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ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

À L'OCCASION DE L'ANNIVERSAIRE DE L'INDÉPENDANCE

 

Le 27 juin 1999

 

- Monsieur le Premier Ministre,

- Messieurs les Membres du Gouvernement,

- Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,

- Messieurs les Membres de l'Assemblée Nationale,

- Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, consuls et consuls Honoraires,

- Messieurs les Représentants des Corps constitués Religieux, Civils et Militaires,

- Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

- Mes chers Compatriotes,

 

Voici que dans la cohésion et dans la solidarité, dans la paix et dans l'unité, nous célébrons par la grâce du Tout Puissant, l'anniversaire de l'Indépendance de notre Nation.

Nous vivons toujours cet événement majeur de la vie nationale, en plus de sa valeur hautement symbolique, comme le jour privilégié où nous prenons le temps de réfléchir sur le chemin parcouru, d'évoquer nos acquis, nos attentes et les actions à mener pour consolider notre foi en l'avenir de notre Nation.

Nous célébrons également cette journée comme celle de la Mémoire Nationale.

Aussi, je voudrais en cette occasion au nom de la Nation toute entière, saluer pieusement la mémoire de tous nos martyrs, particulièrement, celle de tous les martyrs anonymes tombés sur le champ d'honneur et les remercier pour leur dévouement et leur sens de l'abnégation et du sacrifice qui demeurera à jamais, le levain de notre liberté.

Je prie le Tout Puissant de leur faire grâce de sa sainte miséricorde.

A la jeune génération née après le 27 Juin 1977 et qui a parfois quelque mal à appréhender cette période de lutte, j'aimerais lui dire que la liberté de son peuple et de sa liberté d'aujourd'hui, ne résulte pas d'un présent.

Si nous pouvons parler de cadeau, il ne peut s'agir que de celui fait par ces hommes et ces femmes, ces patriotes qui nous ont livré par leur sacrifice trois clés pour émanciper notre peuple : l'Unité, la Liberté, la Fraternité.

L'Unité ne se décrète pas, elle se conquiert. L'Unité est une dimension qui se réduit si on ne l'occupe pas. Si parfois elle semble fragiliser, elle n'est jamais aussi puissante que lorsque quelqu'un se risque à en nier l'existence.

Pour notre jeune génération, si la notion de liberté semble, aujourd'hui, couler de source et s'impose comme une évidence, c'est que par leur sacrifice, ces martyrs anonymes de l'indépendance de notre Nation ont écrit des lettres de sang la charte de nos droits élémentaires.

Par leur sacrifice, ils nous rappellent que la liberté est exigeante et nous contraint à un labeur toujours recommencé et une veille perpétuelle sur nos devoirs.

Quant à la fraternité, cette solidarité qui rend possible notre Unité et notre Liberté et nous permet d'atteindre la cohésion et de trouver la volonté collective d'avancer, elle nous invite à nous épauler constamment dans l'effort et à célébrer ensemble le chemin parcouru.

Ainsi, Chers compatriotes, cette indépendance que nous célébrons aujourd'hui a été obtenue grâce à un long et difficile combat mené par des hommes et des femmes conscients d'appartenir à une nation dont l'identité n'a pas été inventée ; des hommes et des femmes décidés de partager un patrimoine de valeurs communes et de jouir simplement du goût de vivre ensemble.

Chers compatriotes,

En cette période où nous sommes à la fois les acteurs et les témoins des derniers instants d'un siècle annonciateur d'une ère de toutes les possibilités et de tous les espoirs en termes de liberté, de justice, de démocratie, de promotion des droits élémentaires de l'humain, et des richesses mieux partagées entre les peuples, j'aimerais d'abord vous remercier de l'honneur que vous m'avez fait en me confiant la charge de la magistrature suprême.

Ensuite, j'aimerais vous rappeler qu'il nous appartient, par notre cohésion et par notre solidarité de préserver ce qu'une longue histoire commune a tissé de liens inextricables entre nous et permettre à notre pays de conserver sa place dans le concert des nations.

