Séminaire de Réflexion sur l'Action Gouvernementale 2002-2009

Sommaire

Document cadre
Ouverture

Discours du Président de la République

  Thème 1

Stabilité macroéconomique, croissance et compétitivité

Discours du ministre des Finances

Discours du ministre du Commerce

Discours du ministre de la Promotion des Investissements

Hommage du ministre de la Promotion des Investissements au Président de la République

Discours du ministre de l'Équipement et des Transports

Discours du ministre de la Communication

Discours du ministre de l'Énergie

Thème 2

Valorisation du capital humain, accès aux services sociaux de base

Discours du ministre de la Santé

Discours du ministre de l'Éducation

Thème 3

Développement rural, urbain et sécurité alimentaire, habitat et environnement

Discours du ministre de l'Agriculture

Discours du ministre de l'Habitat

Discours du ministre de la Jeunesse

Thème 4

Promotion de la Femme et de la Solidarité, exclusion sociale et lutte contre la pauvreté

Discours du ministre de la Promotion de la Femme

Discours du ministre de l'Emploi

Discours du ministre des Biens Waqfs

Discours du secrétaire d'État à la Solidarité

Thème 5

Gouvernance, décentralisation et sécurité interne et externe du territoire

Discours du ministre de l'Intérieur

Discours du ministre de la Défense

Discours du ministre de la Justice

Discours du ministre des Affaires Étrangères

Discours du ministre délégué à la Coopération Internationale

Discours du médiateur de la République

Discours du directeur du C.E.R.D

Clôture

Discours du Premier ministre

Discours du Président de la République

Document Final

Acte du Séminaire

Allocution du Secrétaire d’État à la Solidarité Nationale
A l’Occasion du Séminaire de réflexion sur l’Action Gouvernementale



Excellence Monsieur le Président de la République,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs et Mesdames les Ministres
Honorables Députés
Chers Invités
Chers Compatriotes,

C’est maintenant le tour du Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale de porter à votre connaissance sa modeste contribution à l’Action Gouvernementale. Mais avant d’aller dans le vif du sujet, qu’il me soit permis de préciser le caractère spécifique des interventions de mon Département. En effet, si la plupart des départements ministériels interviennent dans un secteur spécifique, connu ou classique, le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale a, pour sa part, la difficile mais exaltante tâche d’intervenir de façon transversale
La création par le Chef de l’Etat, d’un Secrétariat d’Etat près du Premier Ministre, chargé de la Coordination et du Suivi Evaluation de la Lutte contre la Pauvreté, relève d’un constat simple. La mise en œuvre des projets et programmes sectoriels et thématiques au titre du premier Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté, sur la période 2004 à 2006, a conduit à un paradoxe révoltant, que le Chef de l’Etat n’a pas accepté, lors du bilan effectué en 2007. En effet, alors que l’économie djiboutienne a enregistré une croissance réelle moyenne de son produit intérieur brut d’environ 4 à 5 % par an, sur cette période, la pauvreté, le chômage et la vulnérabilité de nos populations se sont aggravés, ce qui est inacceptable si l’on considère que la croissance économique signifie l’augmentation de la richesse nationale et donc un espoir légitime d’amélioration des conditions de vie d’un plus grand nombre. Ce n’est pas le lieu de disserter sur les sources de cette croissance et son incapacité à réduire effectivement la pauvreté, mais ce constat déplorable et assumé par le chef de l’Etat, imposait à ses yeux des mesures urgentes à savoir : la réorientation immédiate du deuxième DSRP de Djibouti vers la réduction impérieuse et courageuse de la fracture sociale ainsi constatée, à travers un accent particulier mis sur l’amélioration des Services Sociaux de Base et le renforcement des capacités des pauvres. Cette volonté du Chef de l’Etat s’est d’abord traduite par le changement de dénomination pour la deuxième génération de notre DSRP qui s’appelle désormais, l’Initiative Nationale pour le Développement Social : INDS, lancée en janvier 2007. Pour éviter la surprise et le paradoxe constatés seulement à la fin du premier DSRP, le Chef de l’Etat a aussi mis l’accent sur la nécessité d’une meilleure coordination des actions de Lutte Contre la pauvreté et surtout l’importante question du Suivi Evaluation, qui seront désormais de la responsabilité d’une entité bien définie qu’il a créée lors du dernier remaniement ministériel.. Voilà en quelques mots la justification de la création du Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale près du Premier Ministre.

