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Allocution du Secrétaire
d’État à la Solidarité Nationale
A l’Occasion du Séminaire de réflexion sur l’Action Gouvernementale
Excellence Monsieur le Président de la République,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs et Mesdames les Ministres
Honorables Députés
Chers Invités
Chers Compatriotes,
C’est maintenant le tour du Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale de
porter à votre connaissance sa modeste contribution à l’Action Gouvernementale.
Mais avant d’aller dans le vif du sujet, qu’il me soit permis de préciser le
caractère spécifique des interventions de mon Département. En effet, si la
plupart des départements ministériels interviennent dans un secteur spécifique,
connu ou classique, le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale a, pour sa
part, la difficile mais exaltante tâche d’intervenir de façon transversale
La création par le Chef de l’Etat, d’un Secrétariat d’Etat près du Premier
Ministre, chargé de la Coordination et du Suivi Evaluation de la Lutte contre la
Pauvreté, relève d’un constat simple. La mise en œuvre des projets et programmes
sectoriels et thématiques au titre du premier Document de Stratégie de Réduction
de la Pauvreté, sur la période 2004 à 2006, a conduit à un paradoxe révoltant,
que le Chef de l’Etat n’a pas accepté, lors du bilan effectué en 2007. En effet,
alors que l’économie djiboutienne a enregistré une croissance réelle moyenne de
son produit intérieur brut d’environ 4 à 5 % par an, sur cette période, la
pauvreté, le chômage et la vulnérabilité de nos populations se sont aggravés, ce
qui est inacceptable si l’on considère que la croissance économique signifie
l’augmentation de la richesse nationale et donc un espoir légitime
d’amélioration des conditions de vie d’un plus grand nombre. Ce n’est pas le
lieu de disserter sur les sources de cette croissance et son incapacité à
réduire effectivement la pauvreté, mais ce constat déplorable et assumé par le
chef de l’Etat, imposait à ses yeux des mesures urgentes à savoir : la
réorientation immédiate du deuxième DSRP de Djibouti vers la réduction
impérieuse et courageuse de la fracture sociale ainsi constatée, à travers un
accent particulier mis sur l’amélioration des Services Sociaux de Base et le
renforcement des capacités des pauvres. Cette volonté du Chef de l’Etat s’est
d’abord traduite par le changement de dénomination pour la deuxième génération
de notre DSRP qui s’appelle désormais, l’Initiative Nationale pour le
Développement Social : INDS, lancée en janvier 2007. Pour éviter la surprise et
le paradoxe constatés seulement à la fin du premier DSRP, le Chef de l’Etat a
aussi mis l’accent sur la nécessité d’une meilleure coordination des actions de
Lutte Contre la pauvreté et surtout l’importante question du Suivi Evaluation,
qui seront désormais de la responsabilité d’une entité bien définie qu’il a
créée lors du dernier remaniement ministériel.. Voilà en quelques mots la
justification de la création du Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale
près du Premier Ministre.
