volets stratégiques de mise en place de la centrale d’achat des médicaments et des matériels essentiels, d’adoption d’une liste nationale de médicaments essentiels et de lancement des pharmacies communautaires intégrées aux structures de soins.
L’expérience des pharmacies communautaire est une réussite totale et l’usage des médicaments génériques est loin d’être un échec, comme certains voudraient le faire croire.
Le dernier point que je voudrais partager est le plateau technique national qui a vu l’acquisition sur les frais de l’Etat des appareils de haute technologie, tels que le scanneur, la lithotripsie, la célioscopie, le caisson hyperbare,
A côté de ces moyens qui renforcent les capacités d’investigation et de traitement de nos hôpitaux, permettez-moi de citer la création d’un centre de dialyse de vingt postes et l’entrée en service d’un laboratoire de référence nationale couvrant toutes les gammes d’examens bactériologiques, biochimiques et virologiques d’une grande précision, auxquelles s’ajoutent l’unité d’anapathologie qui augmente de manière significatif notre capacité de dépistage de cancers.
Permettez-moi d’évoquer, également, la mise en service très bientôt d’un centre de référence, en santé de reproduction qui sera inauguré par le Président de la République au cœur de la cité Hodane, incha’allah.
Ce centre spécialisé sera orientation dans la prise en charge des maladies gynécologique, ainsi que la prise en charge thérapeutique des problèmes de cancers et ceux qui touchent la fertilité et la reproduction par le suivi des couples.
Mesdames et messieurs,
Monsieur le Président,
Par ces quelques rappels des dispositifs fonctionnels que nos compatriotes utilisent au quotidien, je crois avoir fait le tour de l’existant en termes de capacités d’accueil et de soins.
Pour tous les autres aspects du développement sanitaire que je n’ai pas évoqué, nous avons une journée devant nous pour en parler, en fonction des questions qui seront proposées par la salle.
Toutefois, je voudrais conclure mon propos par ces innombrables défis que nous devons relever, ensemble, acteurs, bénéficiaires et partenaires de la santé.
La question du financement de la santé en fait partie et je note à juste titre que la nouvelle grille tarifaire met fin à la situation des caisses vides, mais ne règle pas tous les problèmes liés aux coûts de la santé.
En effet, les tarifs que certains usagers trouvent au-dessus de leurs capacités de payement sont pourtant des prix sacrifiés pour l’autonomie financière des hôpitaux dont les coûts de fonctionnement sont exorbitants.
Ces difficultés indéniables et pour les usagers et pour les prestataires, nous invite à évoluer rapidement dans le sens des solutions avancées lors du symposium sur la santé, notamment par le choix d’une formule adaptée pour partager les coûts de la santé plutôt que de s’en prendre aux minimums tarifaires qui sont en vigueur dans les hôpitaux ; ailleurs les participations demandées restent symboliques, juste de quoi susciter une plus grande responsabilisation des usagers.

Merci de votre aimable attention !