Pour ceux qui croient ou pourraient penser que le Secrétariat d’Etat est une structure redondante, j’ai l’habitude d’utiliser une imagerie que je vous prie à présent d’examiner avec moi…

Considérons le processus de Développement de Djibouti comme un long train composé de 22 wagons, devant transporter toute la population de Djibouti vers une destination commune qu’est le bonheur, la paix, la sécurité et l’épanouissement social. Le tout premier Wagon du train est occupé par le Président de la République. Il décide seul du nombre de Wagons requis et du rôle de chaque Wagon. Il est le pilote en chef du train et l’INDS est sa Feuille de Route, qui le guide et qu’il consulte régulièrement. Le deuxième Wagon est occupé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement et copilote du train. Il est régulièrement consulté par le Pilote car en contact permanent avec les 19 wagons suivants que sont les 19 départements ministériels centraux et / ou sectoriels. Les 19 départements ministériels ont chacun leur mission et rôles spécifiques au service de la population dans son ensemble, tout au long du voyage vers le bonheur, le développement et la paix. Il y a huit (8) principales stations que l’on peut considérer comme les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement. Certaines stations secondaires existent également sur le trajet et sont desservies en cas de besoins ou si le pilote ou le copilote le décident …. Le train a une trajectoire circulaire et doit faire autant de tours que nécessaires pour que le dernier djiboutien parvienne à la même destination que tous les autres, quelques soient ses moyens et ses caractéristiques individuelles spécifiques. Chaque tour effectué par le train, dure six années, c’est-à-dire la durée d’un mandat présidentiel et la Feuille de Route est élaborée et mise à jour périodiquement tout au long du trajet, à travers des DSRP, et maintenant, l’INDS. Chacun des 19 Wagons centraux ou sectoriels élabore également une feuille de route sectorielle correspondant à sa politique sectorielle ou thématique, et qui lui permet d’être en phase avec la Feuille de Route Centrale. A la gare d’embarquement ou tout au long du trajet et compte tenu des différences sociales inhérentes à la vie, à la société ou à la nature humaine, certains djiboutiens n’ont pas, au départ, les moyens nécessaires pour s’acheter le ticket du train, même le moins cher; d’autres, n’ont pas assez de force pour monter dans les wagons, quand bien même ils auraient le ticket, tellement ils sont affaiblis par les maladies et les problèmes sociaux ; d’autres enfin, sont maladroitement éjectés du train lors des bousculades aux différentes stations principales ou secondaires. Les différents tours effectués par le train depuis 1999, ont sans aucun doute, permis d’améliorer substantiellement les conditions de vie de plusieurs milliers de djiboutiens, mais, sans que les chefs des 19 wagons centraux et sectoriels aient démérité et pour des raisons qu’il me serait trop long à détailler ici, on a malheureusement constaté que plus de 40% de la population n’ont toujours pas pu monter dans le train, malgré la bonne volonté des uns et des autres. Devant ce triste constat, le Président de la République, qui a la responsabilité ultime de conduire tout le monde à bon port, a eu l’idée de créer un vingt deuxième wagon, le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale, dont le rôle est, non pas de se substituer aux tâches des départements ministériels centraux et sectoriels, mais d’offrir aux laissés pour compte et aux défavorisés, la chance de rejoindre les autres à l’issue du voyage, à bord du wagon Numéro 22…… dans lequel leur conditions spécifiques sont étudiées et prises en compte, en concertation avec les responsables des 19 wagons sectoriels. Ces 40% sont composés de jeunes diplômés sans emplois, de jeunes déscolarisés, des apprentis, des filles mères, des enfants de rue, des femmes seules et démunies, des handicapés, des personnes âgées sans soutien etc.
Autrement dit, le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale est une structure transversale qui complète l’action des Ministères sectoriels et centraux, sans aucune prétention de se substituer à leur mission et prérogatives classiques. A ce titre, nous travailler de concert avec tous les départements pour soulager les franges de notre populations exclues, défavorisées et vivant dans l’extrême pauvreté et la précarité. Quelques chevauchements inéluctables interviennent de temps en temps mais la concertation permanente et la compréhension mutuelle nous permettent d’éviter les frictions, ce qui fait que je puis vous assurer que tout se passe bien jusqu’ici avec mes collègues des autres départements.

