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Discours de S.E. MOUSSA AHMED HASSAN,
Ministre de l’Emploi, de l’Insertion et de la Formation Professionnelle,
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Chers collègues membres du gouvernement,
Mesdames et Monsieurs les membres de l’Assemblée Nationale,
Mesdames et Monsieurs les représentants des collectivités locales,
Mesdames et Monsieurs les représentants de la société civile et du secteur
privé,
Honorables participants à ce séminaire,
L’opportunité m’est offerte aujourd’hui, grâce à ce séminaire sur l’action
gouvernementale, de vous présenter les activités que met en œuvre le Ministère
de l’Emploi, de l’Insertion et de la Formation Professionnelle que j’ai
l’honneur de diriger.
Il me faut d’abord vous présenter brièvement les champs de compétences ainsi que
les missions attribuées à ce département ministériel.
Comme son nom l’indique, il s’agit du Ministère en charge de la question de
l’emploi, de l’insertion et de la formation professionnelle. Cette question est
bien entendu au centre des objectifs de développement du pays et en particulier
dans sa stratégie de lutte contre la pauvreté. L’emploi est le moyen par lequel
une personne subvient à ces besoins et à ceux de sa famille et peut s’insérer
convenablement dans la société. De ce fait, l’emploi dépasse le seul cadre
d’action du Ministère de l’Emploi et touche à l’ensemble des domaines
d’activités des autres départements ministériels. L’emploi est ainsi une
problématique transversale et se retrouve dans toutes les stratégies et
programmes sectoriels de développement.
Comme son nom ne l’indique pas, le département que je dirige est également en
charge d’autres dimensions de l’action gouvernementale. Il s’agit d’abord de la
protection sociale. Il a en effet la tutelle des caisses de retraites que sont
la Caisse Nationale de Retraite (CNR) et l’Organisme de Protection Social (OPS)
qui sont dans un processus de fusion pour former une seule entité dénommée
Caisse Nationale de Sécurité Social (CNSS). C’est aussi le Ministère de la
Fonction Publique et le Ministère du Travail comme beaucoup l’appelle encore.
Emploi, Insertion et Formation Professionnelle
Comme je l’ai évoqué précédemment, l’emploi est au cœur de la stratégie du
gouvernement. Il est rappelé dans la feuille de route du Président de la
République pour le gouvernement que « le chômage et le sous-emploi constituent
les questions vitales pour la survie et la consolidation de l'assise sociale de
notre nation ; ceci exige que l'emploi soit pris comme un objectif fondamental,
commun à toutes les politiques sectorielles et comme valeur majeur de toutes les
stratégies de lutte contre la pauvreté ».
Avec l’embellie économique que connait notre pays depuis ces dix dernières
années, l’emploi a effectivement été au centre des préoccupations des projets de
développement. Un progrès considérable a été réalisé. Les grandes
infrastructures qui ont été réalisés en particulier dans le domaine des
transports, mais aussi dans nombre de secteurs d’activités comme les services,
la construction, ou le tourisme pour ne citer que ces derniers, ont créés
beaucoup d’emplois. L’augmentation des activités dans les entreprises a généré
également de nombreux emplois. Ce constat a été fait par tout un chacun et ne
souffre d’aucune équivoque. Ces créations d’emplois ont amélioré les conditions
de vie d’un grand nombre de nos concitoyens en même temps que développé notre
économie par l’accroissement de la consommation.
Ceci étant, il n’en demeure pas moins, qu’en dépit d’une croissance économique
relativement forte, la création d’emploi reste bien en deçà du niveau qui serait
nécessaire pour réduire significativement le taux de chômage dans notre pays. Il
faut par conséquent renforcer nos actions et redoubler d’efforts afin de
parvenir à une plus grande création d’emploi. Il a été rappelé dans la feuille
de route que ces actions doivent en particulier viser les jeunes qui sont la
catégorie de la population la plus touchée par le chômage.
En ce qui concerne le Ministère de l’Emploi, cet objectif passe par le
renforcement de la toute nouvelle Agence Nationale de l’Emploi, de la Formation,
de l’Insertion et de la Formation Professionnelle (ANEFIP). Cette agence a
surtout deux missions.
