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Intervention du Ministre de l’Intérieur et
de la Décentralisation
lors du séminaire de réflexion sur l’action
Gouvernementale
En acceptant pour la seconde fois de soumettre votre gouvernement à cet
exercice, vous avez choisi d’inscrire dans les usages et coutumes de la
politique Djiboutienne, « la culture du compte rendu » ou « l’obligation du
dialogue constructif » avec la population.
Comme
le veut le vieil adage « une fois n’est pas coutume ».
Cette initiative présente toutes les caractéristiques des pratiques nobles du
pouvoir qui engagent les générations à venir et dont l’omission relèverait du
sacrilège. Elle n’a de comparable dans les autres pays démocratiques qu’avec le
débat télévisé entre les deux candidats finalistes qui s’est imposé comme une
institution sans qu’il ne soit prescrit quelque part.
Elle traduit toute la vitalité de notre jeune démocratie et nous inspire fierté
et admiration.
Je prie le Tout Puissant de nous aider à dégager des solutions aux
préoccupations de nos frères et sœurs et aux difficultés qui affectent leurs
quotidiens.
Après ces quelques mots que j’ai voulu exprimé à titre liminaire, .je vous
remercie monsieur le Président de la République de l’opportunité que vous avez
bien voulu me donner pour présenter en toute humilité les réalisations du
département de l’intérieur et de la décentralisation qu’il m’échoit de diriger.
Les activités de ce département sont nombreuses et couvrent un large éventail
d’actions aux natures parfois contradictoires allant de la répression à
l’assistance aux victimes.
Par souci de commodité et afin de prodiguer à cet exposé toute la clarté
nécessaire à sa compréhension, je scinde les activités en trois grandes parties
sur la base des objectifs poursuivis.
1er partie : la promotion du pluralisme politique
et des libertés publiques
Le pluralisme politique est un concept libéral qui requiert le libre concours au
pouvoir et son démembrement tant horizontal que vertical vise à éviter toute
concentration entre les mains des organes de l’Etat ou susceptible de relever
de la seule possession de l’Etat. Il en résulte que ce pouvoir ne puisse
s’acquérir que par la voie de la transparence électorale et que l’exercice soit
confié aux organes inhérents à l’Etat qui doit le partager aussi avec des
collectivités locales.
Pour atteindre ces objectifs démocratiques, le Président de la République son
excellence ISMAIL OMAR GUELLEH a introduit des mesures favorisant la
transparence électorale d’une part et le processus de décentralisation d’autre
part.
CHAPITRE I) LE RENFORCEMENT DE LA TRANSPARENCE ELECTORALE
L’opposition a longtemps accusé et très souvent après chaque scrutin, le
gouvernement de fraudes électorales et elle a toujours manifesté sa méfiance au
processus électoral. Au centre de leurs contestations, elle situait la question
des votants et notamment celle portant sur la définition du corps électoral. Or
ce dernier émarge sur des listes reparties dans des bureaux en raison de lieux
de résidence des inscrits.
Pour mettre fin à cette polémique autour du corps électoral, le Président de la
République a signé un décret abrogeant toutes les listes électorales antérieures
et ordonnant la réinscription sur de nouveaux registres. Pendant quatorze mois,
des agents recrutés à cet effet ont parcouru l’ensemble des régions intérieures
et à Djibouti ville pour inscrire les Djiboutiennes et les Djiboutiens sur ces
nouvelles listes résultant de la refonte électorale.
Parallèlement, le Président de la République a financé l’acquisition d’un
logiciel permettant de gérer automatiquement le processus électoral. Le
programme informatique mis en place écarte les multiples inscriptions et
l’enregistrement des individus ne remplissant par les conditions.
De ce travail, il en a résulté le nettoyage et la mise à jour des listes
électorales qui ne contenaient plus les noms des personnes absentes du
territoire ou décédées.
Les résultats obtenus se présentent comme suit :
|
DJIBOUTI-VILLE |
NOMBRE D’INSCRITS |
|
DJIBOUTI -VILLE |
91.577 |
|
REGIONS |
|
|
OBOCK |
7.766 |
|
ALI SABIEH |
12.532 |
|
ARTA |
5.632 |
|
TADJOURAH |
14.424 |
|
DIKHIL |
16.308 |
|
TOTAL |
148.239 |
CHAPITRE
II) LA DECENTRALISATION
En 1999, pour ne pas compromettre les réformes économiques destinés à redresser
les grands comptes de la nation, le Chef de l’Etat fraîchement élu a différé la
mise en œuvre de la décentralisation. Cependant, il a mis à profit la durée du
premier mandat en soumettant l’administration à une phase préparatoire qui la
rendra apte à mieux intégrer le processus de la décentralisation au moment venu.