Pour ceux qui croient ou pourraient penser que le Secrétariat d’Etat est une
structure redondante, j’ai l’habitude d’utiliser une imagerie que je vous prie à
présent d’examiner avec moi…
Considérons le processus de Développement de Djibouti comme un long train
composé de 22 wagons, devant transporter toute la population de Djibouti vers
une destination commune qu’est le bonheur, la paix, la sécurité et
l’épanouissement social. Le tout premier Wagon du train est occupé par le
Président de la République. Il décide seul du nombre de Wagons requis et du rôle
de chaque Wagon. Il est le pilote en chef du train et l’INDS est sa Feuille de
Route, qui le guide et qu’il consulte régulièrement. Le deuxième Wagon est
occupé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement et copilote du train. Il
est régulièrement consulté par le Pilote car en contact permanent avec les 19
wagons suivants que sont les 19 départements ministériels centraux et / ou
sectoriels. Les 19 départements ministériels ont chacun leur mission et rôles
spécifiques au service de la population dans son ensemble, tout au long du
voyage vers le bonheur, le développement et la paix. Il y a huit (8) principales
stations que l’on peut considérer comme les huit Objectifs du Millénaire pour le
Développement. Certaines stations secondaires existent également sur le trajet
et sont desservies en cas de besoins ou si le pilote ou le copilote le décident
…. Le train a une trajectoire circulaire et doit faire autant de tours que
nécessaires pour que le dernier djiboutien parvienne à la même destination que
tous les autres, quelques soient ses moyens et ses caractéristiques
individuelles spécifiques. Chaque tour effectué par le train, dure six années,
c’est-à-dire la durée d’un mandat présidentiel et la Feuille de Route est
élaborée et mise à jour périodiquement tout au long du trajet, à travers des
DSRP, et maintenant, l’INDS. Chacun des 19 Wagons centraux ou sectoriels élabore
également une feuille de route sectorielle correspondant à sa politique
sectorielle ou thématique, et qui lui permet d’être en phase avec la Feuille de
Route Centrale. A la gare d’embarquement ou tout au long du trajet et compte
tenu des différences sociales inhérentes à la vie, à la société ou à la nature
humaine, certains djiboutiens n’ont pas, au départ, les moyens nécessaires pour
s’acheter le ticket du train, même le moins cher; d’autres, n’ont pas assez de
force pour monter dans les wagons, quand bien même ils auraient le ticket,
tellement ils sont affaiblis par les maladies et les problèmes sociaux ;
d’autres enfin, sont maladroitement éjectés du train lors des bousculades aux
différentes stations principales ou secondaires. Les différents tours effectués
par le train depuis 1999, ont sans aucun doute, permis d’améliorer
substantiellement les conditions de vie de plusieurs milliers de djiboutiens,
mais, sans que les chefs des 19 wagons centraux et sectoriels aient démérité et
pour des raisons qu’il me serait trop long à détailler ici, on a malheureusement
constaté que plus de 40% de la population n’ont toujours pas pu monter dans le
train, malgré la bonne volonté des uns et des autres. Devant ce triste constat,
le Président de la République, qui a la responsabilité ultime de conduire tout
le monde à bon port, a eu l’idée de créer un vingt deuxième wagon, le
Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale, dont le rôle est, non pas de se
substituer aux tâches des départements ministériels centraux et sectoriels, mais
d’offrir aux laissés pour compte et aux défavorisés, la chance de rejoindre les
autres à l’issue du voyage, à bord du wagon Numéro 22…… dans lequel leur
conditions spécifiques sont étudiées et prises en compte, en concertation avec
les responsables des 19 wagons sectoriels. Ces 40% sont composés de jeunes
diplômés sans emplois, de jeunes déscolarisés, des apprentis, des filles mères,
des enfants de rue, des femmes seules et démunies, des handicapés, des personnes
âgées sans soutien etc.
Autrement dit, le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale est une structure
transversale qui complète l’action des Ministères sectoriels et centraux, sans
aucune prétention de se substituer à leur mission et prérogatives classiques. A
ce titre, nous travailler de concert avec tous les départements pour soulager
les franges de notre populations exclues, défavorisées et vivant dans l’extrême
pauvreté et la précarité. Quelques chevauchements inéluctables interviennent de
temps en temps mais la concertation permanente et la compréhension mutuelle nous
permettent d’éviter les frictions, ce qui fait que je puis vous assurer que tout
se passe bien jusqu’ici avec mes collègues des autres départements.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs et Mesdames les Ministres
Honorables Députés
Chers Invités
Chers Compatriotes,
Le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale outre une équipe centrale de
conseillers rompus à la tâche, est appuyé dans ses actions par deux institutions
sous tutelle, à savoir l’Agence Djiboutienne pour le Développement Social (ADDS)
et le Programme de Développement de la Microfinance et des MicroEntreprises (PDMM).