La première est de jouer un rôle d’intermédiation efficace entre les demandeurs
d’emplois et les entreprises. Pour ce faire elle doit pouvoir compter sur un
système d’information performant capable de gérer les demandes et les offres
d’emplois. Elle doit aussi acquérir des compétences dans la connaissance du
marché de l’emploi dans toute sa réalité et sa complexité et tisser des liens
étroits avec le secteur privé pour qui elle doit être un partenaire fiable.
C’est la condition du succès. Des conseillers à l’emploi doivent être aussi
formés afin de relever ce défi. La disponibilité de locaux adaptés à ce travail
est également indispensable pour accueillir le public dans de bonnes conditions.
La deuxième mission de l’ANEFIP est la promotion de la formation
professionnelle. Celle-ci est importante pour les demandeurs d’emploi sans
formation ou avec une formation insuffisante pour s’insérer sur le marché du
travail. Sur ce domaine de compétence partagé avec le ministère de l’éducation
nationale, un processus a été entamé pour parvenir, dans un très proche avenir,
à une stratégie et un plan d’action pour la formation professionnelle. Dans ce
processus, il sera accordé une grande place au secteur privé, comme l’a rappelé
le ministre de l’éducation, et ce afin de correspondre les formations à leurs
besoins. La formation professionnelle est prise ici comme l’une des dimensions
nécessaires pour augmenter la compétitivité des entreprises et ce faisant de
notre pays. Le système de formation professionnelle que nous recherchons ainsi
doit être guidé par les réalités de notre pays et en outre, être suffisamment
flexible et pragmatique pour apporter des réponses rapides aux besoins tant du
secteur public que privé.
Je puis vous assurer de l’engagement du gouvernement sur cette question de la
formation professionnelle. Nous avons aussi l’appui de nos partenaires au
développement qui se sont dit prêts à nous aider à développer la formation
professionnelle. A nous maintenant de produire notre vision et nos priorités
dans ce domaine. Ca sera chose faite d’ici la fin de l’année 2009.
A travers ces deux actions, il s’agit véritablement de renforcer le service
public de l’emploi et mettre en place les capacités nécessaires pour répondre
aux besoins grandissants. Les jeunes diplômés arrivent en masse comme il a été
souligné au cours de ce séminaire. L’ANEFIP à laquelle ils s’adressent de plus
en plus, doit pouvoir les recevoir et les aider dans leur recherche d’emploi ou
de formation professionnelle complémentaire.
La Protection sociale
Après l’emploi, voila un autre grand domaine qui relève de la compétence du
Ministère. Au même titre que l’emploi, cette question est au cœur des priorités
du gouvernement. La protection sociale est en effet l’expression du système de
solidarité collective que met en place une société humaine pour prendre en
charge un certain nombre de risques comme la maladie, l’accident de travail et
la retraite.
Dans notre pays, nous pouvons d’abord nous enorgueillir d’avoir un système de
protection sociale institutionnellement organisé. Ce n’est pas le cas de tous le
pays en développement en particulier dans notre région. Notre système de
protection sociale prend en compte surtout la retraite. Cependant les salariés
du privé bénéficient auprès de l’OPS d’un régime de soins et d’accident de
travail.
Ceci étant dit, il faut rappeler que le système de protection sociale est né et
s’est structuré d’abord à l’époque coloniale. Après l’indépendance, les
conditions ayant beaucoup changé, il a fallut réformer notre système de
protection sociale par étapes successives. En 1997, la Caisse de Prestations
Sociales et le Service Médical Inter-entreprise ont fusionnés pour former
l’Office de Protection Social (OPS). La loi portant création de l’OPS est aussi
revenue sur nombre de prestations octroyées aux affiliés.
Autre temps fort, en 2002, une réforme importante des paramètres de calculs de
prestations sociales a été réalisée. Elle a concerné le taux d’annuité, le
salaire de référence (ou assiette de liquidation), le plafonnement des pensions,
l’introduction de l’impôt solidarité sur les pensions.
