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Intervention du Ministre Délégué à la Coopération Internationale S.E M Ahmed Ali
Silay
lors du séminaire de réflexion sur l’action Gouvernementale
Monsieur le Président de la République ;
Monsieur le Premier Ministre ;
Monsieur le Vice Président de l'Assemblée Nationale ;
Chers (es) collègues ;
Honorables parlementaires ;
Monsieur le Secrétaire Général du gouvernement ;
Mesdames et Messieurs ;
Permettez-moi dans un premier temps de vous exposer les principales raisons qui
ont motivé la création du Ministère délégué chargé de la Coopération
Internationale et ses missions et ensuite je tâcherai de vous donner un aperçu
général des activités du département que j’ai l’honneur de diriger.
La multiplication des acteurs de l’aide internationale (donateurs publics
bilatéraux et multilatéraux, collectivités, ONG, fondations…) a sensiblement
modifié le paysage de l’aide au développement beaucoup plus qu’il y’a quelques
décennies. Ces changements ont nécessité de notre part une adaptation
institutionnelle.
C’est en grande partie pour répondre à ce nouveau défi que le président de la
république, Son excellence Monsieur Ismael Omar Guelleh a crée grâce à sa
clairvoyance mon département à l’issue du remaniement ministériel du 4 Juillet
2001. Notre action se bâtit principalement sur le long terme dans le but de
mobiliser l’aide internationale, promouvoir une coopération stratégique avec nos
partenaires au développement, suivre et coordonner l’aide au développement.
C’est aussi le souci et la volonté du Président de la République Son Excellence
Monsieur Ismaël Omar Guelleh de faire rayonner notre diplomatie, renforcer notre
présence et nos actions afin de contribuer efficacement à la coopération
internationale et en tirer les meilleurs avantages pour le développement
socio-économique de notre pays.
S’agissant de nos missions, le Ministère délégué chargé de la Coopération
Internationale agit sur plusieurs fronts :
• Traite de tous les aspects de la Coopération Internationale.
• Assure une planification et une coordination globale de l'aide issue de la
Coopération Internationale,
• Assure la cohérence des intrants de la Coopération Internationale par rapport
à la politique de développement de notre pays, incluant la feuille de route du
président de la république et l’Initiative Nationale de Développement Social (INDS),
• Entretient des relations avec les agences d’aide dédiée à la Coopération pour
le développement,
• Coordonne les activités des agences des Nations Unies avec les ministères
techniques,
• Sert d’interface et de courroie de transmission entre les bailleurs eux- mêmes
et les ministères sectoriels,
• Rationalise l’aide dans un souci d’efficacité de l’assistance extérieure dans
la réalisation de nos objectifs de développement,
• S’efforce de mettre en place un système de gestion informatisé des données sur
l’aide au développement pour permettre prochainement l’élaboration régulière
d’un rapport sur la coopération au développement,
• Et enfin, mène des activités de sensibilisation dans le cadre de la bonne
gouvernance conformément aux engagements prise par la république de Djibouti
notamment sur les principes de la Déclaration de Paris et le Mécanisme Africain
d’Evaluation par les Pairs (MAEP).
Coopération multilatérale
Excellence, Mesdames et Messieurs,
Dans le cadre de la coopération avec les systèmes des Nations unies, la reforme
des Nations Unies a amené les agences du Système des Nations Unies résidentes à
Djibouti telles que le PNUD, le FNUAP, le PAM et l’UNICEF à s’organiser et à se
regrouper pour formuler ensemble, avec la participation de la société civile du
secteur privé et le leadership du gouvernement, un cadre de coopération entre le
gouvernement et le système des nations unies pour la période 2008-2012. Il
s’agit là du Plan Cadre des Nations Unies pour le Développement ou UNDAF
2008-2012.
Le Ministère Délégué chargé de la Coopération Internationale a coordonné le
processus permettant la formulation de ce cadre de coopération qui a débuté en
juillet 2006 par le Bilan Commun des Pays (CCA), l’élaboration du cadre de
coopération avec le Système des Nations Unies (UNDAF) et la signature du Plan
d’Action du Programme Pays (CPAP).
La formulation de ce Plan Cadre des Nations Unies pour le Développement s’est
basée sur les leçons apprises lors du cycle de l’UNDAF (2003-2007) que le MDCI
avait conduit de bout en bout ainsi que sur les priorités définies lors des
différentes consultations menés au niveau national. A ce propos, il convient de
retenir que le montant global du précédant cycle UNDAF (2003-2007) s’élevait à
40,44 millions de dollars tandis que celui de l’UNDAF (2008-2012) atteint
environs les 61 millions de dollars soit une augmentation de près de 20 millions
de dollars.
