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ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

À L'OCCASION DE L'ANNIVERSAIRE DE L'INDÉPENDANCE

Le 27 juin 2000

 

Madame et Messieurs les membres du Gouvernement,

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,

Messieurs les membres de l'Assemblée Nationale,

Madame et Messiers les Ambassadeurs, Consuls et Consuls Honoraires,

Messieurs les représentants des Corps Constitués Religieux, Civils et Militaires,

Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

Mes chers compatriotes,

 

En cette journée où nous célébrons la fête de la Nation Djiboutienne, je formule à l'endroit du peuple djiboutien mes vœux de bonheur, de santé, de longévité et de prospérité.

J'adresse les mêmes vœux à toutes les communautés étrangères qui résident dans notre beau pays.

Je voudrais rendre hommage à la mémoire de nos martyrs qui ont sacrifié leur vie et leur liberté en tombant au champ d'honneur pour défendre notre indépendance et notre intégrité territoriale.

Je prie DIEU, que son Nom soit exaucé, de les accueillir aux côtés des prophètes, des apôtres et des Saints.

Mes chers compatriotes,

Notre pays n'a eu de cesse d'adopter le dialogue comme méthode d'examen des questions intéressant notre société et comme moyens de rapprochement des différents intérêts de notre communauté Nationale.

Comme chacun le sait, depuis que j'ai été investi de la conduite des affaires de notre peuple, pour consolider ses fondements, je l'ai appelé afin que le dialogue s'intensifie entre ses différentes potentialités politique, économique et sociale.

C'est dans cet esprit et convaincu que personne ne détient à lui seul la vérité et que le consensus et non l'antagonisme est le meilleur moyen de préserver le tissu social, que je continue d'inscrire ma démarche.

En conformité avec les enseignements de notre Sainte Religion qui, depuis quinze siècles, a consacré l'importance du travail pour assurer les moyens de subsistance aux humains, appelé à la solidarité sociale et en a fait une obligation, tant pour l'individu, la famille et pour la communauté.

Sur la base de ces principes qui ont permis au dialogue social de devenir partie intégrante de nos traditions consacrées, le gouvernement et nos frères du Frud-Armé ont engagé dans la concorde et sans passion, les discussions sur l'accord-cadre du 7 Février 2000.

Et au regard de la convergence qui se manifeste quotidiennement, nous espérons aboutir bientôt à une vision unifiée des solutions appropriées à l'avenir de notre peuple, tant par leur ampleur que par leur nature.

Mes chers compatriotes,

Notre pays est frappé par la sécheresse. Malgré son caractère endémique, cette calamité tend à prendre une tournure dramatique en mettant en péril plus de 150.000 de nos citoyens.

Bien que notre appel à la solidarité internationale fût lancé assez tôt, nous observons une réponse tardive.

Néanmoins, l'État mettra tout en œuvre afin que la distribution des vivres atteigne toutes les localités.

Mesdames et Messieurs,

En cette journée de fête, je tiens à rendre hommage le peuple Djiboutien pour le sacrifice consenti dans l'unique but de voir son peuple frère Somalien se réconcilier avec lui-même.

Par la grâce de DIEU, il règne aujourd'hui un optimisme alors que nous nous rapprochons de l'objectif jusqu'ici insaisissable d'une paix durable et globale au sein du peuple Somalien.

Implorons le Très Haut pour raffermir les pas de nos frères Somaliens, d'affiner leur volonté et de leur accorder davantage de patience et de résolution pour édifier leur patrie.

Mes chers compatriotes,

A l'aube de ce 3ème millénaire, le monde connaît une dynamique de changement.

Y faire face, ces mutations obligent toutes les sociétés à rechercher les moyens adéquats.

Aussi, en alliant la réflexion à l'action, en prenant appui sur notre culture qui réunit dans un esprit de dialogue, de solidarité et de concertation l'ensemble des composantes de notre communauté nationale, notre pays se positionne pour mettre en œuvre les reformes appropriées.

Ces réformes ont pour force motrice la valorisation de notre capital humain, préalable à toute vision stratégique de l'avenir en raison de l'effet qu'elle produit sur l'épanouissement de notre population et sur la compétitivité de nos secteurs économiques.

Pour ces principales raisons, il est devenu nécessaire de repenser notre système actuel d'enseignement et de formation, afin de capitaliser les nombreux efforts investis dans ce domaine et de préparer des générations futures d'enfants ayant achevé le cycle de leurs études et formant de jeunes adultes qualifiés et mieux préparés à la vie active.

C'est ainsi que nous comptons engagé, dès cette année les recommandations des états généraux de l'éducation et ouvrir les portes de notre Université car je suis convaincu que notre pays plus tôt il intégrera et plus tôt il maîtrisera les paramètres technologiques par le développement de son capital humain à travers un enseignement supérieur et technique de haut niveau.

Dans une économie mondialisée, pour augmenter sa force d'attraction et facilité l'afflux, des capitaux, notre pays s'engage dans la promotion d'un réseau intégré d'une vaste infrastructure de base dans tous ses composantes transports, eau, électricité, télécommunications, logements, santé.

Il s'agit d'une entreprise initiée l'année dernière et pour laquelle notre pays a obtenu, le 27 Mai 2000, le financement à hauteur de 196 Millions de dollars des institutions financières Arabes et Islamiques.

Je tiens donc aujourd'hui à remercier particulièrement les responsables de l'exécution de cet ensemble de programme qui va dynamiser avec optimisme ce début de millénaire.

Chers compatriotes,

Parmi les préalables fondamentaux de la stratégie de développement de notre Nation se trouve le consensus social, la mobilisation de tous les membres de la communauté national autour de la défense de l'intérêt national.

Cette cohésion sociale ne peut se faire qu'autour d'un État moderne, jouant le rôle de stratège mettant en œuvre des actions ciblées dans les domaines de services publics et préservant l'égalité de chance des citoyens.

C'est ainsi que l'État porte tout son effort à l'allègement de coût de la vie en abandonnant une grande part des recettes fiscales et lorsqu'il ne peut faire autrement comme l'augmentation du prix des hydrocarbures, il prend les dispositions afin de soutenir la construction de 1000 logements.

Ce jour de fête de l'indépendance de notre pays m'offre l'heureux occasion de rendre hommage à l'action des femmes Djiboutiennes qui est à l'origine du renouveau et de l'évolution de notre société.

Chers compatriotes,

La passion qui a prévalue depuis deux ans contre le respect des règles internationales a conduit le canon tourné entre l'Éthiopie et l'Érythrée.

Ce qui a ramené, à nouveau, dans notre région les cohortes de réfugiés et de personnes déplacées fuyant les zones de guerre.

Comme toujours, notre pays fera face à ses obligations pour soulager les populations déplacées.

Toutefois, après la signature de l'Éthiopie et l'Érythrée des accords pour le règlement du conflit sous l'égide de l'O.U.A., nous devons être confiants pour un retour d'une paix durable qui évite tout retour à la violence.

Je tiens à saluer également le peuple frère Libanais qui a réussi à instaurer définitivement sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire.

Depuis 1972, c'est au prix de beaucoup de sang versé que le peuple Libanais a enfin réussi à faire appliquer toutes les résolutions des Nations Unies.

Au regard de tout ce temps consacré à rechercher la paix dans cette région, Israël doit être définitivement convaincue que la paix est le résultat du droit du peuple Palestinien et de la Syrie à regagner leur droit inaliénable sur le reste de leurs terres occupés.

Je vous remercie de votre attention.