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INTERVENTION DE S.E ABDOULKADER KAMIL MOHAMED
MINISTRE DE L’AGRICULTURE DE L’ELEVAGE DE LA MER CHARGE DES RESSOURCES
HYDRAULIQUES
A L’OCCASION DU SEMINAIRE DE REFLEXION SUR L’ACTION GOUVERNEMENTALE
Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de Gouvernement,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Excellence Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernements ;
Mesdames, Messieurs Les Représentants de la Société Civile
Mesdames, Messieurs
LE SEMINAIRE DE REFLEXION SUR L’ACTION GOUVERNEMENTALE qui a débuté samedi
dernier, nous donne l’occasion aujourd’hui de nous pencher sur les réalisations
dans le secteur primaire.
Des orientations et des repères essentiels avaient été déterminés dans la
perspective d’un développement en milieu rural.
S.E. MR ISMAIL OMAR GUELLEH Président de la République, Chef du Gouvernent,
avait tenu à préciser sa vision pour développer le secteur primaire, notamment :
- En créant des pôles de développent agro-pastoraux autour de points d’eau pour
augmenter la production agricole et lutter contre l’exode rural.
- En mettant en œuvre une agriculture moderne à haut rendement pour garantir une
sécurité alimentaire durable.
- En revalorisant le secteur de l’élevage et de la pêche qui constituent des
sources importantes d’emplois, de revenus et de devises.
Mesdames et Messieurs
Permettez-moi de vous exposer les réalisations, dans les différents domaines
relevant des attributions de mon département à commencer par le secteur crucial
de l’eau à la base de tout développement socio-écomique, et pour atteindre les
objectifs de sécurité alimentaire.
Qu’elle se trouve dans les nappes longeant les oueds, à faible profondeur, ou au
contraire dans les nappes profondes au cœur des basaltes fracturés, cette
ressource est limitée, de qualité variable (en termes de salinité), et dans tous
les cas toujours soumise potentiellement à un risque de surexploitation.
La ressource en eau souterraine est toujours assez mal connue. Les limites des
aquifères exploitées restent très incertaines, malgré les travaux considérables
des hydrogéologues nationaux ou des différents projets de reconnaissance
hydrogéologique.
Il était alors indispensable et urgent de remettre sur pied une politique
nationale de l’Eau, prenant en compte les situations d’urgence autant que les
besoins à plus long terme, traitant à la fois de la préservation de ressources
en eau actuelles, de l’identification de nouvelles ressources, et, dernier axe
d’action, mettant en place les outils permettant une gestion pérenne de ces
ressources et des ouvrages hydrauliques permettant de les exploiter.
Dans le domaine des réformes institutionnelles, avec l'adoption en 2006 d'une
politique nationale intégrée de l'eau et de l'assainissement, centrée autour de
la création de l'Office National de l'Eau et de l'Assainissement de Djibouti (ONEAD),
opérateur unique, le Gouvernement a répondu aux principaux obstacles qui
affectaient le développement du secteur.
Par ailleurs, il y a lieu de signaler la création récente de la DIRECTION DES
GRANDS TRAVAUX au sein de mon département. Cette Direction a bénéficié
d’équipements et d’engins lourds permettant de réaliser deux grandes retenues
d’eau au cours des 12 derniers mois. Et ce avec le concours de l’ADDS.
Ainsi, depuis son achèvement en juin 2008 jusqu’à ce jour, la retenue de
KOURTIMALEH a permis l’alimentation en eau potable au profit de la population
pastorale des zones avoisinantes.
Mesdames, Messieurs,
En ce qui concerne l’alimentation en eau de la ville de Djibouti, et afin de
pallier la situation de grande vulnérabilité que connaît le système
d’alimentation en eau potable et d’entreprendre les mesures nécessaires pour
subvenir aux besoins en eau jusqu’à l’horizon 2030, le gouvernement Djiboutien a
élaboré en 2007 par le biais de l’ex-ONED les études du Schéma Directeur
d’Alimentation en Eau Potable. Ces études ont porté sur tous les aspects de
l’alimentation de la ville et, plus particulièrement, sur une évaluation solide
et un diagnostic de l’état des ouvrages de production, de stockage et de
distribution, ainsi que sur l’identification de la source d’eau et des ouvrages
requis pour assurer un approvisionnement en eau adéquat de la ville et
satisfaire les besoins de différents horizons de planification.
En zones rurales, le gouvernement a toujours donné la priorité à la lutte contre
la soif. Le plan d’action d’hydraulique rurale, préparé par le MAEM-RH et le
Secrétariat Technique de l’Eau, accorde une grande priorité à la bonne gestion
et au développement des infrastructures hydrauliques de mobilisation des eaux
pour satisfaire par ordre d’importance :
- les besoins domestiques et essentiellement les besoins en eau potable,
- les besoins du cheptel
-et enfin, les besoins du secteur agricole et industriel.
