Remonter

 

Discours du Président de la République

A l'occasion de la Fête de l'Aïd-El-Fitr 

 

27 décembre 2000

 

 

Louange à Dieu, Seigneur des Mondes, Le Clément

Prière et Salut soit sur Son Prophète

 

Mesdames et Messieurs,

C'est avec un grand plaisir que nous célébrons, en ce jour béni, la fête de l'Aïd-el-fitr, à l'instar des autres pays musulmans dans le monde entier après que Dieu, le Miséricordieux nous ait comblés de ses bienfaits et nous ait aidé d'accomplir ce devoir qui est le jeûne du mois béni du Ramadan tout en nous livrant à la piété et à la prière nocturne. 

Il m'est agréable, à cette heureuse occasion, de vous présenter à vous tous, mes frères et sœurs, fils de ce beau pays, et à tous mes frères musulmans mes meilleurs vœux et mes vives félicitations en implorant le Très-Haut, le Clément d'accepter notre jeûne, notre prière et nos bonnes oeuvres tout en souhaitant que cette heureuse occasion reviendra une autre fois alors que la communauté musulmane ait réalisé la grandeur, la gloire et la prospérité auxquelles elle aspire.

 

Mesdames et Messieurs,

Ce que nous pouvons inférer de ce culte sacré du mois du Ramadan que nous venons de saluer son départ, c'est qu'il nous enseigne beaucoup de leçons et de règles morales. Tout d'abord, il nous aide à développer en nous l'ascension du sens de la vertu, le développement optimum de l'âme et l'affermissement de l'esprit de solidarité et du partage social entre les fils du peuple. Il incite les gens aisés à aider leurs frères qui souffrent de la précarité et qui se trouvent dans un état nécessiteux.

C'est aussi une aubaine pour tout un chacun de fortifier son énergie spirituelle afin de se donner davantage aux bonnes oeuvres charitables et aux actes généreux d'abnégation au profil de son pays et de sa nation. Ce faisant, nous devons maintenir et profiter de cet aspect avantageux d'ordre spirituel que nous lègue le mois béni du Ramadan. Et ce, afin de consentir encore plus d'efforts et de travail pour développer nos ressources et diversifier les facteurs qui sont générateurs de revenus.

 

Mesdames et Messieurs,

Nous tenons à saluer, à partir de cette tribune, l'accord de paix signé à Alger entre l'Éthiopie et l'Érythrée pour mettre fin à l'état de guerre et pour restaurer la paix et la stabilité dans la sous-région. Nous félicitons, à cet effet, les dirigeants des deux pays frères, l'Éthiopie et l'Érythrée, pour cet exploit historique que nous avons tant attendu.

Je ne saurai oublier de rendre un vibrant hommage au rôle joué par l'un des fils braves de l'Afrique en l'occurrence notre frère, S.E.M. Abdoulaziz Bouteflika, Président de la République algérienne en sa qualité de représentant de l'Organisation de l'Unité Africaine pour les efforts titanesques déployés pour convaincre les deux parties à cesser le feu et mettre fin aux hostilités afin de trouver une solution négociée censée d'amener la paix entre les deux pays frères. C'est ainsi que l'OUA a fait ses preuves comme un instrument capable de contenir les conflits et résoudre les problèmes qui peuvent surgir entre les États membres. Cela constitue, en effet, l'une des victoires retentissantes de notre organisation panafricaine.

En tirant le rideau sur cette guerre destructrice entre l'Éthiopie et l'Érythrée et l'avènement de la Somalie sur la scène internationale après le succès enregistré lors de la Conférence de Paix d'Arta qui a donné naissance aux institutions étatiques dans ce pays disloqué depuis dix ans durant, la région de la Corne de l'Afrique qui jouit de ses ressources naturelles et qui n'a pas connu la stabilité depuis des décennies, se trouve maintenant dans une situation lui permettant de savourer la vie de paix et de sécurité, tout en consacrant ses potentialités matériels et humaines à mettre en oeuvre les stratégies de développement et à créer les conditions sine qua non de l'intégration économique dans le but de promouvoir un partenariat réel entre les États et les peuples de la Corne.