Conformément à ses prérogatives, mon département a veillé ce que le plan cadre
2008-2012 soit en parfaite adéquation avec les priorités gouvernementales et
s’aligne sur la feuille de route du président de la république, et l’ Initiative
Nationale pour le Développement Social (INDS) dont les objectifs sont la
promotion de l’accessibilité aux services sociaux de base, à la réduction du
chômage et à l’assistance aux personnes en grande vulnérabilité. Ce Plan cadre
tient aussi compte des objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
La mise en œuvre du Plan Cadre 2008-2012 a commencé en janvier 2008 avec la
signature le 17 décembre 2007 d’un Plan d’Action du Programme Pays par toutes
les agences concernées par ce processus. La signature de ce Plan d’Action est
d’une importance majeure car il a permis au MDCI de cadrer toute la coopération
sectorielle pour la période 2008-2012 avec le Système des Nations Unies.
Coopération au niveau continental (NEPAD/MAEP)
Excellence, Mesdames et Messieurs,
Concernant la coopération au niveau continental, le MDCI a tenu en Mars 2005 un
Forum National de coordination et de suivi du NEPAD. Ce forum national avait
réuni les parlementaires, les représentants des ministères, de la société civile
et du secteur privé.
L’objectif de ce forum était de sensibiliser et vulgariser le NEPAD comme outil
de développement et faciliter par ailleurs le débat national sur les voies et
moyens d’engager notre pays dans ce défi majeur qu’est la réalisation des
objectifs de cet ambitieux programme. Ainsi, quelques initiatives ont été menées
par les ministères sectoriels dans le cadre des programmes sectoriels du NEPAD
même si beaucoup reste à faire pour que Djibouti tire pleinement profit de
toutes les potentialités qu’offre le NEPAD.
Cependant, concernant le volet bonne gouvernance du NEPAD, Djibouti a adhéré à
un nouvel instrument qui mesure les performances en matière de gouvernance et
suit les progrès réalisés sur la voie de la bonne gouvernance. Le Mécanisme
Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) est un processus d’apprentissage des
meilleures expériences africaines, qui permet la promotion des réformes
courageuses nécessaires pour améliorer les conditions de vie de la population à
travers l’ouverture à l’examen critique de leur gouvernance par leurs pairs
africains.
La signature par le président de la république Son Excellence Monsieur Ismaël
Omar Guelleh du Mémorandum d’Entente sur le Mécanisme Africain d’Evaluation par
les Paires (MAEP), au cours du Forum des Chefs d’Etat et de gouvernement qui
s’est tenu en juin 2007 à Accra (Ghana), a marqué l’importance qu’il attache au
principe de la gouvernance démocratique dans la réalisation des Objectifs
nationaux et internationaux de développement.
La République de Djibouti, depuis son adhésion au mécanisme, a réalisé quelques
avancées sur la voie de la mise en œuvre du processus national du MAEP dans
l’optique de préparer un environnement favorable à la participation de toutes
les composantes de la société djiboutienne au processus MAEP en république de
Djibouti.
Pour ce faire le Ministère délégué chargé de la Coopération Internationale, a
initié une stratégie de communication et de vulgarisation du MAEP pour permette
une meilleure compréhension du processus par les acteurs qui seront chargés de
le conduire ou dont la participation au processus national sera nécessaire.
Dans cette optique, sous le haut patronage du Premier ministre Son Excellence
Monsieur Dilleita Mohamed Dilleita, le MAECI a co-organisé avec la Commission
Economique pour l’Afrique (CEA) un important « atelier de sensibilisation des
principaux acteurs nationaux sur le MAEP »les 17 et 18 décembre dernier à
laquelle ont participé les parlementaires, les représentants des ministères, de
la société civile et du secteur privé.
Actuellement, nous sommes entrain de finaliser le décret portant création d’un
Comité National de Coordination et de Mise en oeuvre du processus du Mécanisme
Africain d’Evaluation par les Pairs (CNCM -MAEP) en collaboration avec le
coordinateur national.
Coopération technique (bourses et formations)
Excellence, Mesdames et Messieurs,
Dans le domaine de la coopération technique, grâce aux relations bilatérales et
à la diversification de notre diplomatie guidée par le président de la
république, nos étudiants bénéficient des bourses sur tous les continents. Ce
qui enrichi davantage la formation de nos élites.