Ainsi dès les premiers jours qui ont suivis son investiture, le Président de la
République a signé un décret instituant dans les régions des conseils
provisoires dont les membres étaient désignés par le gouvernement.
Présidés par les commissaires de la République de l’époque, les conseils
régionaux provisoires devaient entreprendre certains projets pour améliorer les
conditions de vie des populations des régions. Et pour atteindre cet objectif le
Chef de l’Etat a mis en place un fonds social régional dans chaque région d’un
montant de 50 millions FD.
Les membres de chaque conseil se réunissaient, débattaient et retenaient enfin
une liste des projets prioritaires. Les conseils régionaux provisoires ont été
contraints à un effort de planification pour ne pas agir au coup par coup.
Le souci étant de rendre les projets cohérents et de les diversifier pour éviter
toute concentration autour d’une seule activité. Les fonctionnements de ces
conseils ont été couronnés de succès et des belles réalisations ont été
enregistrées à leurs actifs.
Parmi celles-ci on ne peut s’empêcher de citer :
-
Construction, ou réfection des puits, des citernes enterrées ou des retenues
d’eau d’excavation ;
-
Aménagement des impluviums des bassins enterrés,
-
Action en faveur de l’environnement ( plantation d’arbres)
-
Appui à des coopératives agricoles ;
-
Construction ou réfection des dortoirs ;
-
Aménagement et sécurisation des berges des oueds menaçant des villages ;
-
Sensibilisation sur la protection de l’environnement et le danger de la
déforestation ;
-
Aménagement d’un abreuvoir ;
-
Etc.
Au cours de cette phase préparatoire, le gouvernement avec l’appui du PNUD a
réalisé des études exhaustives visant à recenser les atouts et les potentialités
de chaque région.
Naturellement cette étape qui a préludé la décentralisation a pris fin au second
mandat du Président de la République. La feuille de route du Président réélu
assignait sans ambiguïté au nouveau ministre de l’intérieur et de la
décentralisation un délai de rigueur fixé au 31 décembre 2005 pour organiser les
premières élections locales. Le délai de six mois imparti au ministre pour
élaborer le statut de la ville de Djibouti, nettoyer le texte instituant les
régions et organiser enfin les élections, était très court mais il témoigne si
besoin est de l’intérêt que le Président de la République ISMAIL OMAR GUELLEH
attachait à l’exécution de ce projet. Comme prévu, l’ensemble de textes relatifs
à la décentralisation ont été achevés avant la date et ils ont institué cinq
régions de l’intérieur constitutives chacune d’une collectivité territoriale
autonome et la ville de Djibouti soumise à une décentralisation à deux niveaux
avec trois communes coiffées par un conseil commun à toute la ville. Les
nouvelles législations comportaient par ailleurs des dispositions inédites
empreintes de la volonté du chef de l’Etat d’accéder à plus d’ouverture
démocratique.
Ainsi, les élections locales étaient ouvertes à toutes les listes émanant des
partis comme celles constituées par des associations. Une dérogation au monopole
des partis seuls autorisés jusque là à concourir pour les suffrages du peuple a
été consentie.
La nature de suffrages retenue rompt avec le système d’élection qui jusqu’à là a
prévalu dans les élections législatives.
Les candidats aux élections locales devaient être départagés sur la base d’un
système combinant le scrutin majoritaire et le scrutin proportionnel. Les
candidats n’ont pas été contraints à une caution individuelle mais il a été
retenu une faible caution collective pour chaque liste ; un beau revers contre
la sélection par l’argent.
Autant d’éléments qui ont rendu ces élections populaires et qui ont provoqué un
fort engouement de la part des Djiboutiens. Les élections locales ont été donc
importantes par leur nature que par le nombre des participants (29 listes et
plus de 900 candidats).
Et pour accélérer le processus, le Président de la République a ordonné la
construction des cinq bâtiments dans les régions de l’intérieur et la réfection
des anciens locaux du commissaire de Djibouti et des chefs d’arrondissement pour
accueillir les élus locaux.
Un an après les élections, le Chef de l’Etat a installé les différents conseils
régionaux dans les locaux neufs équipés sans lésiner sur les moyens.
En leur procurant des forts moyens considérables qui tranchent avec les modestes
moyens des institutions de l’Etat, le Président de la République ISMAIL OMAR
GUELLEH a voulu rehausser l’image des institutions locales et renforcer ainsi
leur crédibilité dans l’esprit de leurs administrés.
Sans
tarder les élus locaux fraîchement installés ont bénéficié de transfert de leurs
compétences. Ils exercent aujourd’hui une grande partie de leurs pouvoirs légaux
comme la voirie, la gestion des marchés, l’état civil, la gestion du domaine
public de l’Etat qui auparavant relevaient des attributions des anciens
commissaires.