En outre, la politique nationale de la solidarité et de lutte contre l’exclusion
fait intervenir des structures et institutions, telles que l’ Union Nationale
des Femmes Djiboutiennes (UNFD), le Diwan El Zakat et le Ministère des Affaires
Religieuses et des Biens Wakfs. C’est le bilan des actions de ces différentes
structures ou composantes que je me permets à présent de vous présenter.
D’abord dans quel contexte le Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale
a-t-il opéré ?
Djibouti a enregistré au cours des cinq dernières années une hausse dramatique
de la pauvreté des individus, l’incidence passant respectivement, de 45,1 % à
74,0 % pour les pauvres relatifs, et de 9,6 % à 42,1 % pour les pauvres
extrêmes.
Ceci confirme le caractère structurel et massif de la pauvreté à Djibouti. Les
résultats d’enquête montrent également que la pauvreté est généralisée ; elle
touche toutes les zones géographiques et toutes les catégories sociales.
En termes de concentration, c’est la ville de Djibouti qui abrite le plus grand
nombre de pauvres, avec une proportion de 65,2% et 57,4% respectivement pour la
pauvreté relative et extrême.
C’est dans les quartiers périphériques des zones urbaines que se trouve la plus
grande concentration de pauvres.
Les arrondissements 4 et 5 (qui représentent 41,8 % de la population totale)
contribuent à eux seuls pour 51,1 % de la pauvreté extrême globale et 47,1 % de
la pauvreté relative des individus.
Contrairement aux autres pays d’Afrique, la pauvreté à Djibouti est d’abord un
phénomène urbain qui renvoie à un contexte spécifique marqué par la petite
dimension du pays et sa forte urbanisation, l’absence d’un secteur rural
important, les conflits et les migrations.
Mais c’est en zone rurale que le phénomène prend des allures de catastrophe avec
une incidence de la pauvreté relative pouvant approcher 95 %, tandis que plus de
trois ruraux sur quatre vivent dans l’extrême pauvreté.
L’incidence de la pauvreté et de l’extrême pauvreté est très forte dans les
quatre districts de l’intérieur. Ceux-ci comptent pour 33,5% dans la pauvreté
globale et 45,1% dans la pauvreté extrême pour un poids démographique de 27,1%.
Les différentes actions menées se présentent comme suit :
Au niveau de l’ADDS
L’Agence a bouclé au cours de l’année 2008, le montage procédural, juridique et
financier de plusieurs projets destinés à améliorer les conditions de vie des
populations pauvres de Djibouti.
Elle a en outre mis en place tout le dispositif opérationnel et technique pour
le démarrage effectif des projets, programmes et activités génératrices de
revenus.
FONDS DE SOLIDARITE NATIONALE – PROGRAMME D’INVESTISSEMENTS

Point de différents Projets et Programmes de l’ADDS financièrement bouclés en
fin 2008

Au niveau du PDMM
Le PDMM a démarré ses activités opérationnelles en mars 2008. Son bilan chiffré
au 31 décembre 2008 se présente comme suit :



Au niveau de l’Union Nationale des Femmes de Djibouti (UNFD)
L’Union Nationale des femmes Djiboutiennes est une organisation non
gouvernementale, créée le 30 avril 1977, l’année de l’indépendance du pays.
Sa principale mission vise la promotion du statut de la femme dans la société,
en vue de son intégration dans le processus de développement.
Cette institution est au service de la promotion des droits de femmes
Djiboutiennes, pour faire évoluer les conditions d’existence des femmes dans
notre pays.
L’UNFD s’est fixée comme objectifs de lutter contre les obstacles pouvant
ralentir ou freiner cette évolution, à savoir l’analphabétisme, la pauvreté, le
manque de formation professionnelle, la violence etc.
En outre, la première Dame du pays, par le biais de son rôle de Présidente de
cette institution œuvre constamment pour améliorer au quotidien le bien être des
femmes Djiboutiennes en luttant contre l’analphabétisme, les MGF, et la lutte
contre la pauvreté par le biais du microcrédit.