Au demeurant, Chers Compatriotes, nous n'avons pas attendu pour engager le combat et je tiens à renouveler à nos concitoyens qui avaient fait le choix de voter pour mon adversaire de l'époque, à se joindre à nous pour mener ensemble les batailles de notre peuple au cours du siècle prochain.

En effet, compte tenu des enjeux, et telle est depuis toujours ma conviction, personne ne sera de trop pour que nous menions ensemble le combat pour le développement et l'approfondissement continu du processus démocratique digne du génie de notre peuple.

A l'opposition, je l'invite à respecter ce jeu démocratique qui régit notre Communauté et à faire sienne le sens de la responsabilité, de la tolérance et du respect du droit, ces valeurs fondamentales de notre peuple que j'ai fait serment de défendre.

Il me fait plaisir de souligner que les Djiboutiens peuvent être fiers d'avoir su, en particulier ces dernières années, se rassembler pour relever en commun le double défi de l'assainissement et de la consolidation de l'économie de notre pays.

Au moment où grâce à notre consensus et à l'effort entrepris, nous nous apprêtons à accélérer le processus de l'émergence d'un environnement de croissance, je tiens, chers compatriotes, à vous rendre hommage, pour l'esprit de dépassement dont vous n'avez cessé de faire preuve.

Cette journée de la fête de l'Indépendance est l'occasion de rappeler qu'il n'y a de croissance saine qu'équilibrée et qu'il ne saurait être question d'économie sans conscience sociale.

C'est pourquoi, j'ai demandé au gouvernement de mettre rapidement en place une politique active et volontariste d'aménagement du territoire qui permette l'épanouissement de chaque Djiboutien sur son lieu de vie et au sein de sa communauté de base.

J'ai demandé également au gouvernement de tout mettre en œuvre pour améliorer notre Gouvernance par l'organisation de concertation sur la qualité du service public, par l'adoption d'une nouvelle culture d'organisation de l'administration basée sur la simplification des procédures et conforme à mon souci de transparence.

Les autres secteurs économiques font également l'objet d'ambitieux plans de restructuration et de développement. Le Gouvernement a engagé des investissements d'appui à la production en conformité avec nos priorités en matière d'infrastructures. De même, il poursuivra ses efforts pour augmenter les recettes de l'État et maîtriser les dépenses publiques.

L'autre grand chantier de l'action publique est le renforcement des infrastructures de base pour lesquels les investissements majeurs nous permettront de répondre à toutes les formes de demandes sociales.

L'objectif de notre effort étant toujours l'édification d'une société ouverte et où règne la cohésion et la solidarité.

En travaillant sur la base d'un partage entendu des responsabilités entre le secteur public et le secteur privé, et à la faveur des privatisations, l'État se retirera progressivement de l'appareil de production, au profit du secteur privé.

Cela permettra à l'État de consacrer ses actions à la viabilisation de l'environnement global et à la mise en place d'infrastructures et de services sociaux de base.

Au total et malgré des difficultés d'ordre structurel, notre économie donnera bientôt un bien meilleur visage comme le montre le retour de la confiance et le soutien de plus en plus marqué de la part de nos partenaires au développement.

Ce programme qui s'inscrit dans le cadre de la construction de notre avenir ne peut se réaliser qu'avec le talent de notre jeunesse. C'est pourquoi l'éducation et la formation constituent une de mes premières priorités.

C'est dans cet esprit que j'invite le Gouvernement, tout en conciliant équité et excellence, à mettre en œuvre les passerelles indispensables au rajeunissement de l'administration civile et militaire.

Néanmoins, notre consensus autour de nos objectifs et la mobilisation de nos énergies ne suffiront pas pour nous permettre d'avancer si nous ne restaurons pas le civisme, la discipline nationale et le dépassement au service de l'intérêt national.

Chers Compatriotes,

Si l'approche du nouveau millénaire est vécue par les hommes avec un regain d'optimisme, cette fin de siècle demeure marquée, dans notre région notamment en Somalie, par des convulsions et des déchirements douloureux.

Fidèle à son attachement aux idéaux de paix, de justice et de liberté, la république de Djibouti continuera de traduire par des actes concrets sa solidarité de cœur et d'esprit avec ses pays frères et voisins.

Je vous remercie.