Sous l’arbitrage d’un comité de transfert de compétences, les élus locaux
discutent avec certains ministères sensibles les modalités de transfert des
activités leur revenant de droit. L’objectif étant de préserver la qualité des
prestations rendues jusque là par les services des ministères, et que leur état
ne puit empirer à cause de changement d’autorités.
Les collectivités locales bénéficient actuellement de subventions. En conformité
avec les instructions du Président de la République, elles devraient recouvrer
sous peu pleinement leur autonomie financière avec l’adoption de la fiscalité
locale dont le projet constitutif se trouve pour l’instant à l’étude du conseil
des ministres.
La décentralisation vient d’accoucher de son premier établissement public local
appelé OVD (Office de la Voirie de Djibouti).
Jusqu'à là, les Djiboutiens étaient habitués à des établissements publics
appartenant à l’état.
Celui-ci appartient à la ville de Djibouti qui à juste raison a pensé exploiter
son service de voirie sous cette forme qui a l’avantage d’évité l’éparpillement
des moyens entre les trois différentes communes qui composent la ville de
Djibouti.
Cette structure héritière de l’ancien service technique de voirie qui relevait
de l’autorité du commissaire à Djibouti.
La situation de la STD (service technique du district) en 2005 était alarmante.
Ses moyens de collectes étaient vétustes et 60% étaient immobilisés pour
différentes pannes allant de manque des pièces détachées, de pneus ou de
batteries tout simplement.
Les capacités de collecte se limitaient à environ 4O% de 250 M³ des déchets
journaliers de la capitale.
Grâce à des crédits exceptionnellement alloués par le Chef de l’Etat, l’OVD a
acquit successivement en novembre 2006 et en avril 2007, 10 camions à bennes
tasseuses de 10 m3 neufs de fabrication chinoise et 7 camions à bennes tasseuses
de 18 m3 d’occasions achetés en Allemagne.
Ces 17
camions d’un coût total de 160 millions FD, ont permis :
-
de
renouveler en partie le parc du service de collecte des ordures ménagères et du
service de nettoiement dont plus de la moitié de véhicules se trouvait dans un
état de vétusté avancé ;
-
d’augmenter la capacité d’intervention de ces services qui ont pu mieux couvrir
l’ensemble de la ville ;
D’autre part, l’autonomie financière et les recettes de la REOM (Redevance pour
l’enlèvement des ordures ménagères ) qu’il perçoit lui-même auprès de ses
usagers ont permis à l’OVD :
-
de
réparer et remettre en service plusieurs camions de collecte qui était à l’arrêt
pour panne et pour lesquels l’office n’avait pas les crédits nécessaires à leur
réparation auparavant,
-
de
reconditionner et d’améliorer l’état de fonctionnement de plusieurs d’autres,
augmentant ainsi leur disponibilité,
-
de
payer les heures supplémentaires des équipes mises en place les vendredis et les
jours fériés pour le ramassage des déchets sur le terre-plein central des
grandes artères (avenues 13, 26 et Nasser, Bld. Hassan A. Aptidon etc.),
-
de
louer des camions à benne basculante privés pour l’élimination des dépotoirs
d’ordures sauvages.
Ainsi depuis 2006 :
-
les
quantités d’ordures collectées et mises en décharge à Douda ont passé de 160
à 230 tonnes par jour,
-
le nombre de rotation des camions à benne tasseuse (collecte porte-à-porte) est
passé de 12 à 19 rotations par jour (ou secteurs/quartiers) (voir liste
ci-dessous),
-
la collecte est étendue à la cité Hodane et le quartier de PK12.
-
La
suppression définitive de plusieurs dépotoirs qui existaient auparavant à
l’intérieur des quartiers populaires (voir liste ci-dessous).
Des nouveaux circuits de collecte par camions à benne Tasseuse ont été mises en
place :
Quatre circuits au niveau de la Commune de Balbala
-
2 circuits Hodan / T3 / Wahle Daba
-
1 circuit Balbala Q.5/
-
1 circuit PK12
Quatre circuits au niveau de la Commune de Boulaos
-
4 Circuits Quartiers ( 5,6,3 et Q.7)
En ce qui concerne les quartiers 5, 6, 3 et 7, il s’agit des dessertes en
profondeurs de ces quartiers en plus de ceux existant et qui sont limités sur
leurs grands axes.
DES DEPOTOIRS D’ORDURES SAUVAGES ONT ETE SUPPRIMES :
-
Dépôts sur la voie type E
-
Dépôt en face du Stade Gouled
-
Dépôts de l’école islamique Saoudienne (Q .7)
-
Bac de 10 m placé à Cheik – Moussa
-
Radier de Barwaqo
-
Nettoyage et mise en place de deux gardiens au Rond Point d’Eingueilla.