Excellence Monsieur le Président de la République,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs et Mesdames les Ministres
Honorables Députés
Chers Invités
Chers Compatriotes,

Le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale outre une équipe centrale de conseillers rompus à la tâche, est appuyé dans ses actions par deux institutions sous tutelle, à savoir l’Agence Djiboutienne pour le Développement Social (ADDS) et le Programme de Développement de la Microfinance et des MicroEntreprises (PDMM).


En outre, la politique nationale de la solidarité et de lutte contre l’exclusion fait intervenir des structures et institutions, telles que l’ Union Nationale des Femmes Djiboutiennes (UNFD), le Diwan El Zakat et le Ministère des Affaires Religieuses et des Biens Wakfs. C’est le bilan des actions de ces différentes structures ou composantes que je me permets à présent de vous présenter.

D’abord dans quel contexte le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale a-t-il opéré ?

Djibouti a enregistré au cours des cinq dernières années une hausse dramatique de la pauvreté des individus, l’incidence passant respectivement, de 45,1 % à 74,0 % pour les pauvres relatifs, et de 9,6 % à 42,1 % pour les pauvres extrêmes.

Ceci confirme le caractère structurel et massif de la pauvreté à Djibouti. Les résultats d’enquête montrent également que la pauvreté est généralisée ; elle touche toutes les zones géographiques et toutes les catégories sociales.

En termes de concentration, c’est la ville de Djibouti qui abrite le plus grand nombre de pauvres, avec une proportion de 65,2% et 57,4% respectivement pour la pauvreté relative et extrême.

C’est dans les quartiers périphériques des zones urbaines que se trouve la plus grande concentration de pauvres.

Les arrondissements 4 et 5 (qui représentent 41,8 % de la population totale) contribuent à eux seuls pour 51,1 % de la pauvreté extrême globale et 47,1 % de la pauvreté relative des individus.

Contrairement aux autres pays d’Afrique, la pauvreté à Djibouti est d’abord un phénomène urbain qui renvoie à un contexte spécifique marqué par la petite dimension du pays et sa forte urbanisation, l’absence d’un secteur rural important, les conflits et les migrations.

Mais c’est en zone rurale que le phénomène prend des allures de catastrophe avec une incidence de la pauvreté relative pouvant approcher 95 %, tandis que plus de trois ruraux sur quatre vivent dans l’extrême pauvreté.

L’incidence de la pauvreté et de l’extrême pauvreté est très forte dans les quatre districts de l’intérieur. Ceux-ci comptent pour 33,5% dans la pauvreté globale et 45,1% dans la pauvreté extrême pour un poids démographique de 27,1%.

Les différentes actions menées se présentent comme suit :

Au niveau de l’ADDS

L’Agence a bouclé au cours de l’année 2008, le montage procédural, juridique et financier de plusieurs projets destinés à améliorer les conditions de vie des populations pauvres de Djibouti.

Elle a en outre mis en place tout le dispositif opérationnel et technique pour le démarrage effectif des projets, programmes et activités génératrices de revenus.

FONDS DE SOLIDARITE NATIONALE – PROGRAMME D’INVESTISSEMENTS



Point de différents Projets et Programmes de l’ADDS financièrement bouclés en fin 2008



Au niveau du PDMM

Le PDMM a démarré ses activités opérationnelles en mars 2008. Son bilan chiffré au 31 décembre 2008 se présente comme suit :

 

 

 

 

 

 



Au niveau de l’Union Nationale des Femmes de Djibouti (UNFD)

L’Union Nationale des femmes Djiboutiennes est une organisation non gouvernementale, créée le 30 avril 1977, l’année de l’indépendance du pays.