A cet effet, nous avons réalisé en zones urbaines 25 forages positifs pour
renforcer la capacité de production ou pour améliorer la qualité de l’eau.
En zone rurale 44 forages positifs ont été réalisés, dont 18 équipés avec des
pompes fonctionnant à l’énergie solaire et 26 en énergie thermique. Des travaux
sont en cours afin que ces derniers soient à leur tour équipés en énergie
hybride solaire/thermique pour diminuer les charges de fonctionnement imputées
sur le budget national.
Au total 85 000 personnes en zone rurale, seront bénéficiaires de ces
infrastructures. En outre des ateliers de réflexion sur la gestion participative
des points d’eau ainsi que des campagnes de sensibilisation ont aboutit à créer
des Comités locaux de gestion de ces points d’eau.
Par ailleurs mon département a acquis des équipements notamment des foreuses
ainsi que des engins de terrassements pour faire face au défi de l’eau.
Mesdames, Messieurs
Les études comparatives réalisées dans les années 1994-2006 ont guidé l’ONEAD
pour se tourner vers le dessalement par osmose inverse, fort de l’expérience
acquise avec ce procédé dans le traitement de l’eau à l’usine
d’Ali- Sabieh. La capacité de production d’eau de l’unité pilote qui sera
installée à Djibouti-ville est estimée à 40 000 mètres cubes par jour.
De la sorte à partir de 2 010, l’accès à l’eau potable de la grande majorité des
populations urbaines sera sécurisé par l’extension du réseau et la
multiplication des branchements.
L’eau est à la fois un bien social et un bien d’équipement au regard des coûts
de la production et de la distribution.
Parmi les réalisations, il faut encore citer la réalisation des puits et des
forages pour alimenter le village du Day avec une adduction de 16 KM ainsi que
l’usine de traitement d’eau potable à Ali-Sabieh.
Mesdames, Messieurs,
Le constat de l'insuffisance des nappes souterraines pour la satisfaction des
besoins actuels et futurs du pays conduit le gouvernement à rechercher
l’optimisation de la ressource existante et à la diversification des nouvelles.
Outre le recours au dessalement de l’eau de mer au demeurant très gourmande en
énergie, la mobilisation des eaux de surface est une alternative crédible pour
sécuriser durablement les besoins en eau potable des populations, du cheptel et
des cultures.
Dans un pays où la pluviométrie moyenne annuelle n’excède guère les 150 mm, le
potentiel des eaux de surface mobilisable est estimé à 345 000 000 m3/an.
C’est dans ce cadre que mon département a initié plusieurs projets promouvant la
mobilisation des eaux de surface. Il s’agit des études de projets d’aménagement
des Bassins-Versants de l’Oued Ambouli, de Bihidley, de Marsaki et de Saday.
Dans ce domaine, nous avons déjà réalisés les études d’Avant-Projet Sommaire du
Bassin-Versant de l’Oued Ambouli-Bassin où trois grands barrages seront
implantés et permettront la protection de Djibouti-ville, le stockage de l’eau
et la recharge de la nappe.
L’apport en eau de ces trois barrages seront de l’ordre de 8 000 000 m3 /an soit
50 pour cent de la capacité de la nappe souterraine de Djibouti-ville.
Mesdames, Mesdames
DANS LE SECTEUR DE L’AGRICULTURE, malgré des conditions climatiques et
pluviométriques peu favorables au développement de cultures notamment
céréalières nous nous sommes engagés dans la mise en œuvre d’une agriculture
moderne utilisant une technologie et des moyens appropriés.
Le programme de développement des cultures du Palmier Dattier, initié par S.E le
Président de la République, a permis la plantation de 20.000 palmiers de
variétés In-Vitro à haut rendement dans les différents sites agricoles du pays,
ainsi que la création de 5 palmeraies pilotes aménagées dans les régions
intérieures. Ce qui participe à la diversification des productions,
l’amélioration des revenus et de l’état nutritionnel de la population rurale et
périurbaine.
Ces palmiers sont au stade de la première floraison et vont produire plus de
1000 tonnes de dattes au cours de 3 prochaines années. Ce programme stratégique
pluriannuel continuera pendant les cinq années à venir avec la plantation d’une
centaine d’hectares supplémentaires notamment dans le cadre du Programme
National de Sécurité Alimentaire, sachant qu’à partir de 2 010 le laboratoire de
biotechnologie, créé au sein du CERD, fournira des variétés performantes des
vitro - plants de palmiers dattiers.