Les
principales activités programmées dans le cadre du renforcement et de la
consolidation du processus de décentralisation concernent les domaines
suivants :
-
Le renforcement de la structure en charge de la décentralisation ;
-
L’élaboration d’un rapport stratégique de mise en œuvre de la
décentralisation ;
-
Le renforcement du dispositif financier des collectivités locales ;
-
Le renforcement des capacités des acteurs de la décentralisation ;
-
L’élaboration des manuels, des outils et autres supports (administratifs) ;
-
L’expérimentation d’un Fonds d’Investissement Local dans deux régions
ciblées ;
-
La sensibilisation et l’information des citoyens et des décideurs sur les
enjeux et les perspectives de la décentralisation ;
-
La poursuite des opérations de transfert des compétences et des moyens ;
-
La définition du cadre juridique et légal des futures collectivités locales
;
-
Apporter un appui aux préfectures ;
-
Le renforcement des services techniques déconcentrés d’appui aux
collectivités ;
2ieme partie : la protection de la société
La protection de la société englobe non seulement les missions de la sécurité
intérieure habituellement confiées à la police nationale et à la gendarmerie
nationale mais comprend aussi au sens de la présente partie des activités plus
large comme l’octroi de la nationalité et la sécurité routière.
CHAPITRE I) : LA SECURITE CIVILE
La sécurité civile par opposition à la sécurité militaire relevant de la défense
du territoire national, englobe l’ensemble des missions concernant la sécurité
ou la paix publique et la police judiciaire d’une part, les renseignements ou le
contrôle des flux migratoires d’autre part.
Cette sécurité constitue un service public et de ce fait elle est soumise à
toutes les règles qui régissent le service public notamment, la règle de la
continuité.
Elle
appartient aux droits reconnus aux citoyens conformément à l’article 3 de la
déclaration universelle de droit de l’homme de 1945 affirmant le droit de tout
individu à la sûreté.
C’est pourquoi il n’est admis aucune défaillance de la part de mes services qui
doivent mettre tout en œuvre pour garantir ce droit.
Aussi dans la hiérarchie des besoins, des études ont montré que la sécurité
arrive juste après les besoins physiologiques (soif, faim, santé etc.…).
Pour améliorer la sécurité des Djiboutiens, le Président de la
République a misé sur le renforcement de la police de proximité.
Ainsi les commissariats de différents quartiers de la capitale ont vu leurs
effectifs augmentés et le chef d’état leur a octroyé des moyens de locomotion
conséquents (cinq véhicules par commissariat).
Cette police de proximité s’est avérée efficace en raison de sa connaissance du
terrain qui lui a permis de monter des bases de données dans chaque
circonscription.
Les actions de cette police de proximité ont été combinées avec le renforcement
de la présence policière dissuasive dans les lieux sensibles de la capitale
(secteur commercial et tous les ronds points de la ville) ainsi que la
multiplication des actions ponctuelles inopinées chaque soir dans un endroit
différent de la ville.
Cette stratégie qui privilégié la prévention a permis de réduire sensiblement
la délinquance (tableau 1) de 6019 plaintes enregistrés en 2004 à 2451 plaintes
enregistrés en 2008.
Le tableau n°1 illustre la hausse du nombre d’interpellations qui est, passée de
4071 en 2004 à 6510 en 2008.
Ce dernier est légèrement inférieur en 2008 à 3 fois le nombre des plaintes de
la même année (2008).
Il
est très important de noter que le nombre de procédures transmises et le nombre
des personnes déférées sont en nette progression par rapport aux années
antérieures.
Il s’agit là d’un signe fort à l’endroit des délinquants qui mesurent ainsi la
diminution de leurs chances de passer à travers les mailles du filet.
Les statistiques de la police nous apprennent également que la criminalité
d’une manière générale a chuté même si Il faut signaler que notre pays n’a
jamais connu une forte criminalité.
Le cas des homicides sont passés de 46 en 2004 à 9 en 2008 ; les viols ont
diminué passant de 59 en 2004 à 12 en 2008 ; quand aux délits, la tendance est
identique car 2020 cas contre les biens enregistrés en 2004, ils sont passés à
666 cas.
Les délits contre les personnes ont diminuée passant de 3199 en 2004 à 571 en
2008.
Le Président de la République n’entend pas s’arrêter à ces résultats.
Il veut étendre les bienfaits de la police de proximité à d’autres quartiers de
la capitale.
Apres la construction du commissariat du Heron, trois autres sont programmés
pour cette année (2 à Balbala et 1 aux quartiers de gabode).