Sa principale mission vise la promotion du statut de la femme dans la société, en vue de son intégration dans le processus de développement.

Cette institution est au service de la promotion des droits de femmes Djiboutiennes, pour faire évoluer les conditions d’existence des femmes dans notre pays.

L’UNFD s’est fixée comme objectifs de lutter contre les obstacles pouvant ralentir ou freiner cette évolution, à savoir l’analphabétisme, la pauvreté, le manque de formation professionnelle, la violence etc.

En outre, la première Dame du pays, par le biais de son rôle de Présidente de cette institution œuvre constamment pour améliorer au quotidien le bien être des femmes Djiboutiennes en luttant contre l’analphabétisme, les MGF, et la lutte contre la pauvreté par le biais du microcrédit.

Cette organisation ne ménage ses efforts pour apporter des soutiens à toutes couches défavorisées et défendre leurs droits.

Il existe plusieurs commissions au sein de l’UNFD telles que :

- La commission alphabétisation
- La commission santé
- La commission lutte contre la pauvreté
- La commission agriculture et environnement
- La commission femmes d’affaires
- La commission artisanat/culture/jeunesse
- La commission juridique et droits de l’homme
- La commission formation continue
- La commission relation avec les districts de l’intérieur
- Et la commission affaires sociales

Dans le domaine de la lutte contre la pauvreté, la commission création d’activités génératrices des revenus propose aux jeunes filles déscolarisées, n’ayant pu suivre l’enseignement général, l’apprentissage de métiers comme la couture, la broderie ou la cuisine.

Ensuite l’octroi des Microcrédits aux personnes, ayant difficilement accès aux services bancaires privés. Ces crédits entre 50.000 FDJ et 500.000 FDJ permettent aux bénéficiaires de développer une activité génératrice de revenus leur permettant de sortir de la précarité.

La caisse populaire d’épargne et de crédit (CPEC) créée en septembre 2008 est abritée par l’UNFD, et fonctionne sur la base d’un partenariat entre plusieurs associations nationales et grâce à l’appui technique et financier de l’ADDS.

Depuis son démarrage, la CPEC a octroyé 1.500 crédits et recueillis l’épargne de 2.500 clients.

Au niveau de la Diwan Az Zakat

La fondation « Diwan Az Zakat », créée par décret en juillet 2004, est un organisme indépendant qui œuvre dans la lutte contre la pauvreté et le développement de la société à travers des outils propres comme la collecte de la Zakat et des aides, et son emploi selon la Charia et conformément aux décisions du Conseil avec l’aval du Comité de Fatwa.

Les principales activités réalisées par la fondation :

- La collecte de la Zakat qui a débuté officiellement en 2005 avec un montant de 21. 838. 477 FDJ.

- Des campagnes de sensibilisation des « zakataires », par les canaux de communication et par des visites de terrain ont été entreprises.

Ainsi, la fondation a fait évoluer la collecte de la Zakat qui a été respectivement de :
- 51 millions en 2006 ;
- 96 millions en 2007 ;
- 91 millions en 2008 (chiffre provisoire car la collecte de la Zakat 2008 continue encore).

- La distribution de la collecte de la Zakat conformément à la Charia.

Le Conseil approuve chaque année les bénéficiaires de la Zakat sur proposition du comité de fatwa.

Le 14 janvier 2008, la fondation a procédé à la distribution de la Zakat de l’année 2007 d’un montant de 96.279.417 FDJ.

Plus de 5.861 personnes ont bénéficié de cette Zakat et se répartissent de la manière suivante :

- 50,5 % aux orphelins
- 21,05 % aux personnes âgées
- 7,95% aux handicaps
- 6 % aux veuves
- 12,5% aux employés de la Zakat
- 2 % aux dépenses de fonctionnement

- La fondation a procédé à la réalisation des activités de bienfaisance (programmes de rupture de jeûne et de zakat al-Fitr du fonds de la zakat du Qatar dont ont bénéficié plus de 1.500 familles pauvres).