Cette organisation ne ménage ses efforts pour apporter des soutiens à toutes
couches défavorisées et défendre leurs droits.
Il existe plusieurs commissions au sein de l’UNFD telles que :
- La commission alphabétisation
- La commission santé
- La commission lutte contre la pauvreté
- La commission agriculture et environnement
- La commission femmes d’affaires
- La commission artisanat/culture/jeunesse
- La commission juridique et droits de l’homme
- La commission formation continue
- La commission relation avec les districts de l’intérieur
- Et la commission affaires sociales
Dans le domaine de la lutte contre la pauvreté, la commission création
d’activités génératrices des revenus propose aux jeunes filles déscolarisées,
n’ayant pu suivre l’enseignement général, l’apprentissage de métiers comme la
couture, la broderie ou la cuisine.
Ensuite l’octroi des Microcrédits aux personnes, ayant difficilement accès aux
services bancaires privés. Ces crédits entre 50.000 FDJ et 500.000 FDJ
permettent aux bénéficiaires de développer une activité génératrice de revenus
leur permettant de sortir de la précarité.
La caisse populaire d’épargne et de crédit (CPEC) créée en septembre 2008 est
abritée par l’UNFD, et fonctionne sur la base d’un partenariat entre plusieurs
associations nationales et grâce à l’appui technique et financier de l’ADDS.
Depuis son démarrage, la CPEC a octroyé 1.500 crédits et recueillis l’épargne de
2.500 clients.
Au niveau de la Diwan Az Zakat
La fondation « Diwan Az Zakat », créée par décret en juillet 2004, est un
organisme indépendant qui œuvre dans la lutte contre la pauvreté et le
développement de la société à travers des outils propres comme la collecte de la
Zakat et des aides, et son emploi selon la Charia et conformément aux décisions
du Conseil avec l’aval du Comité de Fatwa.
Les principales activités réalisées par la fondation :
- La collecte de la Zakat qui a débuté officiellement en 2005 avec un montant de
21. 838. 477 FDJ.
- Des campagnes de sensibilisation des « zakataires », par les canaux de
communication et par des visites de terrain ont été entreprises.
Ainsi, la fondation a fait évoluer la collecte de la Zakat qui a été
respectivement de :
- 51 millions en 2006 ;
- 96 millions en 2007 ;
- 91 millions en 2008 (chiffre provisoire car la collecte de la Zakat 2008
continue encore).
- La distribution de la collecte de la Zakat conformément à la Charia.
Le Conseil approuve chaque année les bénéficiaires de la Zakat sur proposition
du comité de fatwa.
Le 14 janvier 2008, la fondation a procédé à la distribution de la Zakat de
l’année 2007 d’un montant de 96.279.417 FDJ.
Plus de 5.861 personnes ont bénéficié de cette Zakat et se répartissent de la
manière suivante :
- 50,5 % aux orphelins
- 21,05 % aux personnes âgées
- 7,95% aux handicaps
- 6 % aux veuves
- 12,5% aux employés de la Zakat
- 2 % aux dépenses de fonctionnement
- La fondation a procédé à la réalisation des activités de bienfaisance
(programmes de rupture de jeûne et de zakat al-Fitr du fonds de la zakat du
Qatar dont ont bénéficié plus de 1.500 familles pauvres).
- La construction du futur siège de la fondation et d’un hangar de dépôts de
vivres avec la contribution du Ministère du Waqf du Qatar et de la maison du
Zakat du Koweit.
- La mise en place des projets de développement en 2008, tels que la formation
en informatique de 44 orphelins et de la formation en conduite de 22 jeunes
issus des familles pauvres.
- La mise en place des projets générateurs de revenus, tels que les projets des
cabines téléphoniques pour les handicapés, et des projets pour les familles
capables d’exercer des activités (vente au détail des produits divers, de la
viande, des fruits et légumes et de pain). Plus de 120 familles pauvres
bénéficieront de ces petits projets.