Le
tableau n°2 laisse apparaître que 74% des personnes ayant fait l’objet d’une
poursuite judicaire sont des étrangers.
Le
suivi des flux migratoire constitue donc un autre volet des missions de sécurité
incombant à la police.
Dans le cadre de la lutte contre l’immigration, le ministère de l’intérieur a
entrepris deux actions différentes et complémentaires.
La
première initiative réside dans la promulgation par le chef de l’état d’une
nouvelle loi destinée à freiner l’immigration.
Cette
législation limite le nombre de visas à trois mois et définit mieux les
conditions d’octroi qui ne laissent aucune latitude d’interprétation aux
fonctionnaires.
La loi remplace les visas de long séjour par une carte de séjour dont la
validité ne peut dépasser une année.
Elle
restreint la validité pour imposer un meilleur suivi des détenteurs des cartes.
Mais
la loi est très favorable aux investisseurs et aux hommes d’affaires.
Très explicites ses dispositions ne gênent pas les personnes désireuses de
résider en toute quiétude République de Djibouti.
Ce dispositif juridique contraignant s’accompagne des actions de lutte de haute
intensité contre l’immigration clandestine.
Comme le montre les statistiques de la police, les opérations de refoulement
entreprises par la police sont passées de 99 opérations en 2004 à 306 opérations
en 2008 et le nombre des refoulés a cru de 5 983 en 2004 à 36 475 en 2008.
Les refoulements de grandes envergures ont permis de venir à bout des problèmes
liés aux racolages dans les artères de la capitale et à la prostitution d’une
manière générale.
Le Président de la République a financé en faveur de la police nationale deux
projets de sécurisation renforcée de documents ( passeports et des visas).
Ainsi, l’établissement des passeports Djiboutiens est numérisé ainsi les données
figurant sur le passeport et relatives à l’identité du bénéficiaire ne sont plus
écrites à la main mais saisis et directement intégrées au document la photo
d’identité est intégré au passeport ; ce qui limite les risques de
falsification.
Par ailleurs les visas portés sur le passeport étrangers ne font plus l’objet de
transcription à la main.
Les visas sont imprimés sur des steakers autocollants comportant des codes
barres destinés au seul de chiffrages des ordinateurs.
Ainsi la République de Djibouti entre dans le club des pays qui usent des
bienfaits du numérique pour sécuriser ses documents de voyages.
CHAPITRE
II) : LA SECURITE ROUTIERE
La sécurité sur nos routes demeure préoccupante en raison du nombre élevé des
accidents qui y sont enregistrés.
En dix ans, de 1998 à 2008, les accidents sont passés de 716 à 1858 et ont même
atteint le pic de 1993 accidents.
Les accidents corporels (ayant donné lieu à des blessures), restent plus
importants que les accidents ayant tout simplement occasionné des dégâts
matériels : en 2000 les accidents corporels (876) représentaient environs 2 fois
le nombre des accidents matériels (431cas).
En 2007 l’année de record, il a été enregistré 1285 accidents corporels face à
525 matériels.
Environ
64% des accidents affectent des individus.
Quant
aux accidents entrainant des décès, le chiffre culminant se situe à 57 et
l’année 2003 détient le triste record.
Les
années 2006 et 2007 semblaient amorcer un recul (36 décès en 2006 et 35 décès en
2007) mais la police fait état d’une reprise à 46 décès en 2008.
Le
tronçon du boulevard Gouled se situant entre la portion centrale de la police
nationale et l’UNFD détient le triste record des accidents.
Ils
interviennent dans les heures comprises entre 12H à 16H.
Les
accidents sont en grand nombre dus à des erreurs d’inattention.
Cette
envolée des nombres des accidents ces dernières années se confirme à travers les
montants des sinistres qui sont passé de 1 300 000 000 en 2000 à 2 300 000 000
en 2007.
Les causes de cette augmentation des accidents s’expliquent par le volume du
parc qui en l’an 2000 avançait au rythme de 700 véhicules par an et qui a triplé
en 2007 en passant à 2200 nouveaux véhicules.
La
seconde raison avancée pour expliquer l’accroissement des accidents réside dans
la stagnation du nombre des routes à l’origine des concentrations des véhicules
et l’état excellente de ces routes qui incite à une vitesse excessive.
Enfin
il est cité l’absence des panneaux de signalisations à certains endroits pour
justifier certains accidents.
Face à ce constat malheureux, sous l’impulsion du Chef de l’Etat le
gouvernement a pris un certain nombre des mesures :
- Acquisition des panneaux de signalisation qui ont été tous planté dans les
lieux où ils manquaient.
