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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR
ABDALLAH ABDILLAHI MIGUIL,
Ministre de la Santé
A L’OCCASION DU SEMINAIRE
DE REFLEXION SUR L’ACTION GOUVERNEMENTALE
Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de Gouvernement,
Permettez-moi de féliciter tout d’abord les organisateurs, pour la qualité de
préparation de cette deuxième édition du séminaire de réflexion sur l’action
gouvernementale.
Cette semaine de débats interactifs entre le gouvernement et les représentants
de la société civile, retransmises en instantanée par le média, aura des
répercussions positives au-delà des murs de ce palais, dans toute l’opinion
publique Djiboutienne qui vit depuis quelques jours au rythme de ces séances.
L’initiative de ce cadre de débat institutionnel centré des réflexions, des
questionnements et des critiques, autour de l’action gouvernementale, revient
toutefois à Son Excellence Monsieur Ismaïl Omar Guelleh qui s’est toujours
démarqué, comme un leader inventif et démocrate, épris de la transparence et de
la liberté de parole saine, par lesquelles triomphe l’intérêt général.
Mesdames et Messieurs,
Convaincu que l’essentiel est dans les échanges interactifs et sans vouloir
anticiper sur vos questions dont je ne connais à cet instant précis la teneur,
il m’échoit de vous présenter brièvement le secteur de la santé et les
politiques mises en œuvres, en coordination avec tous les acteurs et
partenaires.
Comme vous pouvez l’imaginer, le ministère de la santé que j’ai l’honneur de
diriger coiffe un grand secteur composé des prestataires de soins de santé
publics et privés, ainsi que des programmes nationaux de santé en charge de la
prévention.
La politique de santé est inscrite au rang de priorité gouvernementale, comme en
témoigne le grand chantier de la réforme sectorielle, initiée en 1999, sur la
base de la loi cadre d’orientation de la politique de santé.
Sur la base de l’analyse sans complaisance de la situation sanitaire du pays, un
cadre stratégique de développement sanitaire pour la période 2001-2012 et un
plan d’action quinquennal (2002-2006) ont été adopté et mise en exécution, dès
cette période, avec le concours financier des pays amis et des institutions
financières internationales, .
Ce qui a permis de remettre en scelle un secteur profondément affecté par des
effets conjugués de la conjoncture nationale et du programme d’ajustement
structurel qui ont marqué la décennie 90.
En 2007, un second plan de développement sanitaire pour la période 2008-2012, a
été élaborée au cours d’un atelier national dont les séances participatives ont
mis en valeur les capacités de nos techniciens à produire un tel outil de
planification.
Ce nouveau plan quinquennal dont le financement porte sur un montant bien plus
important que la première phase sera soumis aux bailleurs de fonds, lors de la
table ronde de Paris qui se tiendra à la fin de l’année.
Mesdames et Messieurs
Monsieur le Président,
J’ai le plaisir de consacrer ce constat d’étape à quelques résultats tangibles
qui font partie des acquis de la réforme sanitaire qui reste processus de logue
haleine.
La pyramide sanitaire qui correspond à la forme architecturale la mieux adaptée
de notre système de santé, a été reconstituée et revitalisée, grâce aux efforts
de développement harmonisé et de redéploiements des ressources, notamment à
partir de 2005, où nous avions diagnostiqués des équilibres flagrants entre les
structures de la capitale et celles des régions de l’intérieur.
Au sommet de cette pyramide sanitaire, les hôpitaux publics ont été engagés dans
la voie de l’autonomie de gestion, selon la loi de réforme hospitalière, bien
que des périodes d’essais aient été accordés, par pur réalisme, à ces centres
hospitaliers, dont l’Hôpital Général Peltier qui ne réunissaient les conditions
requises pour une autonomie totale et définitive.
Afin de désengorger l’hôpital Générale Peltier qui couvrait à lui seul 70% des
demandes de soins de santé, il a été d’une part renforcé en quantité et en
qualité les centres de santé communautaires qui sont, aujourd’hui, plus à même
de jouer le rôle de filtre, par une couverture de zone des flux de premières
consultations et des besoins spécifiques de la santé de la mère et de l’enfant,
à l’aide d’un paquet minimum de soins et de prévention.
D’autre part, l’hôpital de Balbalah a subi les premières extensions physiques
pour devenir rapidement un deuxième pôle hospitalier de référence, avec de
capacités égales ou supérieures à l’hôpital Général Peltier.
Cette sage décision de doter la commune de balbala, d’un centre hospitalier de
référence revient à son Excellence Ismaïl Omar Guelleh qui n’a pas hésité à
engager l’Etat, à soutenir financièrement le lancement de ce grand chantier.
Toujours dans le souci de rapprocher l’offre de soins des exigences de la
population, les Centres Médico-hospitaliers des chefs lieux des régions
sanitaires, ont été adaptés dans le rôle des hôpitaux régionaux, en attendant la
construction des structures pavillonnaires, prévu dans les projets de
coopérations bilatérales et multilatérales.