 

Mesdames et Messieurs,

Notre joie manifestée à l'occasion de l'Aïd  ne doit pas obnubiler la tragédie que vivent nos frères, les enfants de l'Intifada de la Mosquée Al-Aqsa en Palestine occupée. Ces enfants désarmés affrontent la machine de guerre de l'entité sioniste avec ferveur et foi marquant chaque jour la volonté inébranlable des enfants de la pierre en face des armes sophistiquées, des blindés et des avions qui détruisent nuitamment les maisons des Palestiniens afin de les astreindre à mettre fin à cette Intifada bénie de la Mosquée Al-Aqsa.

En dépit des moyens répressifs et inhumains, et le blocus quotidien décrété par les Israéliens dans les villes et les villages palestiniens pour les pousser à se rendre. Tout cet arsenal de guerre contre un peuple désarmé n'a pas influencé la position de ces enfants qui luttent avec acharnement contre le terrorisme d'État qu'incarne Israël. Chaque jour des martyrs tombent sur le champ de la gloire. C'est avec cet esprit stoïque que le peuple palestinien entend continuer son insurrection.

A cet égard, les pays arabo-islamiques doivent soutenir ce militantisme palestinien et exercer des pressions sur la communauté internationale pour protéger le peuple palestinien de ce génocide odieux. Nous condamnons aussi avec force l'embargo injuste imposé à l'Irak et qui ne cherche en vérité qu'affamer le peuple frère irakien, tuer ses enfants et les priver de nourritures et de médicaments et de leurs droits les plus fondamentaux.

Nous condamnons également les raids aériens menés conjointement par les avions américains et britanniques provoquant des dégâts matériels et humains dans ce pays frère. Ces actions ne revêtent, en fait, aucune légitimité et ne font que perdurer la souffrance du peuple irakien. Nous demandons l'arrêt de ces raids et la levée de cet embargo inique imposé sur l'Irak depuis dix ans durant. Nous pensons que ces mesures contraignantes  deviennent de plus en plus injustifiées et infondées. De notre côté, nous soutenons la lutte du peuple irakien et son Leadership pour sauvegarder son unité et sa souveraineté loin de toutes ingérences extérieures.

 

Mesdames et Messieurs,

Avant de clore mon allocution, je dois souligner succinctement les événements regrettables qu'a connu notre pays, au début de ce mois béni du Ramadan et qui relèvent d'un comportement anormal d'un homme qui a trahi la confiance et a failli à sa mission tout en abusant de l'autorité et des responsabilités qui lui ont été confiées à savoir, garantir la paix et la stabilité et veiller à la sécurité et le maintien de l'ordre et aussi défendre les institutions de l'État et le système républicain.

Au lieu d'accomplir ces devoirs, il les a tournés pour servir ses ambitions personnelles. Tout cela s'est passé après avoir eu connaissance du décret qui le démet de son poste, en tant que chef d'État-major de la Police et le mute à d'autres fonctions. Cela est tout à fait normal, toutefois, le comportement de l'ancien chef d'État-major a fait preuve de sa légèreté et de sa frivolité, le moins que l'on puisse dire, c'est que sa conduite était stupide. Une fois la nouvelle entendue, il a sitôt commencé à semer le désordre et la fureur en essayant de déstabiliser l'état de paix et de sécurité dont jouit notre pays. La situation a été très vite maîtrisée et la tentative de rébellion a été déjouée et les choses reviennent à la normale en une trentaine de minutes. Je crois qu'il faut en tirer les conséquences et les conclusions. Cela constitue, en fait, un message clair pour celui qui sera tenté à perturber l'ordre ou porter préjudice à l'ordre républicain.

Concernant les rebelles, ils sont entre les mains de la Justice qui dira son mot sur cette affaire. Je dois, à cet effet, présenter mes condoléances aux victimes. Par ailleurs, nous ne devons pas donner une dimension disproportionnée à cet événement qui n'influera pas la réputation de Djibouti comme havre de paix et de stabilité, terre d'accueil et de rencontre. En revanche, notre pays sort de cette épreuve plus solide et plus uni qu'avant.

 

Mesdames et Messieurs, 

Je vous renouvelle mes meilleurs vœux  à l'occasion de l'Aïd-El-Fitr tout en demandant au Miséricordieux de nous guider sur le bon chemin et de nous accorder sa grâce divine.

Amen.

 

*****