Enfin la dernière mesure qui est intervenue à la fin de l’année 2008, a concerné
l’âge de départ à la retraite. Il a été porté de 55 ans à 60 ans.
Toutes ces actions démontrent l’engagement constant de l’Etat de préserver le
système de protection sociale. Ce système qui a connu de grandes difficultés
pendant un certain temps est aujourd’hui viable. Les retraites sont payées à
temps. Il n’y a plus de retraités qui font le siège des guichets des caisses de
retraites et y passent la nuit. Les centres de soins que gère l’OPS fonctionnent
et accueillent les affiliés ainsi que leurs familles dans des conditions
satisfaisantes. Ceci est une satisfaction majeure.
Si l’Etat a toujours clairement montré sa volonté de préserver le système de
protection social, il faut souligner les efforts qu’ont consentis les retraités
pour participer à sa sauvegarde. La diminution récente des retenues sur les
pensions qui vient d’être effective à l’issu du premier trimestre de cette
année, sur décision du Président de la République, est un geste en leur faveur
pour améliorer leur condition de vie.
En dépit de ces progrès, notre système de protection sociale doit évoluer pour
étendre la couverture sociale existante à un plus grand nombre de couches de la
population qui s’en trouvent aujourd’hui exclues. Cette évolution est pressante
car les besoins s’expriment de plus en plus au sein de la population.
Parmi tous ces besoins, celui de la mise en place de l’assurance maladie se pose
aujourd’hui avec une insistance et une urgence particulière. Cela traduit le
constat de la nécessité dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui pour mettre
en place un système de soins plus efficace, et moins couteux pour les
populations en particuliers ceux les plus vulnérables.
Cette évolution passe d’abord par la consolidation des acquis et l’amélioration
du cadre institutionnel de la sécurité sociale. C’est la raison pour laquelle il
a été décidé de fusionner les deux caisses que sont l’OPS et la CNR. Un
calendrier a été mis en place. Cette fusion doit être effective au cours du
dernier trimestre de l’année en cours au plus tard.
Parallèlement à ce processus de fusion, le Ministère met en œuvre, avec l’appui
de la Banque Mondiale, 4 études portant sur (i) le cadre institutionnel de la
protection sociale, (ii) la convergence des régimes (volet actuariel), (iii) la
retraite complémentaire et enfin (iv) sur la formation et la communication. Ces
études ont commencé depuis le mois de mars de cette année et leur restitution
est prévue pour la mi-juin. Un atelier national sera organisé à cette fin où les
principales parties prenantes vont pouvoir s’exprimer sur ce sujet.
A l’issu de cette étape qui porte surtout sur la retraite, il est prévu
d’engager des études sur l’assurance maladie.
Comme vous pouvez le constater, l’année 2009 sera une année charnière en matière
de protection sociale.
Administration du travail
Dans ce champ de compétence, la responsabilité du Ministère, au nom du
gouvernement, est de réguler le monde du travail. Cette régulation est la
condition pour tous les acteurs, les travailleurs et les employeurs, de disposer
des règles nécessaires pour produire et générer des revenus. En outre, de la
qualité de cette régulation dépend le climat social et ce faisant des succès
économiques enregistrés par le pays.
Dans ce domaine, on peut être satisfait de l’adoption en janvier 2006 du nouveau
code du travail qui est venu remplacer l’ancien code qui datait de 1952 et qui
ne correspondait plus aux réalités de notre contexte économique et social.
Le nouveau code du travail est l’une des composantes majeures de l’arsenal des
outils du processus de modernisation économique de notre pays. A travers son
action de libéralisation du marché du travail par le biais d’une plus grande
flexibilité, il a permis aux acteurs économiques de ne pas êtres enfreint par
des règles rigides et des procédures longues. On peut par ailleurs affirmer
qu’il a contribué à renforcer la compétitivité de notre pays.
