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Discours
sur la recherche scientifique
SEMINAIRE DE REFLEXION
SUR L'ACTION GOUVERNEMENTALE
Excellence M. le Président de La République
Excellence M. Le Premier Ministre
Mesdames et Messieurs les Ministres et les députés
Mesdames et Messieurs
Excellence, monsieur le Président, je voudrais à mon tour vous féliciter pour
l'organisation de ce séminaire de réflexion qui est le second en la matière
depuis 2002. Un tel évènement est essentiel pour analyser les réalisations par
rapport aux objectifs fixés et d'asseoir ainsi les perspectives pour les actions
à mener pour le développement économique et social de notre pays.
C'est aujourd'hui un grand honneur pour toute la communauté scientifique de
venir présenter le domaine de la recherche scientifique et notamment ses
développements au cours de la décennie passée, devant cette assemblée réunie
dans le cadre du séminaire de réflexion sur l'action gouvernementale. Ceci est
une première. Une telle initiative traduit la volonté claire du pays quant à
l'intégration de la dimension scientifique dans le développement durable et dans
la recherche des solutions dans un contexte où le pays traverse une période de
défis sur le plan économique et social.
Je voudrais également, Monsieur le Président, vous remercier de votre soutien
infaillible à la recherche scientifique nationale et pour l’occasion qui m’est
accorder de présenter les actions conduites par le Centre d’Étude et de
Recherche de Djibouti.
Je vais tenter tout au cours de mon exposé de vous donner un aperçu aussi large
que possible de l’engagement de notre pays dans la recherche comme outil de
développement et de la progression que cette activité a connu durant ces dix
dernières années.
Nul ne peut ignorer que, sécheresse, salinisation des eaux et des sols,
tarissement des nappes, pollution, coût énergétique, faible maîtrise des
nouvelles technologies, conflits régionaux, menace sur notre patrimoine
historique et culturel sont autant de contraintes au développement de notre
pays.
Également, nul ne peut ignorer que les relations étroites et complexes qui
existent entre le développement et la recherche font partie intégrante des
stratégies visant le progrès de notre pays. Les évolutions, auxquelles
l’humanité fait face ces dernières décennies, montrent partout les signes
perceptibles de la capacité de la recherche à surmonter les défis à venir et à
mieux préparer les pays qui ont su la développer.
Conscient de ces enjeux, la Présidence a mis l’accent sur la nécessité de
soutenir une recherche scientifique de qualité pour appuyer les possibilités de
développement durable de la nation. La recherche scientifique, et encore plus
aujourd'hui, se justifie par les multiples difficultés apparaissant sur le plan
de la gestion de nos ressources naturelles, l'absence de la recherche
technologique, et par le retard accumulé dans la connaissance, la conservation
et la divulgation de notre patrimoine culturel. On aura de cesse de rappeler que
la recherche scientifique est une composante essentielle de l'activité humaine
étant donnée qu'elle se trouve à l'origine de la connaissance et de
l'innovation, et qu'en ces qualités, elle permet la préservation des données et
des concepts, et ouvre de nouvelles voies de développement économique et social.
La conviction de la nécessité de la recherche scientifique pour le développement
a conduit depuis une dizaine d'années, son Excellence Ismail Omar Guelleh,
Président de la République de Djibouti, à mettre en place sa stratégie en
matière de renouveau de la recherche scientifique nationale. Celle-ci n'est plus
au niveau des discussions mais, résolument tournée vers son renforcement concret
dans la logique d'un développement économique et social et pour l'amélioration
des conditions de vie des populations. Une telle stratégie de développement de
la recherche scientifique se déploie selon les principaux axes ci-dessous :
- Restructuration institutionnelle
- Coordination de la recherche scientifique
- Renforcement des capacités humaines et matérielles
- Mécanisme de financement
Au niveau institutionnel, rappelons tout simplement que dans notre pays la
recherche scientifique relevait d’un seul institut l’ISERST (Institut Supérieur
d’Études et de Recherche de Djibouti) crée en 1979 et ne disposant que de
faibles capacités humaines et matériels pour répondre aux besoins réels de
développement.