Dans des conditions climatiques difficiles, les cultures sous-serres et
sous-abri permettent d’obtenir des hauts rendements tout en allongeant la saison
des récoltes. Des expériences concluantes ont été déjà réalisées dans diverses
localités du pays. Mais cette pratique agricole nécessite des investissements
importants souvent hors de portée du petit agriculteur traditionnel.
Ces pourquoi nous encourageants des investisseurs du secteur privé ; en leur
accordant certains avantages et privilèges pour s’engager dans cette voie.
Certains n’ont pas hésité d’investir dans ce domaine notamment sur le site de
DOUDOUB- BALALEH (Région d’Ali-Sabieh) et les premières récoltes de cultures
maraîchères devraient se faire dans les prochains mois.
Une autre Entreprise privée a aménagé plus de 100 hectares dont 20 hectares sont
déjà plantés en cultures maraîchères, fruitières et fourragères sur le site
d’ Ambabo dans la Région de Tadjourah. D’autres Sociétés se sont engagées dans
la même voie dans les secteurs de la Douda et au PK 52 dans la Région d’Arta.
Ceci est un des résultat concret du 1er Forum International sur les
Investissements Privés dans le Secteur Primaire qui s’est tenu en Décembre 2007
à Djibouti, le 2ème Forum étant prévu en décembre prochain pour attirer plus
d’investisseurs privés dans le secteur primaire.
Dans le cadre de la lutte contre les effets de la sécheresse, dont les impacts
négatifs, entraînent une fragilisation continue des ressources naturelles et des
conditions de vie de la population rurale en particulier les pasteurs nomades,
le gouvernement a lancé le programme d’aménagement de petits périmètres
agro-pastoraux autour des points d’eau servant de pôles de développement,
permettant dans une première phase, la création de 15 unités agro-pastorales
dans l’ensemble des cinq régions du pays, totalisant une quarantaine d’hectares.
Ces parcelles sont principalement destinées à la production de cultures
fourragères, pour servir de réserve de fourrages en période de sécheresse, en
association avec le maraîchage et l’arboriculture fruitière (principalement le
palmier dattier). Et ce afin de sédentariser les populations nomades pour lutter
contre l’exode rural et de créer ainsi des zones de vies autour de ces points
d’eau.
Le Gouvernement continue d’appuyer les coopératives et les petits agriculteurs
sous diverses formes, notamment en assurant :
- la formation pratique des producteurs par un meilleur encadrement ;
- l’assistance des agriculteurs et structures coopératives avec la fourniture
d’intrants agricoles performant,
- la fourniture de 1 300 Kg des semences maraîchères,
- la fourniture de produits phytosanitaires ainsi que la fourniture de plus de
10 000 pièces d’outillages agricoles.
A cela, il convient d’ajouter le lancement de la Campagne Verte pour la
promotion du reboisement et l’amélioration du cadre de vie de la population
rurale, périurbaine et urbaine, ayant permis la plantation de plus de 20.000
arbres et arbustes à vocation de brise-vent et de plantes fourragères.
DANS LE SECTEUR DE L’ELEVAGE, sous l’impulsion du Président de la République, le
Centre d’Exploitation Régionale du Bétail entre dans sa phase croisière après
bientôt trois ans d’activité. Ces facilités mises à la disposition de toute la
région de l’Afrique de l’Est peuvent traiter annuellement un effectif de plus de
2 millions de têtes de bétail.
Le gestionnaire privé du Centre a déjà créés 350 emplois directs et plus de 650
emplois indirects. Cet Etablissement est désormais parmi les principaux
employeurs du pays. Les activités de ce Centre ont également permis de
redynamiser les activités de transporteurs routiers, de transitaires ainsi que
les activités portuaires et le transport maritime liés au commerce du bétail.
Comme vous le savez, Mesdames, Messieurs,
La République de Djibouti devient la plaque tournante des exportations du bétail
de l’Afrique de l’Est notamment vers les pays de la péninsule arabique. Ceux-ci
exigent un strict contrôle de l’état sanitaire du bétail avant importation pour
garantir la santé des consommateurs dans leur pays respectif.
C’est pourquoi le Laboratoire d’analyse des Services vétérinaires a été
entièrement rénovés et équipés pour procéder à toutes les analyses nécessaires
afin de diagnostiquer les maladies avant de l’embarcation des animaux.
L’OIE ET LA FAO ont reconnu la qualité des prestations sanitaires tant au niveau
du Centre de Quarantaine que dans le Laboratoire rénové des Services
Vétérinaires.
Par ailleurs, dans tous les prochains jours, nous allons procéder à l’ouverture
d’un CENTRE D’INFORMATION SUR LE BETAIL EN AFRIQUE DE L’EST.