- La construction du futur siège de la fondation et d’un hangar de dépôts de vivres avec la contribution du Ministère du Waqf du Qatar et de la maison du Zakat du Koweit.

- La mise en place des projets de développement en 2008, tels que la formation en informatique de 44 orphelins et de la formation en conduite de 22 jeunes issus des familles pauvres.

- La mise en place des projets générateurs de revenus, tels que les projets des cabines téléphoniques pour les handicapés, et des projets pour les familles capables d’exercer des activités (vente au détail des produits divers, de la viande, des fruits et légumes et de pain). Plus de 120 familles pauvres bénéficieront de ces petits projets.

- Le programme de parrainage des orphelins.

Le Président de la République a lancé le programme de parrainage le 30 mars 2007.

Pour la première année la fondation a collecté la cotisation de parrainage pour un montant de 31.680 000 FDJ et 528 orphelins ont été parrainés en 2008.

La fondation œuvre à se doter des propriétés de Waqf qui généreraient des revenus, et donc lui permettraient une certaine autonomie.

Dans cette optique, la fondation a acquis des parcelles de terrain d’une superficie totale de 32.000 m².

L’Initiative Nationale pour le Développement Social (INDS)

Lancée en Janvier 2007, l’INDS est rentrée dans sa phase opérationnelle en 2008 avec la création du Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale en mars 2008. Elle comporte quatre axes stratégiques à savoir :

i) Croissance, Stabilisation Macroéconomique et Compétitivité ;
ii) Promotion de l’Accès aux Besoins Sociaux de Base ;
iii) Lutte Contre la Pauvreté, l’Exclusion et Poursuite des OMD ;
iv) Gouvernance, démocratique, économique, financière, administrative et locale.

Dans le cadre de l’opérationnalisation de l’INDS, le SESN a accompli plusieurs tâches et a procédé, en collaboration avec les départements sectoriels, à l’évaluation brute des besoins financiers globaux requis pour la mise en œuvre de l’INDS.

Tableau Synoptique de l’Exécution opérationnelle du projet d’Appui à l’INDS en 2008


Tableau Synoptique de l’Exécution opérationnelle du projet d’Appui à l’INDS-2


 

Synthèse des Besoins Financiers Bruts de l'INDS PAR AXE STRATEGIQUE, en milliers de FDJ


iii) Les Perspectives

L’INDS fixe des priorités majeures :

i) la promotion de l’accès aux services sociaux de base ;
ii) la restructuration de l’appareil productif national ;
iii) l’assistance aux personnes en grande vulnérabilité.

L’INDS doit être fondée sur les principes de bonne gouvernance politique, sociale, économique et financière.

L’INDS, qui impliquera pleinement l’ensemble des acteurs (Administration, Elus, Société civile, Secteur privé, Bailleurs de fonds, etc.), se situera sans nul doute, dans le cadre de sa mise en œuvre pour la période 2009-2012, dans un contexte de ruptures avec les stratégies adoptées dans le passé et de dualisme inéluctable où il faudra :

- D’une part, combler le gap en infrastructures de base des zones déshéritées, rétablir l'équilibre territorial en matière d'infrastructures de base, mettre en œuvre une politique active de l’emploi axée sur le renforcement de la formation professionnelle et améliorer le cadre de vie des populations défavorisées.

- D’autre part, répondre aux exigences et règles que dictent la mondialisation qui ont pour corollaire la recherche d’une forte productivité du travail et d’un fort profit, l’adoption d’une échelle de production et une division technique du travail plus prononcée du fait d’une dotation accrue de capital, le développement accéléré des infrastructures économiques, l’accélération du processus d’intégration régionale et d’ouverture du marché national en favorisant en particulier l’implantation des sociétés régionales et transnationales..