Suite à l’adoption de ce code, les partenaires sociaux avaient trois ans pour
renouveler les conventions collectives afin de les adapter avec le nouveau cadre
règlementaire. Ce délai n’a pas été respecté. Le gouvernement, compte tenu de
l’importance que revêtent les conventions collectives, a donné un délai
supplémentaire pour qu’ils puissent négocier et produire ces conventions
collectives.
Il me parait, vu les réunions régulières que tiennent les partenaires sociaux,
et de l’achèvement d’un certain nombre de conventions collectives, que ce délai
sera respecté. En tout cas le Ministère suit de près ses négociations et attache
une grande importance à ce que le calendrier retenu soit respecté.
Pour terminer sur ce domaine de l’administration du travail, il faut souligner
la tenue de la première réunion du Conseil National du Travail, de l’Emploi et
de la Formation Professionnelle le 27 avril dernier. L’installation de cet
organe de concertation tripartite marque l’engagement du gouvernement à
promouvoir le dialogue social.
Administration publique
L’administration publique constitue le dernier domaine sur lequel porte mon
intervention.
L’administration publique, c’est près de 10 000 agents, fonctionnaires ou
relevant du statut de la convention collective, les conventionnés comme on les
appelle, répartis dans tous les départements de l’Etat pour rendre le service
public.
Pour vous donner quelques repères sur la répartition de cet effectif.
L’éducation nationale est le secteur qui concentre la plus grande proportion des
agents de l’Etat : 50% de l’effectif total. La santé vient en deuxième position
avec 14,5%. Vient ensuite le Ministère de l’Economie et des Finances avec 8%.
La gestion de la carrière de tous ces agents, depuis le recrutement à la mise à
la retraite relève de la compétence du Ministère.
Dans un contexte national qui est caractérisé par des mutations rapides tant sur
le plan économique que social, l’administration publique est aussi amenée à se
transformer pour accompagner le processus de modernisation du pays.
Dans cet objectif, l’Etat a fourni beaucoup d’efforts. D’abord sur le plan des
effectifs. L’administration a considérablement recruté ces dernières années
surtout pour les secteurs prioritaires que sont la santé et l’éducation
nationale. Les autres départements ministériels ont vu leur effectif augmenté
aussi.
Ensuite sur le plan de la rémunération, le dégel des avancements est aujourd’hui
dans sa troisième phase, la période 2002-2006. Les décisions vont êtres mises
dans le circuit administratif à l’issue de ce présent séminaire. Le coût
financier de tous les avancements est très élevé. En outre, avec cette troisième
phase, l’Etat est presque à jour sur cette question.
L’accent doit maintenant être porté sur l’amélioration de la gestion des
ressources humaines. Le fonctionnement des administrations est d’abord et avant
tout assuré par des femmes et des hommes, jeunes ou avec de l’expérience. De la
qualité de la gestion de cette ressource, dépend la qualité du service public
qui est délivré.
La feuille de route du Président de la République dans le domaine de
l’administration publique met l’accent sur la transparence dans les procédures
de recrutement et la promotion de la règle du mérite dans l’accès à la fonction
publique. Dans ce cadre, mon département a organisé en 2008, 11 concours pour
différents départements ministériel. Ces concours ont permis de recruter 432
personnes.
Un autre facteur important dans l’amélioration de la gestion des ressources
humaines est la formation continue des agents de l’Etat. Dans cet objectif,
l’Institut National d’Administration Public (INAP) doit reprendre ses activités
de formation. Les locaux ont été réhabilités et seront prêts à accueillir des
formations très prochainement.
Une première formation sur la gestion des ressources humaines dans le secteur
public est programmée. Elle est destinée aux gestionnaires des ressources
humaines des différents départements ministériels.
L’Institut est appelé à jouer, comme ses homologues dans les autres pays, un
rôle de centre de service pour les administrations tant en matière de formation,
de documentation, et de recherche.
En guise de conclusion, je dirais que les challenges sont importants dans tous
les secteurs de compétences du Ministère. Dans ce cadre, l’enjeu principal est
le renforcement des ressources humaines pour pouvoir être à la hauteur des défis
qui nous sont posés.
Je vous remercie pour votre attention.
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