ALLOCUTION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE 

A L'OCCASION CELEBRATION DE L'ANNIVERSAIRE DU 27 JUIN 2004 

 

 

27/06/2004

 

 

 

Louange à DIEU 

Que la Prière et la Paix soient sur le Prophète, Sa famille et Ses Compagnons.

 

    Mesdames et Messieurs, 

    Chers Compatriotes,

 

    Il y a 27 ans que prenait fin le combat que les Djiboutiens ont déclenché en défiant la puissance coloniale, choisissant le sacrifice ultime, pour que notre pays soit indépendant.

    A travers son combat, le peuple Djiboutien a démontré qu'il était prêt à tous les sacrifices pour sa liberté et sa souveraineté.

    Par la commémoration du jour de notre indépendance et le souvenir des martyrs, que DIEU ai leur âme en sa Sainte Miséricorde, nous célébrons également la pose des jalons de l'État moderne dont nous consolidons au quotidien les fondements sociaux-économiques.

    Œuvre des artisans de notre indépendance, cette épopée historique a été également une école de notre nationalisme, au service de la défense de l'unité nationale.

    Vingt sept ans durant, notre indépendance s'est poursuivie sans relâche, grâce aux apports de toutes les Djiboutiennes et de tous les Djiboutiens qui, par leur labeur quotidien, chacun dans sa famille, son école, sa profession ou son association, ont prêté leur concours à l'édification d'un État moderne et unifié.

 

    Mes Chers compatriotes, 

 

    Le progrès des nations ne se mesure pas à l'aune d'événements conjoncturels éphémères, mais au vu d'étapes historiques successives où chaque génération lègue à la génération suivante ce qu'elle a de mieux.

    En célébrant la fête de notre indépendance, il nous revient de nous interroger si chacun de nous a fait tout ce qui devait être fait pour les générations suivantes afin que celles-ci soient imprégnées du combat pour notre indépendance.

    Nous devons aussi nous interroger, en notre âme et conscience, en tout temps et à tout moment : qu'ai-je apporté à ma patrie ?

    En ce même lieu et en ce même jour, par la volonté de DIEU la célébration de notre indépendance, l'année prochaine, sera faite avec les dirigeants que le peuple Djiboutien aura choisi au cours des prochaines élections présidentielles.

    Mais ce qui reste immuable pour notre peuple et qui ne réduit pas le souvenir de ses héros à de simples noms de rues, c'est que nous devons rester fidèles à l'esprit qui a conduit à l'indépendance du 27 Juin 1977, et que nous demeurions attachés aux valeurs de patriotisme, en veillant à inculquer à nos enfants l'amour de la patrie, un sentiment assimilé par notre religion à un acte de foi.

 

    Mes chers compatriotes,

 

    Quel que soit le choix du peuple Djiboutien, l'année prochaine pour son prochain Président de la République, nous n'attendrons notre objectif pour un pays qui soit l'objet de la fierté de tous les Djiboutiens, à la seule condition que nous traduisions notre nationalisme en citoyenneté, pour édifier un Etat démocratique efficient prémuni contre toute sorte d'anathème ethnique, culturel ou religieux et d'exclusion politique, de continuer à bâtir une économie libérale génératrice de richesse et d'emplois, de construire une société solidaire, et de favoriser une renaissance culturelle, en phase avec le temps, respectueux de l'identité Djiboutienne.

 

    Mes chers compatriotes,

 

    A l'heure du bilan des réformes engagées et des actions que j'ai initiée, je crois que nous aurons atteint les objectifs espérés qui consistaient principalement à réinventer un État moderne et modeste, soucieux de ne prendre que les missions qu'il est le seul à pouvoir faire, mais déterminés à assumer ses responsabilités dans toutes leurs plénitudes, avec clairvoyance et capacité d'innovation.

    J'estime que la meilleure expression de notre fidélité à l'indépendance de notre pays et le plus solide gage de sa pérennité, résident dans la concrétisation de notre ferme volonté de rendre justice à la femme Djiboutienne. Car à moins de l'honorer dignement et de l'affranchir de toutes les formes d'injustice qui pèsent sur elle, la démocratie et les droits humains risquent d'être dénués de tout existence.

    Aussi ai-je donné les instructions pour l'établissement du code du statut personnel qui régit les relations familiales.

 

    Mes chers compatriotes,

 

    A l'heure où la civilisation mondiale se trouve dans un tournant où certaines certitudes sont ébranlées, et où les repères se perdent, nous nous sommes engagés avant l'heure et avant tout le monde, dans une bataille ardues pour vous prémunir contre la tentation de la facilité qui privilégie les réponses aisées aux questions difficiles et qui prenne le partie de la surenchère démagogique.

    Dans cette bataille nous nous sommes mobilisées pour la concrétisation de projets de réformes dans un esprit imaginatif et évolutif.