Cet outil complémentaire du Centre d’Exploitation Régionale du Bétail, sera au
service des pays importateurs, des pays exportateurs et des commerçants du
bétail de l’Afrique de l’Est.
Enfin, il convient de mettre en exergue le fait que depuis 1978 aucun
recensement du cheptel n’avait été effectué. Depuis bientôt trois mois, mes
services techniques concernés effectuent un recensement du cheptel sur
l’ensemble du territoire national. Ceci nous permettra de mieux planifier les
actions de développement en milieu pastoral.
Mesdames, Messieurs
Permettez-moi d’aborder le secteur de la pêche lequel est à l’abri des aléas
climatiques. Il offre donc un potentiel de développement certain.
Avec la construction du port de pêche et sa mise en concession en 2004 au profit
d’une Société privée, la production halieutique est passée de 600 Tonnes par an
au cours de l’année 2 000 à plus de 2 000 Tonnes en 2008. Mais on est loin des
potentialités réelles qui s’élèvent à plus de 45 000 Tonnes par an sans mettre
en danger la faune et la flore de nos eaux maritimes. Un autre investisseur du
secteur privé est en cours d’installation dans la Région littorale Nord pour
mettre en valeur les ressources halieutiques.
La totalité de la flottille est constituée par des unités de pêche artisanale,
la pêche industrielle étant prohibée dans les eaux territoriales afin de
préserver la faune et la flore maritimes.
On estime à plus de 300 le nombre de ces embarcations dont 90% environ sont en
fibre de verre de 7 à 9 m de long équipés de moteurs Hors Bord de 25 à 40 CV. En
dix ans la flottille de pêche artisanale a été multipliée par 3.
En terme d’emploi, nous comptons environ 600 pêcheurs et ce secteur fournit
environ 3 000 emplois. Il faut savoir que pour un emploi en mer, il est créé 2
emplois directs à terre. Grâce au Programme de formation dans le cadre du
Service National Adapté au sein du Centre de Formation des Pêcheurs à OBOCK, le
nombre de jeunes formés aux techniques de pêche a nettement augmenté.
En outre, je tiens à souligner l’importance de la construction d’une usine de
transformation des produits de la mer ainsi que la construction et l’équipement
d’un laboratoire d’hygiène alimentaire en voie d’achèvement. Ces infrastructures
permettront de se conformer aux normes internationales du Port de Pêche avec la
construction d’une usine de transformation des produits de la mer.
Ces installations permettront au pays de se conformer à la réglementation de
l’Union Européenne en matière d’exportation des produits de la mer. Ces produits
pourront ainsi être commercialisés sur le marché Européen et Asiatique.
Mesdames, Messieurs,
D’autres mesures complémentaires ont été prises pour parvenir à la sécurité
alimentaire.
En effet, à l’initiative du Président de la République, l’Ethiopie et le Soudan
ont mis à notre disposition de milliers d’hectares pour cultiver des céréales.
La deuxième récolte de la ferme au Soudan composée de 800 Tonnes de sorgho et
400 quintaux d’huiles de sésame, est en cours d’acheminement.
Enfin, pour juguler la flambée des prix et assurer la sécurité alimentaires
notamment pour les personnes les plus déshéritées, le gouvernement a procédé
purement et simplement à l’annulation des taxes sur les denrées de base.
Outre les actions et programmes dans les différents secteurs sus-mentionnés,
nous comptons intensifier la production du secteur primaire au cours des
prochaines années.
A cet effet deux documents cadres ont été récemment élaborés pour définir la
stratégie, le plan d’action et les programmes prioritaires.
Il s’agit du Plan Directeur de Développement du Secteur Primaire, d’une part
Programme National de Sécurité Alimentaire ( PNSA-Volet secteur primaire )
d’autre part.
Le montant global des différents programmes du PNSA ( Volet - eau, agriculture,
élevage, pêche ) s’élèvent à plus de cent millions de dollars US.
Mesdames, Messieurs, en conclusion,
Au cours de ces 10 dernières années, l’essor économique sans précédent de notre
pays est reconnu tant par les instances internationales spécialisées telle la
Banque Mondiale que par l’ensemble de nos concitoyens. A ce propos, les
représentants de la Société Civile l’ont exprimé sans ambiguïté, tout au long de
ces journées de réflexion sur l’action gouvernementale.
Mais au-delà de cette incontestable croissance économique, la préoccupation
majeure de S.E ISMAIL OMAR GUELLEH Président de la République, reste et restera
la justice sociale, la solidarité entre riches ou pauvres, citadins ou nomades
pour réduire la fracture sociale et garantir de la sorte : la paix, la
stabilité, le bien-être de l’ensemble de la population à l’aube du XXIème
siècle.
Je vous remercie de votre attention.
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