- Le programme de parrainage des orphelins.
Le Président de la République a lancé le programme de parrainage le 30 mars
2007.
Pour la première année la fondation a collecté la cotisation de parrainage pour
un montant de 31.680 000 FDJ et 528 orphelins ont été parrainés en 2008.
La fondation œuvre à se doter des propriétés de Waqf qui généreraient des
revenus, et donc lui permettraient une certaine autonomie.
Dans cette optique, la fondation a acquis des parcelles de terrain d’une
superficie totale de 32.000 m².
L’Initiative Nationale pour le Développement Social (INDS)
Lancée en Janvier 2007, l’INDS est rentrée dans sa phase opérationnelle en 2008
avec la création du Secrétariat d’Etat à la Solidarité Nationale en mars 2008.
Elle comporte quatre axes stratégiques à savoir :
i) Croissance, Stabilisation Macroéconomique et Compétitivité ;
ii) Promotion de l’Accès aux Besoins Sociaux de Base ;
iii) Lutte Contre la Pauvreté, l’Exclusion et Poursuite des OMD ;
iv) Gouvernance, démocratique, économique, financière, administrative et locale.
Dans le cadre de l’opérationnalisation de l’INDS, le SESN a accompli plusieurs
tâches et a procédé, en collaboration avec les départements sectoriels, à
l’évaluation brute des besoins financiers globaux requis pour la mise en œuvre
de l’INDS.
Tableau Synoptique de l’Exécution opérationnelle du projet d’Appui à l’INDS en
2008

Tableau Synoptique de l’Exécution opérationnelle du projet d’Appui à l’INDS-2

Synthèse des Besoins Financiers
Bruts de l'INDS PAR AXE STRATEGIQUE, en milliers de FDJ


iii) Les Perspectives
L’INDS fixe des priorités majeures :
i) la promotion de l’accès aux services sociaux de base ;
ii) la restructuration de l’appareil productif national ;
iii) l’assistance aux personnes en grande vulnérabilité.
L’INDS doit être fondée sur les principes de bonne gouvernance politique,
sociale, économique et financière.
L’INDS, qui impliquera pleinement l’ensemble des acteurs (Administration, Elus,
Société civile, Secteur privé, Bailleurs de fonds, etc.), se situera sans nul
doute, dans le cadre de sa mise en œuvre pour la période 2009-2012, dans un
contexte de ruptures avec les stratégies adoptées dans le passé et de dualisme
inéluctable où il faudra :
- D’une part, combler le gap en infrastructures de base des zones déshéritées,
rétablir l'équilibre territorial en matière d'infrastructures de base, mettre en
œuvre une politique active de l’emploi axée sur le renforcement de la formation
professionnelle et améliorer le cadre de vie des populations défavorisées.
- D’autre part, répondre aux exigences et règles que dictent la mondialisation
qui ont pour corollaire la recherche d’une forte productivité du travail et d’un
fort profit, l’adoption d’une échelle de production et une division technique du
travail plus prononcée du fait d’une dotation accrue de capital, le
développement accéléré des infrastructures économiques, l’accélération du
processus d’intégration régionale et d’ouverture du marché national en
favorisant en particulier l’implantation des sociétés régionales et
transnationales..
En plus de ces défis, l’INDS sera mis en œuvre dans un contexte marqué de
contraintes majeures :
- un environnement économique mondial défavorable (crise née de la flambée des
prix du pétrole et de certaines denrées alimentaires de première nécessité) ;
- une grande vulnérabilité aux chocs exogènes, avec des sécheresses chroniques
et récurrentes ;
- une grande dépendance vis-à-vis des importations ;
- et un flux continu de réfugiés fuyant les conflits dans la sous région.
Enfin, la réussite de l’INDS passera par la pleine implication de l’ensemble des
acteurs du développement :
- Administration,
- Elus,
- Société civile,
- Secteur privé,
- Populations,
- Bailleurs de fonds.