Mais depuis 2002 et pour doter le pays d’un Centre de Recherche à la hauteur des
défis toujours pressants que nous imposent le développement et la demande
sociale, le Président de la République a restructuré la recherche scientifique
en mettant en place le Centre d’Études et de Recherche de Djibouti (CERD) placé
sous l’autorité du Conseil National Scientifique. Le CERD comporte aujourd’hui
six instituts : les Sciences de la terre, les Sciences de la Vie, les langues,
les Sciences Sociales, les Nouvelles Technologies et les Études Politiques et
Stratégies.
Dans cette phase de mise en place de la nouvelle stratégie pour la recherche
scientifique, il était essentiel de se doter d'une coordination renforcée pour
la recherche. C'est ainsi que le Conseil National Scientitifique a été mis en
place et présidé par le Secrétaire Général du Gouvernement, monsieur Mohamed
Hassan, à qui je voudrais tout particulièrement présenté mes hommages pour tout
le soutient fort et les encouragements apportés au cours de ces années écoulées.
Toujours dans cette optique, où le pragmatisme et la nécessité avaient permis de
faire progresser la structure de base pour la recherche scientifique, il restait
cependant à accompagner une telle organisation par la mise en place d'un statut
propre aux chercheurs du Centre de Recherche. Durant l'ancien système, le seul
cadre des chercheurs inclus dans le statut des fonctionnaires ne pouvait plus
réellement et efficacement répondre aux besoins du CERD en matière
d'hiérarchisation, de responsabilité, de technicité et de formation. Cest ainsi
qu'un nouveau statut des chercheurs et des techniciens spécialisés avait été
élaboré et appliqué dès 2006. La mise en place d'un statut adéquat compte tenu
de la situation économique et social du pays, était indispensable pour la
reconnaissance des chercheurs et des techniciens qualifiés, pour attirer et
encourager les jeunes chercheurs potentiels, pour les responsabiliser sur le
rôle qu'ils ont à assumer dans les défis du pays et enfin, assurer une
motivation et une continuité du renforcement des capacités humaines nationales
disponibles.
A la mise en place du CERD en 2002, le constat montrait que l'effectif
scientifique était nettement insuffisant pour accomplir les tâches qui
incombaient au CERD. Dans l'ensemble le CERD comptait 3 docteurs, 7 personnes en
préparation doctorale, 7 personnes de niveau maîtrise et ingénieur, et 9
techniciens. Plusieurs domaines très importants demeuraient sans ressources
humaines: sismologie, volcanologie, tectonique, substances utiles, hydrologie,
hydraulique rurale, agriculture, phytosanitaire, linguistique, archéologie,
histoire, socio-économie, sociologie, télédétection-SIG, informatique,
électronique-automatique, etc. Les efforts déployés depuis, ont permis de
renforcer significativement le potentiel scientifique du CERD qui compte
aujourd'hui 12 docteurs, 11 formations doctorales et une dizaine de chargés de
recherche.
En termes d’appui financier, entre 2003 et 2006, le gouvernement a procédé à une
importante révision du budget du CERD en l’augmentant de plus de 100 %, de 150 à
308 millions. De plus en terme des investissements en infrastructure et en
projet de recherche, l’appui fourni par le Président de la République a permis
de donner au CERD une nouvelle dimension en finançant des projets et la
construction de laboratoire de grande envergure.
Ainsi on peut citer le financement du laboratoire de biotechnologies végétales
pour la production in vitro de palmiers dattiers dont l’objectif principal est
de contribuer à la sécurité alimentaire et participer au développement
économique du pays. En créant le laboratoire de biotechnologie végétale sur
financement propre, le développement du secteur agricole à partir d’une
stratégie de recherche fondée sur une meilleure exploitation des ressources et
sur la maîtrise des technologies d’amélioration des espèces cultivées comme le
palmier dattier a effectivement été lancé et consolidé. Le pari semble
aujourd’hui en grande partie gagné. Ce laboratoire en l’espace de deux années a
su concrétiser ce que beaucoup de pays nous envie aujourd’hui, la multiplication
de variétés de palmiers dattiers de grandes valeurs nutritives et commerciales
plaçant Djibouti dans le concert des nations citées en matière de cette
technologie. Il aura prochainement la capacité de produire plus de 10 000
vitro-plants. Parmi les variétés mondialement connu et en cours de production
dans le laboratoire figurent le Deglet Nour et le Majhoul.
