ALLOCUTION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE 

A L' OCCASION DU FORUM-BILAN SUR LA RÉFORME DE L'ÉCOLE

 

 

Le 6 Février 2005

 

 

 

Monsieur le Premier Ministre,

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale, 

Madame et Messieurs les Ministres, 

Mesdames, Messieurs les Représentants des Corps Diplomatiques et Consulaires,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

Mesdames, Messieurs les Participants au Forum-Bilan sur la Réforme de l'École,

Chers enseignants, chers parents d'élèves, chers enfants, 

 

Au lendemain de mon accession à la tête de l'exécutif national, je décidai avec votre soutien à m'atteler à une réforme en profondeur de l'institution séculaire que représente notre école.

Cette école, qui a produit de nombreuses élites d'une société à l'origine pastorale, se trouvait être dès l'origine, un creuset de l'intégration intercommunautaire et culturelle.

 

Elle a contribué à former, aux premières heures, les pionniers djiboutiens de l'enseignement et des pédagogues exceptionnels, tels que les regrettés Ahmed Farah, Robleh Boulaleh, Djama Youssouf dit " Djama Master ", Saïd Laurent, Mohamed Ali Cheikho et bien d'autres auxquels je rends hommage et dont l'oeuvre a laissé des traces indélébiles dans nos mémoires.

 

C'est dans ce contexte que le premier abécédaire adapté à notre culture vit le jour. Qui ne se souvient de la méthode d'apprentissage de la lecture Ahmed Farah/Duchenet disponible dès les années 30 ? C'est conscient de ce passé prestigieux et fondateur de notre identité nationale mais aussi de ses limites face aux défis de la mondialisation du savoir et de la connaissance, que nous avons initié une réflexion issue, elle-même, d'une nouvelle conscience nationale.

 

Nous y avons cru, nous avons osé et nous avons agi dans cette optique. Les besoins de notre pays sont énormes, notre pari sur l'avenir repose sur la seule, mais non des moindres, richesse que nous possédons : le capital humain. Et qui pouvait en être meilleur dépositaire si ce n'est notre système national d'éducation et de formation ?

 

Les réformes ont servi de base stratégique à une nouvelle approche, autre que celle héritée de l'ère coloniale, la naissance d'une véritable école djiboutienne, dispensant un savoir-faire en cohérence avec un savoir-être, et contribuant à la consolidation de notre identité.

 

Le caractère tangible des efforts consentis dans le cadre de cette réforme, se reflète dans la facilitation des conditions d'accès à l'école, l'élargissement à toutes les franges de la population, en particulier les milieux les plus défavorisés et les zones rurales.

Dois-je rappeler qu'aujourd'hui nos enfants de Kouta Bouya, près du Lac Abbé, n'ont plus besoin de parcourir quotidiennement des dizaines de kilomètres, entre leurs campements et l'école de la localité rurale la plus proche, pour pouvoir assister à la classe. Puisque désormais ils ont leur école.

Que des centaines d'enfants qui se rendaient de Kontali à Dikhil, soit plus de 15 km, pour rentrer chez eux le soir sans avoir mangé de la journée, ont pu bénéficier de la mise en place de cantines scolaires et de dortoirs, réduisant ainsi la malnutrition, la déperdition scolaire et la sous-scolarisation des filles.

 

Excellences, Honorables invités, mes Chers Compatriotes,

 

Outre, la construction et la réhabilitation de nombreuses infrastructures scolaires, la réforme a mis l'accent sur un très important volet, la contextualisation et l'adaptation du contenu de l'enseignement. Nous sommes fiers d'avoir un système éducatif de référence régionale, car multilingue. L'école djiboutienne permet à chaque citoyen de disposer dès son plus jeune âge de trois langues internationales, le français, l'arabe et l'anglais, et ce, dans un souci d'ouverture sur le monde extérieur, et de compétitivité.

 

La réforme a donné l'opportunité à de nombreux personnels d'encadrement de bénéficier de formations spécifiques de très haut niveau, permettant à l'éducation nationale de voir émerger un nouveau corps professionnel composé de concepteurs,

planificateurs et évaluateurs du système éducationnel djiboutien lui donnant ainsi, une capacité scientifique de production d'outils didactiques, adaptés au contexte socio-économique actuel.

 

Nous avons appris à capitaliser sur les balbutiements de l'après-indépendance. Notre école a une histoire. C'est une école dont les racines laïques et sa vocation fondamentalement démocratique, illustrent parfaitement les valeurs de solidarité, de partage et d'égalité, auxquelles nous adhérons. Des valeurs, somme toute, de liberté.

 

Nous nous préparons sûrement, aujourd'hui, à la prise en charge intégrale de notre système éducatif et à l'appropriation de cette nouvelle école, par l'ensemble de la société djiboutienne.

 

Excellences, Honorables invités, mes chers compatriotes,

 

Je ne terminerai pas sans donner une attention particulière à tous les acteurs de l'éducation nationale sans lesquels cette réforme n'aurait pas abouti sur un bilan aussi satisfaisant.

Ce processus devra néanmoins prendre une dimension plus interactive avec les autres composantes impliquées, les parents d'élèves et l'ensemble de la société civile. La nécessité de prêter une oreille attentive aux besoins de la population relève d'un souci constant d'améliorer notre système éducatif.

 

Que vive cette nouvelle École de la République !

 

Je vous remercie de votre attention.

 

 

ISMAEL OMAR GUELLEH