La mobilisation effective de leurs énergies, dans le cadre d’un partenariat
nouveau, permettra de relancer les efforts de développement économique et social
du pays.
Une augmentation sensible de l’aide publique au développement (APD) fournie par
les bailleurs de fonds sera nécessaire. Cette APD comprendra à la fois les
concours financiers et l’assistance technique.
En ce qui concerne les programmes ciblés de lutte contre la pauvreté, il
s’agira, en plus des efforts prévus dans le cadre des autres axes stratégiques
de l’INDS, d’accorder une attention toute particulière à la mise en œuvre
d’actions ciblées, spécifiques et intégrées destinées :
i) à assurer l’accès des plus pauvres aux services de base,
ii) à promouvoir des activités génératrices de revenus et d’emplois (AGRE) dans
leur sphère,
iii) et à mettre en place des filets de sécurité pour les plus démunis.
L’accès des plus pauvres aux services de base sera favorisé par une série de
mesures spécifiques qui viendront en complément de celles prévues au niveau des
autres axes de l’INDS.
Il s’agira en particulier de trouver des solutions innovantes qui tiennent
compte des spécificités des zones les plus défavorisées du pays.
Ces solutions pourraient inclure :
- la formation d’auxiliaires de santé issus de ces zones, qui pourraient
prodiguer les conseils et les soins de base et assurer le suivi de l’état de
santé et l’alerte en cas de situation difficile,
- la mise en place de dispensaires ambulants qui passeraient à intervalles
réguliers dans ces zones,
- l’adoption du système de classes « multi-niveaux » dans l’enseignement
primaire,
- la fourniture de l’énergie solaire (ou éolienne) pour permettre notamment le
pompage de l’eau, l’éducation des adultes et le soutien scolaire, le soir, dans
les salles de classe,
- la promotion de l’accès à un habitat décent, construit à partir des matériaux
locaux et faisant appel, pour la main d’œuvre, à la solidarité entre les
villageois.
En ce qui concerne les activités génératrices de revenus et d’emplois, elles
partent du constat que les populations très pauvres souffrent non pas d’un
manque de potentialités propres, mais plutôt du fait que l’environnement qui
leur est accessible ne leur offre pas de possibilités d’exprimer pleinement
leurs potentiels.
En réponse à cette situation, l’approche préconisée prévoit un traitement
différencié selon qu’il s’agisse de l’extrême pauvreté en milieu rural et ou de
l’extrême pauvreté en milieu urbain.
En milieu rural, les AGRE seront largement basées sur les opportunités
qu’offrent l’agriculture, l’élevage et la pêche artisanale.
Dans ce cadre, les interventions comprendront pour ce qui est de l’agriculture :
i) l’appui à l’émergence de coopératives, notamment féminines,
ii) l’aménagement de superficies cultivables,
iii) l’accès à l’eau et aux semences améliorées,
iv) le conseil en matière de production agricole,
v) l’assistance dans la commercialisation de la production.
En matière d’élevage, il s’agira de mettre en œuvre une phase pilote d’un
programme d’octroi de petits ruminants aux familles les plus démunies pour leur
assurer un élevage de subsistance.
De plus, des parcs de vaccination et des points d’eau seront mis en place.
En ce qui concerne la pêche artisanale, les efforts viseront notamment :
i) l’acquisition ou la réhabilitation des pirogues,
ii) la fourniture des filets,
iii) la conservation et la commercialisation de la production.
En milieu urbain, les interventions tiendront également compte des spécificités
de ce milieu et des opportunités qu’il offre. Elles comprendront notamment :
i) la formation professionnelle dans le tissage, la broderie, la coiffure et les
autres métiers urbains (maçon, menuisier, plombier, etc.),
ii) ii) l’octroi de micro-crédits destinés à l’acquisition de l’outillage pour
les personnes ayant bénéficié de la formation professionnelle et au financement
de projets porteurs,
iii) l’appui à l’émergence de coopératives, notamment féminines.
