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ALLOCUTION DE S.E. M. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A L'OCCASION DE L'INSTALLATION DU MÉDIATEUR DE LA REPUBLIQUE

 

Le 10 novembre 1999

 

- Monsieur le Premier Ministre,

- Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,

- Madame et messieurs les Ministres,

- Monsieur le Médiateur de la République,

- Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

- Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

  Mes chers concitoyens,

 

En m'adressant à vous aujourd'hui, j'ai conscience de partager avec vous la joie que procure un événement comme celui de l'installation d'une nouvelle institution dans notre dispositif des institutions Républicaines.

Tout le monde en convient, l'État a pour mission fondamentale de protection des citoyens et de régulation sociale.

Et pour s'en acquitter, il doit disposer de l'autorité nécessaire et d'abord d'une administration performante.

C'est de cette conviction que procède ma décision de créer la fonction de Médiateur de la République, une institution capable de nous aider à mieux comprendre les attentes des agents publics pour que ceux-là puissent mieux répondre aux préoccupations des usagers et partenaires de l'État.

Mesdames et Messieurs,

Depuis son Indépendance en 1977, la République de Djibouti a eu un souci constant de disposer d'une administration efficace.

Il s'agissait d'une part, de rompre avec le système d'administration coloniale basé essentiellement sur une approche de domination utilisant tous les moyens coercitifs, et d'autre part, d'assurer un meilleur encadrement du pays alors sous administré et peu doté de ressources humaines.

Dans le cadre de l'État moderne que nous avons la tâche de construire, nous nous engageons dans une réforme profonde avec comme objectif majeur le rapprochement de l'administration des administrés.

Pour atteindre réellement cet objectif pour l'amélioration du fonctionnement de l'Administration, tout en évitant de tomber dans un environnement monolithique non propice à toute réforme institutionnelle, les débats contradictoires, tels que ceux que vous aurez aujourd'hui, et la pleine participation de tous les citoyens est indispensable.

 Mesdames et Messieurs,

Si aujourd'hui, grâce à notre système de pluralisme politique, nous avons pu installer la quasi-totalité des institutions Républicaines prévues par notre constitution, il est désormais temps que la réforme de l'appareil administratif suive.

 À défaut, une gestion peu participative du développement résultant de la forte concentration administrative, conduira inévitablement le citoyen djiboutien à des frustrations.

Cette réforme de l'Administration devra s'articuler autour de l'approfondissement du processus de décentralisation et de déconcentration en adaptant le rôle et l'organisation de l'État aux objectifs et aux exigences de l'émergence d'une démocratie locale et d'un cadre nouveau de promotion du développement à partir des préoccupations et des savoir-faire des populations.

La République de Djibouti est entrée dans un processus audacieux de réformes multisectorielles et dont les outils essentiels sont aujourd'hui dans nos mains.

Notre peuple, son gouvernement et sa représentation nationale sont conscients que ce processus de réforme constitue un défi qu'il nous faut absolument relever.

Aussi, la réforme de l'Organisation de l'État et de son principal instrument d'action qu'est l'administration et leur gestion est primordiale à cet enjeu majeur.

Pour pouvoir se renforcer et se pérenniser, la réforme de l'État devra se traduire à court terme par une amélioration du vécu des citoyens.

C'est le principal défi de cette réforme de l'État, voir de notre démocratie parce qu'intervenant dans un contexte de difficulté financière.

Et c'est justement pour tenir compte de cette difficulté et pour mieux combattre la pauvreté que la réforme de l'État doit retenir comme institution-clé le citoyen et comme principaux domaines d'action à développer les services de proximité touchant le plus grand nombre : éducation de base, santé primaire, hydraulique villageoise.

 L'objectif prioritaire étant d'accorder la quantité et la qualité de ces services essentiels en responsabilisant les populations dans leur fourniture et gestion et en mobilisant le plus de ressources et d'énergie à leur profit.

Mesdames et Messieurs,

L'enjeu de la réforme de l'État et de son administration est de désamorcer le paradoxe entre la situation socio-économique difficile de notre pays et les potentialités réelles dont il dispose.

Il s'agit de créer une synergie entre le développement économique et le développement de culture de l'ensemble des acteurs appelés à faire l'apprentissage de comportement nouveau et à entreprendre dans un cadre juridique et institutionnel qui suscite l'adhésion et la participation de tous.

C'est ainsi qu'aujourd'hui, Mesdames et Messieurs, chers compatriotes, que nous avons l'honneur de nous réunir pour marquer l'installation pour une meilleure régulation de notre société, le mécanisme de règlement non judiciaire et de prévention des conflits, notamment avec l'administration : le Médiateur de la République.

 Chers compatriotes,

Avant de conclure mon propos, permettez-moi de vous rappeler l'essence même de notre processus de réforme de notre société et de ses institutions.

Au seuil du nouveau siècle, de cette nouvelle étape de l'histoire de notre nation, il n'y a de place ni pour la richesse indécente, ni pour la misère.

Il n'y a de place ni pour l'anarchie, ni pour le despotisme.

Il n'y a de place ni pour la complaisance, ni pour l'intransigeance.

Le conseil le plus riche et le plus utile que notre religion nous permette de partager est celui de marquer notre pensée, notre vie et notre comportement individuel ou collectif, du sceau qui distingue notre civilisation musulmane, et que Dieu nous a réservé : le sceau de la modération d'une nation exemplaire, dans laquelle la vie a pour base l'équilibre et l'harmonie, la complémentarité et l'entente.

Par clémence à notre égard, pour sauvegarder notre unité, pour assurer la permanence de notre vie, et pour nous défendre contre les dangers de l'extrémisme, Dieu a proclamé " l'orient et l'occident appartiennent à Dieu, il guide qui il veut vers le droit chemin".

Nous avons fait de vous une communauté éloignée des extrêmes, pour que vous soyez témoins contre les hommes, et que le Prophète(PSL) soit témoin contre vous " sourate (Al-Bagara : 142-143).

Je vous remercie de votre attention.