Il s’agit des centres hospitaliers, dignes de ce nom qui ont à leurs actifs de
centaines d’actes spécialisés dans les domaines de la chirurgie générale, de la
gynécologie obstétrique, des soins dentaires.
Des efforts exceptionnels de création de locaux, d’achat d’équipements et
d’affectation des ressources supplémentaires, ont permis de délocaliser ces
spécialités courantes, dont le principal avantage est le recul des transferts à
risques depuis les régions vers la capitale.
Je finirai sur ce premier aspect, en soulignons, également, les efforts de
réhabilitation et de réorganisation des différents établissements spécialisés,
tels que le centre anti-tuberculeux Paul Faure, la maternité Dar Al Hanan, sans
oublier les nombreuses unités de soins pavillonnaires et de services techniques
qui sont en cours de reconstruction dans l’enceinte de l’hôpital Général
Peltier.
Au niveau des régions sanitaires, les équipes mobiles constituent des maillons
stratégiques de l’offre de soins, conformément à notre politique de couverture
de santé élargie.
Mesdames et Messieurs,
Des structures hospitalières, sans compétences humaines, sans médicaments et
sans technologie ne seraient que des lieux d’isolement, sans impact sans les
maladies et sans possibilité de retour à la vie.
Ces dernières années, nos efforts politiques se sont portés principalement sur
le renforcement de ces paramètres de prise en charge adéquate à tous les niveaux
de la pyramide sanitaire.
Ainsi, la politique de développement et de valorisation des ressources humaines
s’est concrétisé par l’augmentation significatif des effectifs humains dans tous
les domaines de compétences médicales et extra-médicales ; l’amélioration des
revenus des médecins et techniciens paramédicaux, et l’augmentation des bourses
de stages, notamment pour les filières de médecins spécialistes et de
techniciens supérieurs.
La transformation du centre de formation du personnel de la santé en un Institut
supérieur des sciences de la santé et la création dans la même année de l’Ecole
de Médecine, restent les talons d’Achille de notre politique de formation guidée
par l’exigence de références uniques et de cohérence interne du système de santé
national.
La politique de pharmacie et des médicaments a connu une nouvelle impulsion avec
l’entrée en vigueurs de trois volets stratégiques de mise en place de la
centrale d’achat des médicaments et des matériels essentiels, d’adoption d’une
liste nationale de médicaments essentiels et de lancement des pharmacies
communautaires intégrées aux structures de soins.
L’expérience des pharmacies communautaire est une réussite totale et l’usage des
médicaments génériques est loin d’être un échec, comme certains voudraient le
faire croire.
Le dernier point que je voudrais partager est le plateau technique national qui
a vu l’acquisition sur les frais de l’Etat des appareils de haute technologie,
tels que le scanneur, la lithotripsie, la célioscopie, le caisson hyperbare,
A côté de ces moyens qui renforcent les capacités d’investigation et de
traitement de nos hôpitaux, permettez-moi de citer la création d’un centre de
dialyse de vingt postes et l’entrée en service d’un laboratoire de référence
nationale couvrant toutes les gammes d’examens bactériologiques, biochimiques et
virologiques d’une grande précision, auxquelles s’ajoutent l’unité d’anapathologie
qui augmente de manière significatif notre capacité de dépistage de cancers.
Permettez-moi d’évoquer, également, la mise en service très bientôt d’un centre
de référence, en santé de reproduction qui sera inauguré par le Président de la
République au cœur de la cité Hodane, incha’allah.
Ce centre spécialisé sera orientation dans la prise en charge des maladies
gynécologique, ainsi que la prise en charge thérapeutique des problèmes de
cancers et ceux qui touchent la fertilité et la reproduction par le suivi des
couples.
Mesdames et messieurs,
Monsieur le Président,
Par ces quelques rappels des dispositifs fonctionnels que nos compatriotes
utilisent au quotidien, je crois avoir fait le tour de l’existant en termes de
capacités d’accueil et de soins.
Pour tous les autres aspects du développement sanitaire que je n’ai pas évoqué,
nous avons une journée devant nous pour en parler, en fonction des questions qui
seront proposées par la salle.
Toutefois, je voudrais conclure mon propos par ces innombrables défis que nous
devons relever, ensemble, acteurs, bénéficiaires et partenaires de la santé.
La question du financement de la santé en fait partie et je note à juste titre
que la nouvelle grille tarifaire met fin à la situation des caisses vides, mais
ne règle pas tous les problèmes liés aux coûts de la santé.
En effet, les tarifs que certains usagers trouvent au-dessus de leurs capacités
de payement sont pourtant des prix sacrifiés pour l’autonomie financière des
hôpitaux dont les coûts de fonctionnement sont exorbitants.
Ces difficultés indéniables et pour les usagers et pour les prestataires, nous
invite à évoluer rapidement dans le sens des solutions avancées lors du
symposium sur la santé, notamment par le choix d’une formule adaptée pour
partager les coûts de la santé plutôt que de s’en prendre aux minimums
tarifaires qui sont en vigueur dans les hôpitaux ; ailleurs les participations
demandées restent symboliques, juste de quoi susciter une plus grande
responsabilisation des usagers.
Merci de votre aimable attention !
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