- Renouvellement de l’équipe des examinateurs (trois nouveaux examinateurs ont
été recrutés).
- Adoption d’un décret érigeant le service des mines en une direction à part
entière et précisant ses obligations.
Le Conseil des Ministres vient d’adopter un nouveau code de la route instituant
le contrôle technique pour les véhicules vieux de plus cinq ans, ce code est
plus sévère à l’endroit des mauvais conducteurs.
Le ministère de l’intérieur a signé une convention avec une société sur la base
d’un programme publique/privée permettant l’informatisation des services des
permis de conduire et des cartes crises donnant la police la possibilité de
consulter à distance la base des données relative aux véhicules et de mieux
suivre les amendes ; de mettre en place des feux de signalisations et de
construire un nouveau bâtiment de travail pour la direction des mines.
CHAPITRE III) : LA NATIONALITE
La question de la nationalité s’est trouvée également au cœur de grandes
réformes de l’Etat. Plus d’une vingtaine d’années d’application, le code de la
nationalité de 1981 posait plus de problèmes qu’il n’en résolvait.
L’ancien code de nationalité réduisait l’appartenance à la communauté
Djiboutienne qu’aux seuls descendants de deux parents tous Djiboutiens. Ainsi
une bonne partie des personnes se sentant Djiboutiens se trouvaient malgré eux
au banc de la communauté Djiboutienne.
Le Président de la République a initié en 2004 un nouveau code de nationalité
plus souple qui prenait en compte les difficultés résultant de l’ancien texte.
Le Chef de l’Etat a voulu adapter ce code en son « temps » en redéfinissant la
Djiboutienneté par filiation. Ainsi le nouveau texte élargit l’appartenance à la
communauté Djiboutienne à tous les individus dont l’un des parents est
Djiboutien. Très libéral, le nouveau code de la nationalité a par ailleurs
supprimé les dispositions qui permettaient au gouvernement d’exclure d’autorité
des Djiboutiens de la communauté Djiboutienne. L’explication étant qu’on naît
djiboutien et que le Djiboutienneté est un droit naturel inaliénable. Sur la
base de ce nouveau code, plusieurs milliers de personnes ont recouvré ce droit à
la Djiboutienneté.
L’effort du gouvernement a consisté aussi à protéger la nationalité Djiboutienne
qui est très prisée dans une région tourmentée dont les ressortissants émigrent
en nombre considérable. Les cartes nationales d’identité indispensables pour
obtenir les passeports Djiboutiens ont été contrefaites. C’est pourquoi le
Président de la République a décidé d’améliorer la sécurité des cartes
nationales en recourant aux techniques numériques qui présentent de nombreux
instruments de sécurité difficilement imitables. Ce projet est aujourd’hui bien
avancé. Les machines sont installées et le personnel est en formation. Après
vingt quatre années de loyaux services vos cartes nationales actuelles finiront
bientôt au musée.
Des Djiboutiens vivront le premier remplacement des cartes depuis
l’indépendance.
3ieme partie : l’assistance aux victimes et aux personnes
vulnérables.
Comme
dans beaucoup d’autres pays, les problèmes de gestion des catastrophes étaient
traités jusqu’à là en République de Djibouti en termes de secours et non pas en
termes de prévention dans un cadre de développement durable. On remarquait
aussi l’absence d’une politique nationale, d’une structure institutionnelle et
des mécanismes appropriés de coordination.
CHAPITRE I) : LE SECRETARIAT EXECUTIF DE GESTION DES CATASTROPHES
En 2005 avec l’appui du PNUD, le Ministère de l’Intérieur et de la
Décentralisation a élaboré une stratégie nationale de gestion des risques et des
catastrophes.
Suite à ce
document, la loi n°140/AN/06/5è L portant politique nationale de gestion des
risques et des catastrophes a été promulguée le 11 mars 2006 par le Président de
la République.
Ce texte prévoit des dispositifs et mesures pour assurer, en toute situation de
risques et de catastrophes, quelles qu’en soient la nature, l’origine et
l’importance, le maintien des conditions nécessaires à la vie de la population
et à sa défense.
Désormais, la gestion des catastrophes s’appuiera sur des procédures prévoyant
des mesures de prévention, d’alerte, de préparation, de secours, de
rétablissement.
Le 2 mai
2006, le Conseil des Ministres a adopté le décret n°2006-192/PR/MID portant mise
en place d’un cadre institutionnel de gestion des risques et des catastrophes
qui comprend un Comité Interministériel de gestion des risques et des
catastrophes, un Comité Technique Intersectoriel, des Comités Régionaux de
gestion des catastrophes et un Secrétariat Exécutif de gestion des risques et
des catastrophes.