    J'estime, avec la grâce de DIEU, que nous sommes sur le point de gagner cette bataille. En effet, les résultats sont aujourd'hui là et visibles comme en témoigne la confiance dont notre pays bénéficie de la part des opérateurs et investisseurs étrangers.

    Cela a été possible car nous avons fait le choix délibéré de consolider clairement en toute confiance nos orientations d'avenir et consentant des efforts extraordinaires pour mettre notre pays sur la voie de l'édification d'un Etat moderne. Qu'il s'agisse des domaines de la consolidation des structures de notre économie, de l'amélioration de la gestion des finances publiques, de la mise en place de politique de filet social en particulier le redressement de nos systèmes de retraite ou d'assurance maladie et la mise en place du Service National adapté qui prend en charge nos jeunes exclus des structures d'apprentissage normale. Avec le S.N.A. mon souci est de redonner confiance à nos jeunes et de leur démontrer qu'ils constituent une valeur, inestimable pour la nation en leur évitant les travers de la délinquance.

 

    Mes chers compatriotes,

 

    Les résultats concrets de toutes ces initiatives exigent que nous demeurions attachés aux constantes immuables de notre nation, dans lesquelles l'identité djiboutienne puise sa force et sa spécificité. Ces valeurs sont la confiance en nous, en notre foi et en notre volonté farouche de vivre en paix dans un environnement pacifié, en n'évitant pas d'affronter avec vigueur et lucidité, ceux qui recourent à la zizanie, la duplicité et l'ostracisme pour confisquer l'avenir de la nation et hypothéquer son essor.

 

    Mes chers compatriotes,

 

    La politique diplomatique de notre pays a visé l'élargissement continuel des cercles de nos amitiés à travers le monde.

Comme vous le savez, notre pays a eu le privilège et l'honneur d'être choisi pour accueillir, l'année prochaine le sommet des Chefs d'État et de Gouvernement des 20 pays qui constituent le COMESA.

    Cette marque de confiance est a mettre au crédit du mode d'action de notre diplomatie durant ces 27 années pour en faire un instrument efficace au service de notre ambition économique et pour être présent sur la scène internationale confirmant la vocation de notre pays d'œuvrer partout pour la paix et la concorde, pour l'unité africaine et arabo-islamique.

    A ce propos, nous nous réjouissons de déroulement de la conférence de réconciliation du peuple Somalie.

    Cette importante mission supportée par les pays de l'IGAD est après 2 années de négociation entrée dans sa phase ultime.

    Et c'est rempli d'espoirs que nous attendons, en cours de cet été par la grâce de DIEU, la mise en place des institutions Républicaines issus de la volonté souveraine du peuple Somalien.

    Toutefois aucune structure étatique ne peut-être viable si la communauté internationale ne concrétise pas son soutien en ne fournissant pas et en n'accompagnant pas la mise en place du prochain gouvernement Somalien, des moyens tant humain, matériel et financier nécessaire à l'accomplissement de sa mission.

    Nous devons exprimer aujourd'hui nos plus vives félicitations à l'ensemble des pays de l'IGAD qui n'ont ménagé aucun effort pour qu'enfin une paix définitive et durable s'installe en Somalie.

    D'autres part, la République de Djibouti n'acceptera jamais la politique destructrice et vouée à l'échec que mène Monsieur SHARON dans le règlement du conflit en Palestine.

    En s'arc-boutant dans une vision unilatérale excluant tout le peuple palestinien avec la ferme volonté d'instaurer une paix israélienne sur le territoire de Palestine, Monsieur SHARON démontre encore une fois sa volonté de nier tout simplement l'existence du peuple Palestinien. Nous demeurons convaincu qu'il ne peut y avoir de paix que dans le cadre négocié pour l'existence de deux nations dans des territoires viables.

 

    Mesdames et Messieurs,

 

    Nous sommes heureux aussi de la signature des accords de paix définitivement ratifiés par nos frères soudanais et qui donnera enfin au peuple soudanais dans son ensemble la possibilité d'évoluer dans la paix et la concorde au sein du concert des nations.

    Dans trois jours, le peuple frère Irakien va recouvrer sa pleine et entière souveraineté.

    Nous exprimons au Secrétaire Général des National Unies et à son représentants nos félicitations pour leur effort et leur travail pour aider leur peuple Irakien dans sa recherche de paix et de sécurité.

    Nous demeurons convaincue que cette démarche de remettre dans les mains du peuple Irakien la maîtrise de son destin à travers son Conseil provisoire constitue la voie la plus sage pour le retour de la paix et la sécurité dans les cœurs et les esprits de nos frères Irakiens, et nous continuerons de soutenir tout engagement allant dans le sens de la sauvegarde de l'unité, de la souveraineté du peuple Irakien et de l'intégrité de l'Irak.

 

Je vous remercie.

 

 

ISMAEL OMAR GUELLEH