Nous citerons également le laboratoire national de la cartographie dont
l’objectif est de permettre au pays de disposer de cartes thématiques parlantes
en terme de localisation des ressources naturelles existantes. Aujourd’hui ce
laboratoire dispose d’une base de données numérique géo référencée
opérationnelle qui permet d’éditer de nombreuses cartes thématiques (eau, sols,
végétations…) qui sont autant d’outils de prise de décision à la disposition de
décideurs politiques et des bailleurs de fonds. Ces cartes disponibles au CERD
sont déjà mises en vente depuis l’année dernière. A terme il s’agira d’éditer un
atlas national sur le pays. De plus, c'est avec grande satisfaction que je peux
vous annoncer que le laboratoire accueille un grand projet de la Banque
Mondiale.
Le laboratoire d’analyse chimique qui en plus de ses possibilités d’analyses des
éléments majeurs a été renforcé à travers l’acquisition d’outils les plus
performants permettant d’analyser les métaux, les éléments traces sur les eaux
et les roches. Il a donc pour vocation maintenant à répondre au besoins des
études des ressources en eau, des questions de pollution, de la géologie, de la
recherche minière…etc.
Au niveau des études conduites en matière des énergies nouvelles et
renouvelables, la présidence a financé un projet d'évaluation du potentiel
d'énergie éolien dans l’ensemble du pays. Les données collectées sont
aujourd’hui très encourageantes, vitesses entre 5 à 9 m/s, et démontrent les
potentialités significatives dont nous disposons dans ce secteur. Dans le
secteur de l'énergie géothermique, qui est une grande priorité nationale, les
différents laboratoires des sciences de la terre participent, à travers le
Ministère de l'Énergie et des Ressources Naturelles, avec les partenaires privés
aux études de préfaisabilité et de faisabilité, mais mènent aussi leurs propres
recherches sur les nouveaux sites.
En matière d’étude des langues et loin de chercher à répéter ce qui a été dit
par le Ministre de la Communication et de la Culture, M. Ali Abdi , le CERD
travaille actuellement sur l’élaboration d’un dictionnaire en langue Somali de
100 000 entrées et ce qui est impressionnant c'est que ce dictionnaire dépasse
en nombre de mots le petit robert qui en compte 75 000. Plus encore, un projet
de dictionnaire quadrilingue et imagier, unique en son genre (arabe, afar,
français et somalie) est en cours de réalisation visant principalement un public
de jeunes de 8 à 13 ans. En outre, le CERD a participé à la publication d’une
série de livres en langues somali et afar. A côté de ses activités de
publication et recherche linguistiques, le CERD encourage les débats et
rencontres entre spécialistes au travers des forums des langues nationales.
Dans le domaine de la recherche technologique, les premiers travaux ont été
orientés vers la reconnaissance vocale appliquée aux langues nationales. Cette
discipline scientifique toute nouvelle a pour objet à terme de permettre de
nombreuses facilités, par exemple pour la traduction des documentaires. Les
retombées contribueront de manière significative à une meilleure transmission et
sensibilisation de la population djiboutienne sur les connaissances multiples
dans le monde. L'autre nouveau secteur que CERD se propose de développer en
nouvelle technologie porte sur la spécialité de l'électronique appliquée à la
réalisation des capteurs pour différents paramètres physiques et chimiques.
Le CERD apporte aussi pleinement sa contribution dans de domaine de la
surveillance des catastrophes naturelles. L'Observatoire Géophysique d'Arta
assure pour notre pays le suivi de l'activité sismique mais permet aussi la
réalisation de nombreuses thèses de doctorats pour des institutions
scientifiques de renommées internationales comme l'Institut de Physique du Globe
de Paris. De plus, le CERD a aussi la charge du Système d'Alerte des Crues de
l'oued Ambouli pour la protection de la ville de Djibouti. Ce système suivi en
temps réel permet aujourd'hui de transmettre les informations sur les téléphones
portables des responsables automatiquement. A plus grande échelle et dans le
cadre du Traité International d'Interdiction des Essais Nucléaires, du système
des Nations Unies, le CERD a le grand privilège d'accueillir deux stations du
réseau mondial: la station sismique déjà certifiée et la station infrason devant
être installée cette année.