Bien qu’il ne
soit guère possible d’éviter les dangers naturels, le cadre proposé prévoit des
mesures préalables telles que l’évaluation de la vulnérabilité, des systèmes
d’alerte précoce, des programmes d’information du public, des mécanismes de
réaction rapide, des exercices de simulations.
Dans le cadre
du Projet de Réhabilitation d’Urgence suite aux Inondations, la Banque Mondiale
a soutenu la mise en place du Secrétariat Exécutif de gestion des catastrophes.
Par décret présidentiel du 10 aout 2008 mon département a mis en place un comité
chargé d’appuyer les opérations d’assistance au niveau de chaque quartier de la
ville de Djibouti
sous la supervision
de la Préfecture de la Ville de Djibouti. Ces comités participeront aux études
de vulnérabilité, au programme d’information et de sensibilisation pour la mise
en place d’un système d’alerte, à l’évaluation des dommages après une
catastrophe et aux opérations d’assistance aux victimes des quartiers.
Un protocole d’accord d’un système d’alerte des crues de l’oued d’Ambouli vient
d’être finalisé. Ce texte définit les responsabilités des institutions
impliquées par le système le CERD, le Secrétariat Exécutif, la Préfecture, la
Mairie, la Police..
Ce système comprend des stations automatiques installées le long de l’oued (à
Oueah, à Boulé, à Agadher…) reliées à un serveur se trouvant au CERD qui reçoit
les informations. Ces dernières sont transmises par messages SMS aux différents
responsables.
Deux sirènes ont été installées pour le déclenchement des alertes.
Un projet de décret portant mise en place des mesures sectorielles à mettre en
œuvre par les ministères dans la prévention des catastrophes est en cours de
finalisation.
Un document de mobilisation des ressources du plan de réponse à la crise
alimentaire a été réalisé au mois de juillet 2008 par le Ministère de
l’Intérieur et de la Décentralisation.
Ce programme d’appui aux victimes de la sécheresse comprend cinq composantes à
savoir la création des puits et forages, l’extension des périmètres
agropastoraux, la fourniture d’aliments aux bétails, le renforcement des moyens
de production des pêcheurs des régions côtières et la fourniture d’aide
alimentaire pour 170 000 personnes.
Le PAM a accepté sur la base de ce rapport gouvernemental de venir en aide aux
170 000 personnes vulnérables.
Actuellement, sur la base d’un programme élaboré par la Préfecture de Djibouti
ville, les personnes les plus vulnérables ont été recensées. Dans le cadre de ce
programme il est prévu d’octroyer des vivres à 55 000 personnes en échange du
ramassage des déchets plastiques destinés pour le recyclage.
Notre
pays participe activement à toutes les réunions concernant la gestion des
risques et des catastrophes.
Au cours du mois
de décembre 2006, le Président de la République a promulgué la loi
n°157/AN/06/5è L portant ratification du protocole d’accord du Centre Régional
de gestion des risques et des catastrophes des pays du Golden Spear.
Au début du mois de novembre 2007, notre pays a organisé un symposium
ministériel du mécanisme de gestion des catastrophes des onze pays du Golden
Spear.
La cérémonie d’ouverture du symposium ministériel a été placée sous le haut
patronage du Président de la République, S.E M. Ismail Omar GGuelleh.
Je cite un extrait du discours du Président de la République:
« L’événement qui nous réunit aujourd’hui est exemplaire à plus
d’un titre. Il est exemplaire parce qu’il se passe dans un cadre de
collaboration régionale. Il est exemplaire également parce qu’il consacre la
prévention et la gestion des catastrophes au rang de priorité régionale. Il
s’agit là d’une avancée et d’un progrès.
Une avancée et un progrès par rapport à l’époque où chaque pays de
la région s’épuisait à trouver des parades aux catastrophes qu’il subissait.
Une avancée et un progrès aussi par rapport à l’époque où les
catastrophes étaient acceptés sur le mode de la fatalité. Ce sont là des acquis
qui prouvent une prise de conscience ».
Fin de
citation.
Au
cours de l’année 2008, notre pays a présidé toutes les réunions du Comité
Technique de ce mécanisme régional des pays du Golden Spear.
Le Conseil des Ministres des pays du Golden Spear a désigné à l’unanimité la
République de Djibouti pour assurer la présidence du Conseil des Ministres au
cours des douze prochains mois. Le Secrétaire Exécutif de gestion des
catastrophes a pris part à cette rencontre qui s’est tenue à Kigali la semaine
dernière.
Au cours du mois d’aout 2008, le Secrétariat Exécutif de gestion des
catastrophes de mon département et l’IGAD ont mené ensemble une évaluation des
capacités de notre pays dans le cadre du programme régional de l’IGAD sur
financement du l’Union Européenne. Un plan d’action pour les quatre à venir est
en cours de finalisation.