En plus de ces défis, l’INDS sera mis en œuvre dans un contexte marqué de contraintes majeures :

- un environnement économique mondial défavorable (crise née de la flambée des prix du pétrole et de certaines denrées alimentaires de première nécessité) ;
- une grande vulnérabilité aux chocs exogènes, avec des sécheresses chroniques et récurrentes ;
- une grande dépendance vis-à-vis des importations ;
- et un flux continu de réfugiés fuyant les conflits dans la sous région.

Enfin, la réussite de l’INDS passera par la pleine implication de l’ensemble des acteurs du développement :

- Administration,
- Elus,
- Société civile,
- Secteur privé,
- Populations,
- Bailleurs de fonds.

La mobilisation effective de leurs énergies, dans le cadre d’un partenariat nouveau, permettra de relancer les efforts de développement économique et social du pays.

Une augmentation sensible de l’aide publique au développement (APD) fournie par les bailleurs de fonds sera nécessaire. Cette APD comprendra à la fois les concours financiers et l’assistance technique.

En ce qui concerne les programmes ciblés de lutte contre la pauvreté, il s’agira, en plus des efforts prévus dans le cadre des autres axes stratégiques de l’INDS, d’accorder une attention toute particulière à la mise en œuvre d’actions ciblées, spécifiques et intégrées destinées :

i) à assurer l’accès des plus pauvres aux services de base,
ii) à promouvoir des activités génératrices de revenus et d’emplois (AGRE) dans leur sphère,
iii) et à mettre en place des filets de sécurité pour les plus démunis.

L’accès des plus pauvres aux services de base sera favorisé par une série de mesures spécifiques qui viendront en complément de celles prévues au niveau des autres axes de l’INDS.

Il s’agira en particulier de trouver des solutions innovantes qui tiennent compte des spécificités des zones les plus défavorisées du pays.

Ces solutions pourraient inclure :

- la formation d’auxiliaires de santé issus de ces zones, qui pourraient prodiguer les conseils et les soins de base et assurer le suivi de l’état de santé et l’alerte en cas de situation difficile,
- la mise en place de dispensaires ambulants qui passeraient à intervalles réguliers dans ces zones,
- l’adoption du système de classes « multi-niveaux » dans l’enseignement primaire,
- la fourniture de l’énergie solaire (ou éolienne) pour permettre notamment le pompage de l’eau, l’éducation des adultes et le soutien scolaire, le soir, dans les salles de classe,
- la promotion de l’accès à un habitat décent, construit à partir des matériaux locaux et faisant appel, pour la main d’œuvre, à la solidarité entre les villageois.

En ce qui concerne les activités génératrices de revenus et d’emplois, elles partent du constat que les populations très pauvres souffrent non pas d’un manque de potentialités propres, mais plutôt du fait que l’environnement qui leur est accessible ne leur offre pas de possibilités d’exprimer pleinement leurs potentiels.

En réponse à cette situation, l’approche préconisée prévoit un traitement différencié selon qu’il s’agisse de l’extrême pauvreté en milieu rural et ou de l’extrême pauvreté en milieu urbain.

En milieu rural, les AGRE seront largement basées sur les opportunités qu’offrent l’agriculture, l’élevage et la pêche artisanale.

Dans ce cadre, les interventions comprendront pour ce qui est de l’agriculture :

i) l’appui à l’émergence de coopératives, notamment féminines,
ii) l’aménagement de superficies cultivables,
iii) l’accès à l’eau et aux semences améliorées,
iv) le conseil en matière de production agricole,
v) l’assistance dans la commercialisation de la production.

En matière d’élevage, il s’agira de mettre en œuvre une phase pilote d’un programme d’octroi de petits ruminants aux familles les plus démunies pour leur assurer un élevage de subsistance.

De plus, des parcs de vaccination et des points d’eau seront mis en place.

En ce qui concerne la pêche artisanale, les efforts viseront notamment :

i) l’acquisition ou la réhabilitation des pirogues,
ii) la fourniture des filets,
iii) la conservation et la commercialisation de la production.