Parmi ces nombreux domaines de la recherche scientifique, il y a aussi celui des
ressources en eau, celles souterraines et celles de surface. Le CERD dispose
aujourd'hui de plusieurs docteurs pluridisciplinaires pour répondre aux
multiples questions des ressources en eau dans le but de mettre en place une
gestion intégrée et durable en s'appuyant sur des études de pointe. Le CERD a
mis en place à Arta un Site Hydrogéologique Expérimental en milieu volcanique
quasiment unique en son genre et qui est perçu favorablement pour devenir un
site scientifique de formation de l'UNESCO.
Dans le cadre de ces nombreuses activités de recherche, le partenariat recouvre
un aspect tout à fait essentiel. Le partage de l'expérience nationale, régionale
mais aussi internationale pour les sciences, où les avancées ne cessent de se
multiplier, reste une nécessité au regard de l'universalité des sciences et des
technologies. L'échange et la concertation fondés sur un partenariat
scientifique équitable depuis l'échelle individuelle jusqu'à l'échelle
institutionnelle sont un véritable atout pour faire progresser les sciences.
Partant de ces résultats et dans sa stratégie de consolider une science au
service du développement, le Président de la République a décidé de mettre en
place un fonds de recherche triennal de 500 millions de francs Djibouti pour les
programmes de recherche-développement du CERD.
C'est là une décision unique et historique pour la recherche scientifique
djiboutienne. Elle permet à notre pays de se classer dans la moitié supérieure
des pays africains par le taux mesurant l'engagement financier d'un pays en
science, appelé la "Dépense Intérieure de Recherche-développement" et qui
dépasse aujourd'hui 0.5%.
Mais nous sommes également conscients qu’il reste aujourd’hui à continuer à
consolider cet acquis tout en le rendant davantage disponible aux multiples
programmes de développement sectoriels initiés dans le pays. En ce sens un
programme de recherche triennal a été préparé par le CERD. Ce programme contient
un ensemble de projet portant sur les activités de l’ensemble des 6 instituts. A
titre indicatif, en non des moindres je citerai, la prospection géothermique, la
recherche minière, la maîtrise de l’énergie, les cultures sous abris, le
dictionnaire afar, la reconnaissance vocale….
De même, il est aussi essentiel de garder à l'esprit que cet élan devrait se
poursuivre à travers les multiples perspectives de la recherche scientifique
toujours pour davantage contribuer au développement social et économique du
pays. Sans pour autant être exhaustif, les perspectives comprennent notamment la
mise en place d'un laboratoire de biologie marine ou encore la création d'un
laboratoire en électronique. Aussi, cette s'est poursuivi dans un souci de
complétude à obtenir pour notre centre de recherche le projet de construction
d'un nouveau bâtiment triplant les capacités de l'infrastructure existante.
Celui-ci comportera de nombreux laboratoires, bureaux, salle de conférence et
bibliothèque permettant aux chercheurs d’évoluer dans un environnement propice à
la conduite de leurs activités.
Mesdames et Messieurs, comme vous pouvez le constater en 10 ans et grâce à
l’appui sans failles du président de la République les progrès sont énormes tant
au niveau de renforcements de capacités qu’au niveau des résultats obtenus. Ces
progrès se traduisent aujourd’hui par un gain de crédibilité de la recherche
dans notre pays tant sur le plan national qu’international et lui vaut les
faveurs non seulement de d’appui financiers et techniques mais la conduite de
projets communs à travers des conventions de partenariat avec des grandes
institutions et universités étrangères de grandes renommées.
La tenue du symposium international d’hydrogéologie en décembre 2008 présidé par
son excellence le président de la République, et la présence de sommités
internationales dans ce domaine des ressources eau témoignent de la qualité de
la recherche conduite dans notre pays.
En conclusion Mesdames et Messieurs, à travers sa conviction profonde que la
recherche scientifique constitue un outil incontournable pour le développement,
le Président de la République a donné un véritable élan et une véritable
ambition à la recherche scientifique de notre pays. Cet élan et cette ambition
se traduisent aujourd’hui par des résultats palpables et souhaitons le durable
dans l’avenir.
Je vous remercie.
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