CHAPITRE II) : L’ONARS
Actuellement 8995 réfugiés vivants au camp de réfugié d’Ali-Addeh sont assistés
par l’ONARS.
Une opération de rapatriement plus de 2000 somalilandais a eu lieu de novembre
2007 à décembre 2007. Cette opération a été possible suite à un accord
tripartite Djibouti/Somaliland/HCR sur les modalités du rapatriement.
Depuis novembre 2007, 4122 nouveaux réfugiés sud somaliens fuyant le conflit
actuel à Mogadiscio et ses environs ont été installés au camp de réfugié d’Ali-Addeh.
Pour faciliter l’accès des réfugiés sud somaliens sur le territoire national, un
centre d’accueil des réfugiés a été construit à Loyada .
Une opération de recensement des réfugiés est actuellement en cours au camp des
réfugiés d’Ali-Addeh. Ce recensement est important car ses résultats permettront
de mieux gérer leurs besoins.
L’approvisionnement
en eau du camp a été amélioré avec le raccordement des nouveaux points de
distribution dans le camp pour atteindre certains secteurs qui n’en avaient pas
auparavant.
Sur
instruction du Président de la République, l’Office a eu le privilège de
réceptionner la première récolte de dourah du Soudan d’une quantité de 3 826
sacs de 100kg.
Le dourah a été reconditionné dans des sacs de 50 kg puis distribué sur
l’ensemble du territoire national.
Au cours de l’année 2008, l’ONARS a octroyé des vivres et de non vivres
composée de dattes, riz, sucres, huiles ,dourah, des couvertures et des tentes
aux communautés rurales victimes de la sécheresse dans les districts de
l’intérieur. Ces vivres ont été acheminés par les camions de l’ONARS jusqu’aux
différents points de distributions.
Ces distributions de vivres et non vivres en milieu rural ont été possibles
grâce à l’étroite collaboration des Préfets et des Comités Régionaux de gestion
des catastrophes pour une gestion transparente.
Ces distributions de vivres et non vivres ont soulagé ces populations qui ont
tout perdu à cause de la sécheresse récurrente depuis ces dernières années.
Distributions des vivres en 2008
|
Nature des vivres |
Quantité |
|
Dourah |
5 508 sacs |
|
Dattes |
5 905 cartons |
|
Riz |
1 057 sacs |
|
Farine |
2 198 sacs |
|
Ration alimentaire |
12 292 cartons |
|
Huile |
181 cartons et 68 jerricans |
L’ONARS assiste régulièrement les personnes vulnérables urbaines et aux
victimes d’incendie à travers l’octroi des vivres et des non vivres.
Ces distributions ont eu lieu dans les différentes régions du pays et dans la
ville de Djibouti.
Il
faut signaler que l’ONARS reste un outil efficace de secours d’urgence et
d’appui aux communautés victimes des différentes calamités naturelles que la
République de Djibouti a connues ces dernières années.
L’ONARS
a été désigné par le Chef de l’Etat pour coordonner la distribution de l’aide
alimentaire, de ce fait cette institution a orienté les différents partenaires
pour une réparttition équitable.
Parallèlement à ses activités de distribution des vivres dans les régions de
l’Intérieur, l’ONARS participe également à l’acheminement des vivres du PAM aux
populations rurales. En effet sa longue expérience dans le domaine du transport
des vivres fait de l’ONARS le principal partenaire du PAM.
CHAPITRE III) : LA PROTECTION CIVILE
Le service de la Protection civile initialement rattachée à la Police est devenu
en 2004 une entité dénommée Direction Nationale de la Protection Civile.
Les interventions de cette direction qui se limitent actuellement au niveau de
la capitale s’élèvent en 2008 à 2 382 sorties qui se ventilent de la manière
suivante
-
Incendies 71
-
Accidents de la circulation 1 003
-
Noyades et brulures 24
-
Evacuations des personnes malades 782
-
Opérations d’inhumations de cadavres 85.
Il est à noter que plus de la moitié des interventions de cette direction se
rapportent aux secours en faveurs des accidentés de la circulation routière.
Une véritable réflexion doit être menée sur les voies et moyens de combattre la
recrudescence des accidents de la circulation routière.
La construction d’une caserne destinée aux sapeurs-pompiers est une initiative
du Président de la République M. ISMAIL OMAR GUELLEH qui veut par ce geste
participer aux renforcements des capacités de la Direction de la Protection
Civile.
Ce nouveau complexe permettra d’augmenter les capacités opérationnelles de cette
direction.
Nous comptons aussi dans un proche avenir mettre en place des centres de secours
dans les districts de l’intérieur.
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