Allocution de S.E. Monsieur le Président de la République 

A L'OCCASION DE L'ANNIVERSAIRE DE L'INVESTITURE

 

 

09/04/2004

 

 

 

Louange à Dieu, Que la prière et la bénédiction soient sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.

 

Mesdames et Messieurs,

 

C'est avec un grand intérêt et une joie toujours renouvelée que je vous reçois aujourd'hui.

D'autant plus que les circonstances présentes coïncident avec la 5ème année au cours de laquelle j'ai été investi de la responsabilité qui est actuellement la mienne, des affaires de notre peuple.

 

Cette année constitue pour moi un événement particulier et important car je peux d'ores et déjà tirer un premier bilan par rapport aux propositions que j'ai faites à la Nation Djiboutienne en 1999.

 

Il y a 5 ans j'ai demandé à notre peuple de m'accompagner dans la réalisation d'un projet de société fondé sur nos composantes spirituelles et culturelles. Au cours de 5 années qui se sont écoulés, j'ai prié le Tout Puissant que chaque acte chaque décision qui m'était donné de prendre soit sous sa bénédiction.

 

En tout premier lieu, au cours de ces 5 années, j'ai tenté au mieux des capacités que DIEU a bien voulu m'accorder d'être le gardien de deux biens précieux de notre peuple. En effet, de par mes convictions et engagements, je fais parti de ceux qui les peuples doivent être libre de toute forme de domination quel que soit physique ou morale.

Aussi, je me suis senti investi de cette responsabilité qui consiste à veiller d'abord sur la liberté de la Patrie Djiboutienne, telle que les bâtisseurs de notre indépendance nous l'ont transmise.

 

EGALITE ET JUSTICE SOCIALE DANS LA DIVERSITE

 

Une République de citoyens égaux, une République sans privilège et la République et la liberté ne peuvent exister dans une société d'injustice sociale. 

C'est un devoir républicain de corriger les inégalités et les vertus de notre population.

La nature fait les hommes inégaux en genre, en tempérament, en forme et caractère, mais nos lois doivent corriger cette différence car elle place le citoyen dans la société pour que l'éducation, l'industrie, les arts, les services, les vertus, lui donnent une égalité que l'on nomme politique et sociale.

 

J'ai veillé à ce que notre peuple ne perde pas la capacité à décider de son propre destin. Et l'indépendance et plus qu'un acte de séparation de l'ancienne puissance coloniale. Elle est avant tout le sauvetage du respect de soi, de la dignité du peuple Djiboutienne qui exerce sa liberté.

Mais l'indépendance est un processus permanent que l'on construit tous les jours. Il s'agit de la manière dont les Djiboutiens existent dans le monde et pour toute la vie.

 

Le second principe fondateur de notre nation sur lequel j'ai mis toutes mes forces pour le préserver a été la souveraineté de notre peuple. Si l'indépendance fait référence à la liberté face à toute domination étrangère, la souveraineté populaire affirme la volonté de notre peuple d'être constitué de citoyens libres et égaux.

 

L'EDUCATION PUBLIQUE

 

A l'évidence, une tâche de cette ampleur ne peut être mené à bien en une année, ni même en une vie. Elle est l'œuvre de générations qui affirment clairement ses principes, construit dans le temps la libération de la Nation.

 

L'école publique possède, à mes yeux, au moins deux objectifs : 

- A la fois augmenter la capacité des citoyens à produire leur propre prospérité, et 

- Renforcer les valeurs républicaines, seules garanties contre toute forme de tyrannie.

 

DES INSTITUTIONS FORTES POUR COMBATTRE LES VICES SOCIAUX

 

Si la morale, notre foi en l'islam et l'éducation sont fondamentaux pour la République, cela demeure insuffisant pour faire disparaître les vices sociaux.

Seuls des institutions forte avec des lois inexorables et des tribunaux impartiaux, sont capable d'imposer, la justice là où cela est nécessaire.

 

Que signifie être Djiboutien à notre époque. Être Djiboutien n'est ni une religion ni un dogme, c'est une position morale et politique face aux problèmes de notre présent. C'est être capable de partir de notre histoire en acceptant librement que les valeurs qui nous unissent soient projetées et complété selon les aspirations de notre peuple. C'est aussi, que je me suis attelé au cours de ces 5 ans avec le soutient de DIEU, pour que chaque Djiboutien s'engage dans un mouvement de transformation de notre société et lutte pour la sauvegarde de la souveraineté nationale, pour la liberté et la prospérité, dans un partage des compétences et des pouvoirs vers les régions.

 

Après avoir assaini la gestion des biens publics, je voie en un secteur privé vigoureux avec des entrepreneurs nationaux capable de relancer la base productive de notre économie nationale.

Je crois en la nécessiter d'un état fort et efficace qui corrige les distorsions sociales, qui administre nos ressources naturelles stratégique et qui fournit des services économiques et sociaux, à toute la population. Mais je combats aussi pour l'émergence du secteur de la solidarité, fait de femme et d'homme qui s'associe volontairement pour se soutenir eux-mêmes. 

 

Un secteur où le peuple aide le peuple en s'organisant dans des mouvements de citoyen, de travailleur, de femmes, d'intellectuelle, de coopérative.

Les forces sociales sont le moteur de notre démocratie participative. C'est à travers ce processus régis par la décentralisation que chaque citoyen Djiboutien renforcera davantage son contrôle sur l'État et exigera que les portes soient ouvertes aux demandes sociales.

Au cours des 5 années, j'ai lutté pour la démocratie politique, économique, sociale et culturelle.

Je me suis engagé pour l'équité et l'inclusion sociale, pour le respect de la diversité ethnique, pour l'égalité de genre.

J'ai exigé que les droits constitutionnels des citoyens djiboutiens soient renforcés, que les droits humanitaires des enfants, des personnes âgées et des malades, c'est-à-dire des droits de nos citoyens les plus faibles soient mieux défendus.

J'ai voulu une éducation publique, populaire et gratuite qui forme des citoyens et des citoyens libres, égaux et solidaires.

J'ai entamé un processus pour une organisation d'une santé publique universelle à faible coût qui libère notre peuple de la maladie. J'ai soutenu un Syndicalisme indépendant et fort qui ne trahit pas les intérêts des travailleurs.

Je crois fermement que l'accès à la culture et aux sports sont des droits des droits de chaque Djiboutiens.

Je crois à l'existence d'une force de défense partie intégrante des peuples souverains et qui veille à cette unité d'intérêt et de but et qui soit garante de nos libertés.

Je sais que notre destin est attaché à celui des peuples frères des pays de la région. C'est pourquoi, j'ai engagé notre pays dans la promotion d'une alliance solidaire qui tout en respectant nos différences, fortifie la souveraineté de nos nations.

 

Notre affirmation de la souveraineté nationale n'est pas une négation de ce qui est étranger. Nous Djiboutiens avons toujours été ouvert aux influences internationales.

C'est pourquoi, notre pays aujourd'hui en affirmant son indépendance, sa démocratie et sa paix a regagné sa place d'honneur dans le concert des nations.

Nous avons déclaré devant le monde que nous ne sommes ennemis d'aucune nation, d'aucune culture, d'aucune religion. La diversité du monde est sa richesse et la paix est notre idéal.

 

L'ensemble de ces buts qui sont le projet de société que j'ai défendu pendant ces 5 années constitue la tâche de plusieurs générations mais leur réussite nous réconforte dans notre position d'être dans le droit chemin de la justesse.

 

Je vous remercie.

 

 

 

ISMAEL OMAR GUELLEH