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DISCOURS DU MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE
ET DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
AU SEMINAIRE SUR L’ACTION GOUVERNEMENTALE
Son Excellence, Monsieur le Président de la République,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Chers participants et participantes,
C’est avec un réel plaisir que je me prête à l’exercice initié par SE le
Président de la République qui consiste à rendre compte devant le peuple que
vous représentez et à enregistrer vos critiques constructives et vos
suggestions. Elles nous serviront à mieux poursuivre nos efforts pour une
meilleure valorisation de nos ressources humaines.
Suite à la tenue des Etats Généraux de l’Education en décembre 1999, sous le
Patronage de SE le Président de la République, le Gouvernement djiboutien s’est
engagé dans une politique ambitieuse tant sur le plan quantitatif que
structurelle et institutionnelle, dont :
1- l’instauration d’un enseignement de neuf années garanti pour chaque enfant
djiboutien de 6-16 ans, et la suppression du concours d’entrée en sixième ;
2- l’ouverture de l’enseignement secondaire et la création de lycées dans toutes
les régions du pays ;
3- la création d’un enseignement supérieur djiboutien avec l’ouverture du Pôle
universitaire de Djibouti transformé en 2006 en Université de Djibouti de plein
exercice ;
4- la réforme des contenus et des méthodes pédagogiques à tous les niveaux
d’enseignement.
5- Le renforcement de l’Enseignement de l’Arabe et la mise en place d’un
Baccalauréat en langue arabe
Dix ans après les Etats Généraux tous ceux qui ont suivi l’évolution de notre
système éducatif devront reconnaître les résultats de cette nouvelle politique
éducative caractérisés par une augmentation très significative des effectifs
scolarisés à tous les niveaux d’études et par une mobilisation sans précédent de
ressources publiques, tant d’origine nationale qu’extérieure.
Le document en votre possession présente les évolutions et les réalisations
majeures de notre système éducatif.
Je rappellerai seulement quelques unes au cours de cette intervention.
1- le pays comptait 39 000 élèves au primaire en 1999, ils sont plus de 52 000
cette année.
2- le collège comptait 11 000 élèves en 1999, ils sont plus de 30 000 cette
année
3- L’enseignement secondaire est passé de 1 500 élèves à à plus de 10 000 élèves
aujourd’hui.
4- L’enseignement supérieur à Djibouti a vu ses effectifs exploser de 400
étudiants en 1999 à plus de 2 700 aujourd’hui.
Cet effort colossal a nécessité la construction ou la réhabilitation de 587
salles de classe dans le primaire, de 293 dans le moyen général et technique et
de 112 dans l’Enseignement secondaire et Technique.
Les travaux pour la construction d’un Complexe Universitaire moderne d’une
capacité de 10 000 étudiants et d’un coût de plus de 3 milliards de FD, vont
démarrer avant la fin de la présente année civile.
Cet effort a aussi nécessité le recrutement et la formation de plus en plus
d’enseignants et de cadres pédagogiques.
Le corps enseignant est ainsi passé de xxx 2001 à plus de 3 500 en 2008 et la
catégorie d’instituteurs suppléants si souvent blâmés dans les années 90 est en
voie d’extinction.
Cet effort a également nécessité l’élaboration et l’impression de nouveaux
manuels scolaires, dans l’enseignement fondamental, mieux adaptés au contexte
djiboutien dans le but de doter chaque élève d’un manuel scolaire de qualité
dans chaque matière.
Enfin, pour réduire les disparités, le réseau d’établissements scolaires a été
étendu à l’ensemble du pays pour le rapprocher des zones d’habitation et des
services sociaux tels que des cantines et des dortoirs ont été fournies aux
enfants les écoles rurales et à ceux qui sont obligés de poursuivre leurs études
dans les chefs lieux des régions
Cette politique d’éducation inclusive que nous menons en étroite collaboration
avec les parents d’élèves a permis non seulement de résorber le déficit de
scolarisation des filles, mais aussi celui de l’accueil des enfants des zones
rurales le plus reculées.
Ces réalisations ont un coût :
1- Plus de 20 Milliard de FD ont été investis avec l’aide de nos partenaires
techniques et financiers sous forme de dons et de prêts à taux réduits au cours
de deux plans d’Action de l’Education ( 2001-2005 et 2006-2008).
2- Parallèlement, les dépenses courantes de fonctionnement du secteur éducatif
sont passées de 4,5 Milliards en 1999 à 10,3 Milliards en 2008 portant la part
du secteur de 15,8% des dépenses courantes de l’Etat en 1999 à 25,7% en 2008.
Il ne fait donc pas de doute que des efforts budgétaires très substantiels ont
été faits pour augmenter le financement public des services éducatifs à Djibouti
au cours des neuf dernières années.
Mesdames et messieurs,
Nous pouvons donc conclure à l’existence de progrès considérables réalisés au
cours des neuf dernières années.
Malgré tous ces efforts, nous ne sommes pas encore à une scolarisation
fondamentale pour tous mais cet objectif est à notre portée et n’apparaît plus
aussi chimérique qu’en 1999.
Cela dit, cette situation, bien que très satisfaisante n’est pas sans amener des
interrogations pour l’avenir. Trois domaines d’interrogations peuvent être
légitimement ouverts :
1- le premier est lié au fait que la poursuite des dynamiques en cours devrait
conduire à une augmentation très considérable des effectifs dans la partie haute
du système : au rythme actuel de la progression des effectifs de l’enseignement
secondaire il faudrait accueillir plus de 20 000 élèves d’ici 2014 et donc
doubler pratiquement le nombre actuel des lycées. Comment rendre financièrement
soutenable une telle augmentation ?
Il en sera de même pour l’Enseignement Supérieur où l’augmentation des effectifs
du lycée génèrera nécessairement une augmentation des bacheliers.
Mécaniquement, les effectifs des lycéens de terminale des lycées publics
passeront de 2159 en 2008 à 7321 en 2014 (avec un taux de passage du collège au
lycée de 70%).
La pression sur l’Université de Djibouti sera donc multipliée par 3.4 d’ici
2014.
Il convient de réfléchir à l’instauration d’un numérus clausus pour l’accès à
l’université car si le diplôme du baccalauréat autorise à lui seul l’inscription
dans l’enseignement supérieur, on risque de ne pas pouvoir maîtriser les flux.
2- le second aspect de ces interrogations concerne l’adéquation formation emploi
: les cohortes de jeunes de plus en plus nombreuses qui sortent de notre système
éducatif avec ou sans diplômes pourront-elles s’insérer dans le marché de
l’emploi ?
3- le troisième aspect des interrogations concerne la dimension de la qualité
des services offerts. En effet, toute politique éducative peut être exposée, à
l’analyse des arbitrages entre la quantité et la qualité si les moyens
financiers consacrés au secteur ne permettent plus de faire face aux deux
aspects à la fois.
Nous espérons que les contributions des participants à ce séminaire nous
aiderons à apporter des réponses satisfaisantes à ses interrogations.
Je vous remercie de votre attention.
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