ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
A L'OCCASION DE L'ATELIER DE VALIDATION du Projet
de la Stratégie Nationale d’Intégration de la Femme
dans
le Développement et du Plan d’Action National
10 Février 2001
Mesdames
et Messieurs
Madame
la Ministre
Je
voudrais d’abord vous féliciter, Madame la Ministre, pour l’éclat et
toutes les marques de rigueur que vous avez su entourer de l’avènement qui
nous réunit aujourd’hui : le lancement du plan d’action de la stratégie
nationale pour I’intégration de la femme djiboutienne dans le développement
de notre pays.
A
travers votre action, le gouvernement engage un exercice de réflexion
collective permettant d’éclairer notre politique dans ce domaine et les choix
à moyens et long terme souhaitables, conformément aux engagements de notre
pays lors de la conférence de Beijing en 1995.
Les
conclusions de vos travaux qui s’appuieront sur les diverses expertises
disponibles et la consultation de multiple personnalités ont préalablement
fait l’objet d’un processus collectif dans un cadre de concertation.
Ce
mode de dialogue auquel j’invite depuis ma désignation à la magistrature
suprême de notre pays, et qui tend à ne pas enfermer toute réflexion portant
sur notre société dans une problématique d’experts.
Par
ce processus, nous nous efforçons de prendre en compte la diversité
djiboutienne tout en cherchant ni à s’inspirer d’un modèle, ni à se
distinguer d’un autre, en ne cherchant pas non plus à pondérer la capacité
de changement et les conservatismes, la vitalité et les blocages.
Mesdames
et Messieurs,
Dans
certaines contées du monde, l’idée communément admise et les réflexions
que l’on entend souvent sur la femme africaine de surcroît sur la femme
musulmane est que la femme est esclave et asservie par l’homme, elle n’est
utile qu’à s’occuper des enfants et de la tenue de la maison, qu ‘elle
n’a pas le droit de travailler ni le droit d’étudier. Elle est réduite à
rien et est exclue de toute vie sociale.
Face
à cela, Dieu Dit :
Lorsqu’au
Moyen Age des doctes théologiens s’interrogeaient pour savoir si la femme
avait une âme, ou si elle pouvait espérer avoir accès au paradis, le Coran
affirmait au VII siècle, l’origine commune du couple et son identité
spirituelle.
La femme est ainsi
responsable de ses actes et seule elle aura à rendre compte devant Dieu.
La
femme est maîtresse de ses actes en tant que mère, épouse, sœur et
citoyenne. La femme musulmane est soumise uniquement à Dieu et n’obéit qu’à
Dieu. Ce n’est qu’à travers lui qu’elle assume ses rôles et ses
responsabilités. Et c’est cette totale soumission à Dieu qui lui donne cette
liberté dont elle peut jouir dans les limites de la Loi Divine.
Et
c’est cette justification qui rend cette femme musulmane, ainsi que toute
notre société musulmane sûre d’elle même, de son chemin et de sa route.
A
travers cette réflexion, je vous invite à mieux appréhender le thème qui
nous réuni aujourd’hui et à ouvrir nos esprits et nos cœurs afin que nous
considérions la cause des femmes djiboutiennes comme une priorité dans la
lutte pour le droit de la personne, pour que nous mobilisions l’opinion
publique nationale sur ce sujet, que nous soutenions le plan d’action qui nous
est présenté pour confirmer les droits de la femme djiboutienne dans leurs
globalités : le droit à l’éducation, à la santé, au travail, au logement,
à une citoyenneté complète, à participer à la prise de décision politique,
économique et sociale.
Mesdames
et Messieurs,
En
nous engageons fermement à promouvoir les droits des femmes djiboutiennes,
il s’agit pour nous l’occasion de réaffirmer notre pacte indéfectible
d’une Nation libre, de réitérer notre engagement de fidélité et notre
attachement à notre sainte religion.
C’est
également pour moi, l’opportunité pour renouveler pour nos concitoyennes les
marques de respect et de sollicitude qui nous ont toujours liées et de rappeler
les valeurs et les idéaux qui nous incitent tous ensemble à oeuvrer
constamment pour que la femme djiboutienne demeure le symbole de l’unité de
notre nation, son recours dans les crises et l’adversité, l’espoir qui
emplit les cœurs pour entreprendre de grandes oeuvres et atteindre de nobles
objectifs.
La
femme djiboutienne est une présence qui nous incite à nous remémorer notre
histoire récente et lointaine, frappée du sceau de la communion entre les générations
et de la succession de leur victoire.
Ainsi,
mes chers compatriotes, au-delà du thème qui nous réunit par cette journée,
nous célébrons le sentiment que nous avons acquis plus de force et
d’assurance dans notre marche, franchi les étapes sur la voie du développement.
En
menant à bien le plan d’action de la stratégie nationale pour l’intégration
de la femme djiboutienne dans le développement de notre nation, nous nous débarrasserons
des séquelles qui nous handicapaient et des habits devenus étriqués pour revêtir
de nouveaux plus conformes à nos aspirations afin d’évoluer au rythme de
progrès de l’humanité qui est le trait marquant de notre époque.
Je
vous remercie.