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 DISCOURS DE SON EXCELLENCE, LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

A L'OCCASION DES ÉTATS GENERAUX DE L'EDUCATION NATIONALE

 

Le 02 décembre 1999 

Mes chers compatriotes, 

Mesdames et Messieurs,

Notre Nation, toute entière, a aujourd'hui, les yeux fixés sur votre réunion. 

Pour la première fois de son histoire, la communauté Djiboutienne a décidé de débattre d'une question qui non seulement concerne le présent, mais aussi engage son avenir.

Aujourd'hui et durant les sept jours que dureront vos assises, le peuple Djiboutien se regarde et fait appel à l'intelligence, aux principes, au cœur et au cran qu'il lui faudra pour affronter l'épreuve de la question du devenir de notre système éducatif.

Je dis "l'intelligence, les principes, le cœur et le cran" car il nous faudra tout cela pour prendre ensemble des décisions qui influenceront profondément l'avenir de nos générations futures par l'orientation que nous choisirons lorsque nous déciderons quelle forme donner à notre système éducatif.

Cette réflexion de la communauté nationale sur son avenir collectif est également la réflexion sur le devenir du citoyen Djiboutien . Et cela doit rester présent à nos esprits tout au long de ces assises.

Une société ne peut respecter les droits de la personne, susciter une culture de paix et fonctionner en démocratie qu'en favorisant un enseignement permettant à chaque individu, d'espérer un avenir viable dans sa communauté.

Mesdames et Messieurs,

Depuis 1977, grâce à notre outil collectif ,c'est-à-dire l'État, nous avons construit notre modèle Djiboutien dans des années d'abondance.

Nous avions raison d'être pressé de soigner, de loger, de pensionner, d'être généreux. Nous avons construit, pavé, inventé avec l'enthousiasme des commencements et avec toute l'intelligence que nous avions alors.

Mais aujourd'hui, pour sauver tout ce que nous avons construit, pour pouvoir construire encore, il faut se réinventer.

Aussi, l'engagement de notre pays à l'égard de l'éducation de sa population se traduit par la nécessité d'une vaste réforme à tous les niveaux du système éducatif et par un large consensus sur les problèmes qui se posent dans ce domaine et sur l'effort que doit consentir la société toute entière afin de les surmonter.

Ces réformes sont basées sur les principes de l'équité, de la qualité, de la pertinence et de l'efficacité.

L'équité consiste à créer des conditions qui assurent à toutes et à tous les possibilités de recevoir des services d'enseignement de qualité réduisant ainsi de façon significative les effets des inégalités résultant du statut socio-économique, de l'infirmité physique et de la discrimination fondée sur le sexe.

La qualité suppose l'atteinte de niveaux élevés de développement cognitif, de compétence, de capacités et de valeurs morales.

La pertinence se définit par la capacité du système d'enseignement à répondre aux besoins et aux aspirations de la société tout entière, en tenant compte de ses diverses composantes sociales, culturelles et linguistiques.

Enfin, par efficience, j'entends la mise à disposition de ressources adéquates, et leur utilisation optimale, de manière à multiplier les bienfaits de l'éducation.

Notre éducation nationale est en période de transition. La capacité à nous adapter à de continuelles transformations aura une grande influence sur le rôle que notre société jouera au siècle prochain.

Dans ce contexte de transformation, je tiens à souligner l'importance d'adapter l'enseignement Djiboutien aux réalités et aux exigences que commande notre volonté d'aller vers une société fondée sur le savoir et d'autre part par l'évolution du monde qui nous entoure.

Dans notre société telle qu'elle se présente aujourd'hui, une vision linéaire de l'éducation pourrait bien s'avérer désuète.

Par ailleurs, une forme d'éducation intermittente s'imposera de plus en plus, en raison de la croissance de la population adulte, du décrochage scolaire, du développement de la formation continue, de l'impact des nouvelles technologies.

Nous sommes conscients qu'il nous reste encore beaucoup à faire. Nous allons toutefois poser les jalons.

Permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de signaler que le développement de la formation professionnelle doit être au coeur de notre système éducatif.

L'Éducation tout au long de la vie doit faire l'objet d'une promotion plus efficace, plus active, qui tienne compte du fait que l'éducation reste le fondement d'un apprentissage continu réussi.

A ce stade, j'aimerais m'arrêter particulièrement à l'objet même de ces assises de l'éducation nationale djiboutienne.

Les propositions de réforme qui sortiront de vos débats concernent plus généralement et directement l'État, le gouvernement, les responsables des différents secteurs d'activités de notre pays, si bien intentionnés et si bien conseillés qu'ils soient, ils ne peuvent prendre seuls l'initiative des mesures d'envergure destinées à orienter et à modifier en profondeur le fonctionnement de nos institutions et de notre espace de vie commun.

Je conçois mal comment nous pourrions faire l'économie de cette approche de partenariat. D'abord, ce serait se priver inutilement d'un large réservoir d'idées et de connaissances susceptibles d'enrichir nos orientations.

En outre, cette réflexion menée collectivement ne peut que susciter un regain d'intérêt et d'attention face aux défis qui se posent et pavent la voie aux collaborations nécessaires à la mise en oeuvre des changements dans notre pays.

En terminant, je voudrais que ces États Généraux de l'Éducation Nationale demeurent ce forum intellectuel de dialogue et de collaboration, facilitent le partenariat de nous tous et permettent l'échange d'expertise et d'information.

Enfin, je voudrais profiter de l'occasion pour rendre un hommage à Monsieur ABDI IBRAHIM ABSIEH, Ministre de l'Éducation Nationale et aux membres du Comité d'Organisation et de Suivi des États Généraux, pour avoir permis par leurs efforts inlassables, la tenue de ces assises qui revêt pour notre Nation une importance extrême à l'aube d'un nouveau millénaire.

Et je voudrais souhaiter à tous les participants le plus grand succès dans les travaux de cette conférence.

J'espère que les documents que vous adopterez, sauront nous inspirer et nous guider dans l'avenir de nos enfants et de notre système éducatif.

Je vous remercie.