En milieu urbain, les interventions tiendront également compte des spécificités de ce milieu et des opportunités qu’il offre. Elles comprendront notamment :
i) la formation professionnelle dans le tissage, la broderie, la coiffure et les autres métiers urbains (maçon, menuisier, plombier, etc.),
ii) ii) l’octroi de micro-crédits destinés à l’acquisition de l’outillage pour les personnes ayant bénéficié de la formation professionnelle et au financement de projets porteurs,
iii) l’appui à l’émergence de coopératives, notamment féminines.

Pour ce qui est des filets de sécurité, ils concernent les populations les plus démunies, comme les enfants de la rue, les déplacés et les nomades, pour lesquelles des actions spécifiques étaient pourtant prévues dans le premier DSRP, mais elles n’ont pas été exécutées de manière satisfaisante.

La priorité du Gouvernement, pour les enfants de la rue, est axée sur :
i) la protection juridique des enfants,
ii) la mise en place d’un programme de protection sociale, comprenant l’hébergement, l’accès aux soins et à l’éducation et l’assistance socio-psychologique pour les enfants en difficulté,
iii) la formation et l’appui à l’insertion pour les enfants en âge de travailler.

La stratégie d’assistance aux nomades, quant à elle, comprend :
i) des programmes d’hydraulique pastorale et de santé animale dont l’objectif est de sécuriser et de valoriser le cheptel,
ii) la création de périmètres fourragers,
iii) l’aide alimentaire,
iv) l’accès aux infrastructures de base (éducation, santé, eau potable, etc.), dans le cadre d’une politique de semi-sédentarisation.

En ce qui concerne les déplacés, les interventions porteront sur :
i) l’assistance alimentaire,
ii) l’accès aux services sociaux de base (éducation, santé, eau potable, etc.),
iii) la recherche d’une solution définitive à ce problème.








c) Djibouti et les Objectifs du Millénaire pour le Développement

Le Gouvernement reste très engagé à poursuivre les progrès réalisés au cours de dix dernières années et réaffirme sa volonté de mener le pays vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en 2015. Ainsi, grâce aux effets conjugués de l’action gouvernementale et de l’appui de nos partenaires Techniques et Financiers, Djibouti a obtenu, par rapport aux OMDs les résultas ci-après :

Situation et Projection Objectifs du Millénaire pour le Développement
 



À l’horizon de 2015 et au-delà, il ne fait pas de doute que l’atteinte des objectifs ultimes exigera un effort indéfectible, collectif et de longue durée.

Les politiques publiques s’inscriront désormais dans cette perspective :

- Réduction de l’incidence de la pauvreté extrême et celle de la pauvreté relative,
- Augmentation substantielle de la croissance économique,
- Augmentation du Taux Brut de Scolarisation à 83% dans le Primaire et à 61% dans le Secondaire, tout en réduisant les disparités de genre et les disparités spatiales,
- Réduction du Taux de Mortalité Infantile à 60‰ naissances vivantes,
- Réduction du Taux de Mortalité Infanto-Juvénile à 80‰ naissances vivantes
- Réduction du Taux de Mortalité Maternelle à 400 pour 100.000 naissances vivantes, etc.

Ainsi, pour l’horizon 2009-2012, les autorités de Djibouti se proposent de mettre en place un véritable plan d’actions ciblées en matière de promotion et d’accès aux services universels de base.

Le Gouvernement de Djibouti prévoit de réunir très prochainement, l’ensemble de ses partenaires au développement, avec l’appui de la Banque mondiale, afin d’obtenir le plein engagement et de mobiliser les énergies et les ressources nécessaires à la mise en œuvre de l’INDS pour la période 2009-2011, et pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement en particulier.

Excellence Monsieur le Président de la République,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs et Mesdames les Ministres
Honorables Députés
Chers Invités
Chers Compatriotes,

Voilà en quelques mots et pages, la modeste contribution du Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale. Le présent séminaire sur l’Action Gouvernementale, qui se tient pratiquement au premier anniversaire de mon département sera l’occasion pour nous de mieux cibler nos actions et interventions afin d’être plus efficace au service de l’ensemble des département ministériel et surtout de la population djiboutienne.


Mohamed Ahmed Awaleh
Secrétaire d’Etat à la Solidarité Nationale.