Coopération bilatérale
Excellence, Mesdames et Messieurs,
S’agissant de la Coopération bilatérale, le MDCI assure principalement le suivi
évaluation du « Document Cadre de Partenariat » avec la France. Il s’agit d’un
accord bilatéral qui prévoit le cadre de la coopération pour l’aide au
développement afin de mettre en place une dynamique de partenariat dans la
réalisation des OMD. Ce document cadre de partenariat constitue une évolution
majeure dans la formalisation de notre coopération avec la France puisque son
action s’inscrit dans la durée et donne une plus grande visibilité de notre
coopération avec la France.
Le MDCI suit de très prés l’avancement des différents projets découlant du DCP
et assure une coordination de l’ensemble. La tenue de consultation régulière et
de rencontres périodiques telles que les revues annuelles permet de tirer un
bilan d’étape des succès engrangés mais également des adaptations qu’il est
naturel d’apporter.
Aux nombres de ces adaptations, on peut citer,suite à notre demande l’alignement
du DCP sur les objectifs de l’INDS lors de la revue annuelle de 2007.Ces
possibilités démontre la nature évolutive et flexible du Document Cadre de
Partenariat (DCP), ce qui accroît encore plus son efficacité.
Coordination de l’aide
Excellence, Mesdames et Messieurs,
Le suivi et la coordination de l’aide au développement ont toujours été le
domaine de prédilection du MAECI qui s’en acquitte à travers un calendrier
prédéfini : lors des commissions mixtes, lors des revues annuels, lors des revue
à mi-parcours mais également lors des lancements des différends rapports
nationaux sur le développement humain, notamment en ce qui concerne les
objectifs des OMD.
Aujourd’hui, d’une part au regard de l’évolution de l’architecture de l’aide et,
d’autre part, aux vues des engagements politiques du président de la république
exprimés notamment à travers notre adhésion volontaire au MAEP et aux principes
de la déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, mon département se devait
de réfléchir sur la manière d’améliorer ses performances en matière de
coordination de gestion de l’aide et de suivi évaluation au niveau national.
C’est dans ce contexte de nouvelles exigences que nous avons initié dès 2007,
une réflexion globale sur la question de l’articulation entre le développement
et la bonne gouvernance. Cette réflexion a aboutit dans un premier temps à
l’élaboration d’un projet de renforcement des capacités et de coordination avec
le soutien du PNUD.
Monsieur le président, nous avons compris au bout d’un certain temps qu’il
s’agissait là d’un travail de longue haleine. Nous avons fait face à un certain
nombre de difficultés pratiques parmi lesquelles, la collecte des données, les
limites d’une base de donnée développée localement. Pour remédier à ces
difficultés, nous avons effectué des visites auprès des pays bien avancés sur
cette question.
C’est donc, inspirés des expériences acquises lors de visite d’ échanges d’
expériences au Rwanda qui a réussi à mettre sur pied des outils de systèmes de
gestion informatisé de l’aide, qui ont prouvé leur efficacité,ou encore lors de
la participation de la Direction de Financement Extérieurs et la Direction de la
coopération Internationale à des ateliers régionaux sur l’amélioration de
l’efficacité de l’aide à Cotonou ,à accra,que nous avons opter pour
l’acquisition d’un seul outil de gestion des données puissant tel que le DAD (Development Assistance Database) capable de satisfaire tous les acteurs
concernés au niveau national. De plus, la Déclaration de Paris préconise
l’utilisation d’un seul outil de suivi et gestion de l’aide par pays.
Pour nous monsieur le président,ce logiciel a également la vertu d’être
accessible à travers le Web à tous les partis prenantes au développement de
notre pays, de ce fait il facilite donc la collecte des données et le partage
d’information. Monsieur le président, ce logiciel répond aussi aux soucis de
transparence et de bonne gouvernance que vous exigez dans toute action
gouvernementale. Ainsi nous pourrons accroître la visibilité et la lisibilité
des nos actions en faveur de notre développement.
Grâce à cet outil nous pourrons parvenir à notre principal objectif qui reste
l’accroissement du volume de l’aide au profit de notre pays.
Pour conclure monsieur le président, mesdames et messieurs, je voudrais vous
assurer que mon département continuera à jouer un rôle prépondérant dans le
développement socio-économique de notre pays en remplissant les missions que je
vous ai cité auparavant en étant réactif voir proactif aux défis nouveaux dans
un monde changeant.
Je vous remercie de votre attention.
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