Pour ce qui est des filets de sécurité, ils concernent les populations les plus
démunies, comme les enfants de la rue, les déplacés et les nomades, pour
lesquelles des actions spécifiques étaient pourtant prévues dans le premier DSRP,
mais elles n’ont pas été exécutées de manière satisfaisante.
La priorité du Gouvernement, pour les enfants de la rue, est axée sur :
i) la protection juridique des enfants,
ii) la mise en place d’un programme de protection sociale, comprenant
l’hébergement, l’accès aux soins et à l’éducation et l’assistance
socio-psychologique pour les enfants en difficulté,
iii) la formation et l’appui à l’insertion pour les enfants en âge de
travailler.
La stratégie d’assistance aux nomades, quant à elle, comprend :
i) des programmes d’hydraulique pastorale et de santé animale dont l’objectif
est de sécuriser et de valoriser le cheptel,
ii) la création de périmètres fourragers,
iii) l’aide alimentaire,
iv) l’accès aux infrastructures de base (éducation, santé, eau potable, etc.),
dans le cadre d’une politique de semi-sédentarisation.
En ce qui concerne les déplacés, les interventions porteront sur :
i) l’assistance alimentaire,
ii) l’accès aux services sociaux de base (éducation, santé, eau potable, etc.),
iii) la recherche d’une solution définitive à ce problème.
c) Djibouti et les Objectifs du Millénaire pour le Développement
Le Gouvernement reste très engagé à poursuivre les progrès réalisés au cours de
dix dernières années et réaffirme sa volonté de mener le pays vers la
réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en 2015.
Ainsi, grâce aux effets conjugués de l’action gouvernementale et de l’appui de
nos partenaires Techniques et Financiers, Djibouti a obtenu, par rapport aux
OMDs les résultas ci-après :
Situation et Projection Objectifs du Millénaire pour le Développement


À l’horizon de 2015 et au-delà, il ne fait pas de doute que l’atteinte des
objectifs ultimes exigera un effort indéfectible, collectif et de longue durée.
Les politiques publiques s’inscriront désormais dans cette perspective :
- Réduction de l’incidence de la pauvreté extrême et celle de la pauvreté
relative,
- Augmentation substantielle de la croissance économique,
- Augmentation du Taux Brut de Scolarisation à 83% dans le Primaire et à 61%
dans le Secondaire, tout en réduisant les disparités de genre et les disparités
spatiales,
- Réduction du Taux de Mortalité Infantile à 60‰ naissances vivantes,
- Réduction du Taux de Mortalité Infanto-Juvénile à 80‰ naissances vivantes
- Réduction du Taux de Mortalité Maternelle à 400 pour 100.000 naissances
vivantes, etc.
Ainsi, pour l’horizon 2009-2012, les autorités de Djibouti se proposent de
mettre en place un véritable plan d’actions ciblées en matière de promotion et
d’accès aux services universels de base.
Le Gouvernement de Djibouti prévoit de réunir très prochainement, l’ensemble de
ses partenaires au développement, avec l’appui de la Banque mondiale, afin
d’obtenir le plein engagement et de mobiliser les énergies et les ressources
nécessaires à la mise en œuvre de l’INDS pour la période 2009-2011, et pour la
réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement en particulier.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs et Mesdames les Ministres
Honorables Députés
Chers Invités
Chers Compatriotes,
Voilà en quelques mots et pages, la modeste contribution du Secrétariat d’Etat à
la Solidarité Nationale. Le présent séminaire sur l’Action Gouvernementale, qui
se tient pratiquement au premier anniversaire de mon département sera l’occasion
pour nous de mieux cibler nos actions et interventions afin d’être plus efficace
au service de l’ensemble des département ministériel et surtout de la population
djiboutienne.
Mohamed Ahmed Awaleh
Secrétaire d’Etat à la Solidarité Nationale.
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